« Un défaut éventuel du réacteur dû à un agrandissement soudain des fissures en cas de contraintes thermiques locales ne peut pas être exclu et aurait des conséquences catastrophiques, en particulier dans les environs densément peuplés et les zones à forte activité économique », peut-on lire dans ce rapport.
Le réacteur de Doel 3 se situe près de la ville flamande d'Anvers alors que Tihange est à quelques kilomètres de la ville wallonne de Liège.
Si les éléments fondus du cœur du réacteur atteignent le fond de la cuve entraînant des explosions de vapeur, cela « provoquerait tôt ou tard une défaillance de confinement avec pour conséquence des rejets radioactifs dans l'environnement à grande échelle », conclut cette étude.
Ilse Tweer a rédigé le document « Flawed reactor pressure vessels in Belgian nuclear plants Doel-3 and Tihange-2 ». Elle est consultante et a précédemment contribué à la rédaction de rapports de l’Austrian Nuclear Safety Advisory Board.
L'Agence fédérale belge de contrôle nucléaire (AFCN) devrait délivrer un bilan de santé correct des deux centrales dans un rapport au gouvernement belge le 15 janvier, selon Le Soir. Aucune décision officielle n'a été prise pour l'avenir.
Les centrales des années 1970, détenues par l'entreprise énergétique belge Electrabel, ont été fermées en août après que l’AFCN a indiqué que les problèmes dans la construction de Doel 3 avait provoqué un « malaise » en raison d'un grand nombre de défauts non dangereux.
Les autorités ont insisté sur le fait que la centrale ne constituait aucune menace pour la sécurité publique.
Tests de résistance
Ce nouveau rapport révèle toutefois des indications de fragilisation due à la radiation des cuves sous pression des réacteurs d'acier de la centrale. Les examens qui ont mis au jour ce problème n’ont pas été utilisés dans les « tests de résistance » imposés par le commissaire en charge de l'énergie, Günther Oettinger, à la suite de la catastrophe de Fukushima.
« Si vous rencontrez ce type de problème en Belgique, ces mêmes défauts devraient être examinés dans tous les autres réacteurs [en Europe] », a déclaré le député belge écologiste Kristof Calvo lors d'une conférence de presse au Parlement européen hier (10 janvier).
En octobre 2012, une communication de la Commission européenne sur les résultats des tests de résistance a fait part de la nécessité d'investir plus de 25 milliards d'euros en vue d'améliorer la sécurité des 143 réacteurs nucléaires européens.
Le Commissaire Oettinger a donné suite à cette déclaration en promettant de présenter une révision de la directive européenne relative à la sécurité nucléaire en vue d'augmenter les normes techniques nucléaires de l'UE « au plus haut niveau possible de manière uniforme ». La direction générale de l'énergie de la Commission européenne affirme que cette révision sera publiée dans le courant de l'année.
Dans un référendum organisé en automne 2012, la Lituanie a défié les conseils du commissaire Oettinger qui invitaient le pays à suivre l'exemple de l'Allemagne, de l'Italie et de la Suisse en refusant l'énergie nucléaire dans leur bouquet énergétique. Le 27 janvier, un référendum similaire se déroulera en Bulgarie.
Dans le même temps, des opposants au nucléaire envisagent d'organiser une manifestation à Maastricht, non loin de la centrale de Tihange samedi (12 janvier).





