Le président russe, Vladimir Poutine, a sommé Gazprom, l'entreprise gazière qui détient le monopole en Russie, d’établir des liens étroits avec des consommateurs à croissance rapide de l'Asie et du Pacifique, tels que la Chine et le Japon, afin de compenser la faible demande européenne.
Lundi, le directeur général de Gazprom, Alexei Miller, a indiqué à M. Poutine que l'entreprise investirait 770 milliards de roubles (18,9 milliards d'euros) dans la construction d'un gazoduc de 3,200 km reliant le gisement de Tchaïanda, en Sibérie orientale, et Vladivostok.
Il a affirmé que 430 milliards de roubles (10,6 milliards d'euros) seraient investis dans l’exploitation de ce gisement.
« Nous pouvons créer un centre d'exportation orienté sur l'Asie-Pacifique », a indiqué M. Poutine, en ajoutant que la Sibérie orientale disposait de ressources gazières importantes.
Gazprom, en partenariat avec des entreprises japonaises, prévoit de construire une usine de GNL (gaz naturel liquéfié) à Vladivostok. Elle pourrait être mise en service d'ici 2020 et produirait entre 10 et 20 millions de tonnes métriques.
M. Miller a affirmé que le gazoduc devrait relier le gisement, dont les ressources sont estimées à 1,3 mille milliards de mètres cubes de gaz, à Vladivostok en 2017.
« Dans les plus brefs délais, nous obtiendrons des capacités d'exportation de gaz comparables à nos livraisons vers l’Europe », a-t-il ajouté.
Les exportations de Gazprom vers l'Europe couvrent un quart de la demande en gaz. Elles devraient chuter cette année par rapport aux 150 milliards de mètres cubes que Gazprom a acheminés en 2011.
La Russie, le deuxième producteur mondial de gaz après les États-Unis, ne dispose que d'une seule usine de GNL : le projet Sakhaline 2, soutenu par Gazprom, qui produit 10 millions de tonnes de gaz liquéfié par an.
L'autre projet d'usine de GNL de Gazprom, qui devait exploiter le gisement de gaz de Shtokman, en mer de Barents, a été reporté en raison d'un dépassement de coût.
Gazprom exploitera également d'autres gisements de la Sibérie orientale, tels que celui de Kovykta afin d'alimenter la route orientale.





