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Le projet du gazoduc de Vladivostok devrait réduire la dépendance de Gazprom vis-à-vis de l’Europe

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Publié 31 octobre 2012

Le géant russe Gazprom s’est engagé à investir plus de 29 milliards d’euros en vue d’exploiter un gisement de gaz dans l’est de la Sibérie et de construire un gazoduc vers le port de Vladivostok sur la côte pacifique. L’objectif est de réduire sa dépendance aux exportations vers l’Europe et de développer le commerce avec les marchés asiatiques, à la suite d’une chute de la demande européenne.

Le président russe, Vladimir Poutine, a sommé Gazprom, l'entreprise gazière qui détient le monopole en Russie, d’établir des liens étroits avec des consommateurs à croissance rapide de l'Asie et du Pacifique, tels que la Chine et le Japon, afin de compenser la faible demande européenne.

Lundi, le directeur général de Gazprom, Alexei Miller, a indiqué à M. Poutine que l'entreprise investirait 770 milliards de roubles (18,9 milliards d'euros) dans la construction d'un gazoduc de 3,200 km reliant le gisement de Tchaïanda, en Sibérie orientale, et Vladivostok.

Il a affirmé que 430 milliards de roubles (10,6 milliards d'euros) seraient investis dans l’exploitation de ce gisement.

« Nous pouvons créer un centre d'exportation orienté sur l'Asie-Pacifique », a indiqué M. Poutine, en ajoutant que la Sibérie orientale disposait de ressources gazières importantes.

Gazprom, en partenariat avec des entreprises japonaises, prévoit de construire une usine de GNL (gaz naturel liquéfié) à Vladivostok. Elle pourrait être mise en service d'ici 2020 et produirait entre 10 et 20 millions de tonnes métriques.

M. Miller a affirmé que le gazoduc devrait relier le gisement, dont les ressources sont estimées à 1,3 mille milliards de mètres cubes de gaz, à Vladivostok en 2017.

« Dans les plus brefs délais, nous obtiendrons des capacités d'exportation de gaz comparables à nos livraisons vers l’Europe », a-t-il ajouté.

Les exportations de Gazprom vers l'Europe couvrent un quart de la demande en gaz. Elles devraient chuter cette année par rapport aux 150 milliards de mètres cubes que Gazprom a acheminés en 2011.

La Russie, le deuxième producteur mondial de gaz après les États-Unis, ne dispose que d'une seule usine de GNL : le projet Sakhaline 2, soutenu par Gazprom, qui produit 10 millions de tonnes de gaz liquéfié par an.

L'autre projet d'usine de GNL de Gazprom, qui devait exploiter le gisement de gaz de Shtokman, en mer de Barents, a été reporté en raison d'un dépassement de coût.

Gazprom exploitera également d'autres gisements de la Sibérie orientale, tels que celui de Kovykta afin d'alimenter la route orientale.

EurActiv.com avec Reuters - Article traduit de l'anglais
Contexte : 

Gazprom vend son gaz à des prix très différents en fonction des pays. Conformément à la politique gouvernementale russe, le gaz en Russie est vendu à des prix préférentiels et donc pratiquement à perte. Les recettes de l'entreprise proviennent principalement des consommateurs européens : ils représentent environ 60 % des revenus de Gazprom.

Dans la plupart des cas, la Russie établit le prix de son gaz en fonction de ses préférences politiques. Le Bélarus, un pays proche de Moscou, paie 100 dollars (76 euros) pour 1 000 mètres cubes, tandis que l'Ukraine, une autre ancienne république soviétique, paie 416 dollars (314 euros) pour 1 000 mètres cubes. Les Ukrainiens tentent toutefois de négocier un prix plus juste à 250 dollars (189 euros).

Gazprom livre du gaz dans 25 pays de l'UE. L'Espagne et le Portugal sont les deux seuls États membres de l'Union à ne pas être clients. La grande majorité des contrats conclus avec l'Europe sont d'une durée de 20-25 ans.

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