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Le redémarrage de deux centrales nucléaires belges pourrait être « dangereux »

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Publié 11 janvier 2013, mis à jour 14 janvier 2013

Le redémarrage de deux centrales nucléaires, fermées depuis la découverte de microfissures dans leurs cuves de réacteur, serait dangereux et pourrait avoir des « conséquences catastrophiques », selon une nouvelle étude mandatée par le Groupe des Verts du Parlement européen.

« Un défaut éventuel du réacteur dû à un agrandissement soudain des fissures en cas de contraintes thermiques locales ne peut pas être exclu et aurait des conséquences catastrophiques, en particulier dans les environs densément peuplés et les zones à forte activité économique », peut-on lire dans ce rapport.

Le réacteur de Doel 3 se situe près de la ville flamande d'Anvers alors que Tihange est à quelques kilomètres de la ville wallonne de Liège.

Si les éléments fondus du cœur du réacteur atteignent le fond de la cuve entraînant des explosions de vapeur, cela « provoquerait tôt ou tard une défaillance de confinement avec pour conséquence des rejets radioactifs dans l'environnement à grande échelle », conclut cette étude.

Ilse Tweer a rédigé le document « Flawed reactor pressure vessels in Belgian nuclear plants Doel-3 and Tihange-2 ». Elle est consultante et a précédemment contribué à la rédaction de rapports de l’Austrian Nuclear Safety Advisory Board.

L'Agence fédérale belge de contrôle nucléaire (AFCN) devrait délivrer un bilan de santé correct des deux centrales dans un rapport au gouvernement belge le 15 janvier, selon Le Soir. Aucune décision officielle n'a été prise pour l'avenir.

Les centrales des années 1970, détenues par l'entreprise énergétique belge Electrabel, ont été fermées en août après que l’AFCN a indiqué que les problèmes dans la construction de Doel 3 avait provoqué un « malaise » en raison d'un grand nombre de défauts non dangereux.

Les autorités ont insisté sur le fait que la centrale ne constituait aucune menace pour la sécurité publique.

Tests de résistance

Ce nouveau rapport révèle toutefois des indications de fragilisation due à la radiation des cuves sous pression des réacteurs d'acier de la centrale. Les examens qui ont mis au jour ce problème n’ont pas été utilisés dans les « tests de résistance » imposés par le commissaire en charge de l'énergie, Günther Oettinger, à la suite de la catastrophe de Fukushima.

« Si vous rencontrez ce type de problème en Belgique, ces mêmes défauts devraient être examinés dans tous les autres réacteurs [en Europe] », a déclaré le député belge écologiste Kristof Calvo lors d'une conférence de presse au Parlement européen hier (10 janvier).

En octobre 2012, une communication de la Commission européenne sur les résultats des tests de résistance  a fait part de la nécessité d'investir plus de 25 milliards d'euros en vue d'améliorer la sécurité des 143 réacteurs nucléaires européens.

Le Commissaire Oettinger a donné suite à cette déclaration en promettant de présenter une révision de la directive européenne relative à la sécurité nucléaire en vue d'augmenter les normes techniques nucléaires de l'UE « au plus haut niveau possible de manière uniforme ». La direction générale de l'énergie de la Commission européenne affirme que cette révision sera publiée dans le courant de l'année.

Dans un référendum organisé en automne 2012, la Lituanie a défié les conseils du commissaire Oettinger qui invitaient le pays à suivre l'exemple de l'Allemagne, de l'Italie et de la Suisse en refusant l'énergie nucléaire dans leur bouquet énergétique. Le 27 janvier, un référendum similaire se déroulera en Bulgarie.

Dans le même temps, des opposants au nucléaire envisagent d'organiser une manifestation à Maastricht, non loin de la centrale de Tihange samedi (12 janvier). 

Prochaines étapes : 
  • 2013 : la Commission européenne proposera une révision complète de la directive relative à la sécurité nucléaire

Arthur Neslen - traduit de l'anglais par Aubry Touriel
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Doel-3 nuclear power plant
Contexte : 

À la suite du tremblement de terre, du tsunami et de la catastrophe nucléaire de Fukushima qui ont frappé le Japon le 11 mars 2011, les dirigeants européens ont décidé le 25 mars 2012 d'établir des critères plus stricts en matière de sécurité nucléaire, et de soumettre toutes les centrales à des « tests de résistance ».

Ces tests de résistance détermineront la capacité des centrales nucléaires à résister aux effets de catastrophes naturelles telles que les tremblements de terre et les inondations dans un premier temps, puis aux évènements causés par l'homme tels que les crashs aériens ou les attaques terroristes.

Ces tests de résistance concernent 143 centrales nucléaires opérant en Europe , 6 centrales en construction et 15 projets de construction. La Suisse et l'Ukraine ont également participé à ces tests.

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