« Tous, nous souhaitons nous doter d'une réglementation de très haut niveau sur la sûreté nucléaire qui s'applique à tous les pays qui souhaitent le nucléaire civil, qui puissent être contrôlés internationalement et qui fassent que les niveaux de sûreté soient les plus hauts jamais connus », a déclaré M. Sarkozy à la presse lors du sommet qui a eu lieu à Deauville en France.
Le président français a déclaré qu'il n'y avait pas d'alternative au nucléaire et a insisté sur le fait que c'était la sécurité, et non les coûts, qui devait orienter les projets.
« En matière de nucléaire, la première définition doit être celle de la sûreté », a-t-il déclaré. La France produit la majeure partie de son électricité à partir du nucléaire.
Le président n'a pas dit de quelle manière la réglementation pourrait être améliorée, mais d'autres personnes présentes, notamment le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont demandé une révision de la convention sur la sécurité nucléaire de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Un collaborateur de haut rang du premier ministre Naoto Kan a affirmé que le Japon, toujours confronté aux retombées du plus grand incident nucléaire depuis Tchernobyl il y a un quart de siècle, souhaitait aussi une révision des normes de l'AIEA ainsi qu'une coopération renforcée entre les organismes nationaux qui veillent à la sécurité.
Le Japon et l'AIEA veulent organiser une conférence internationale sur la sécurité du nucléaire l'année prochaine afin de tirer les leçons de l'incident, a affirmé le secrétaire en chef du cabinet de M. Kan.
Des règles de sécurité obligatoires ?
La chancelière allemande, Angela Merkel, qui a fait marche arrière sur le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires allemandes suite à la catastrophe au Japon, a déclaré qu'elle était assez satisfaite de la formulation sur la sécurité nucléaire que les dirigeants du G8 utiliseront dans leur communiqué final.
« Nous avons besoin d'une meilleure coopération entre toutes les organisations de sécurité nucléaire dans le monde », a-t-elle dit aux journalistes. « C'est un progrès remarquable par rapport à la situation actuelle ».
La Russie, également membre du G8, qui dispose d'une importante industrie nucléaire nationale, souhaite rendre les normes de sécurité de l'AIEA obligatoires et mettre en place des restrictions quant à la construction de réacteurs dans les zones sismiques.
Nikolaï Spassky, vice-président de l'organisme nucléaire étatique Rosatom, a expliqué que les pays qui utilisent le nucléaire devraient être forcés par le droit international de respecter les normes de sécurité nucléaire de l'AIEA.
« Ce n'est vraiment pas le cas aujourd'hui », a-t-il dit aux journalistes. « La responsabilité d'un Etat s'agissant de prendre les mesures nécessaires à temps pour répondre à des catastrophes devrait également être engagée ».
Toutefois, des diplomates de l'AIEA ont déclaré que les Etats membres restaient divisés sur la question des règles de sécurité internationales obligatoires et de l'éventuelle compétence de l'AIEA quant au contrôle de leur application.
Actuellement, l'AIEA élabore des recommandations sur la sécurité, mais les autorités nationales restent principalement responsables des questions de sécurité.
Les organismes européens de surveillance nucléaire se sont mis d'accord mercredi pour vérifier la résilience des 143 réacteurs européens face aux séismes et à d'autres catastrophes naturelles, grâce à ce qu'ils ont appelé des tests de résistance (voir « Contexte »).
Néanmoins, M. Barroso a précisé que ces tests ne devraient pas s'arrêter aux frontières de l'Europe : « Quand on parle du nucléaire, on parle du monde entier. Nous voulons que les tests de résistance soient effectués au-delà de l'Europe ».
Lier le Printemps arabe et les réformes
Lors de la seconde journée du sommet, les dirigeants devraient approuver une aide qui se compte en milliards de dollars à l'intention des nouvelles démocraties arabes grâce à un programme voué à encourager le changement en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
Les dirigeants souhaitent conclure le sommet par le lancement d'un partenariat avec la région qui associerait les fonds d'aide et de développement pour progresser sur les réformes démocratiques et économiques mises en place par les Etats qui ont renversé leurs dirigeants autocratiques.
La Banque mondiale a dévoilé mardi un nouveau financement de 6 milliards de dollars pour la Tunisie et l'Egypte dont les révolutions ont inspiré des soulèvements populaires au Yémen, en Jordanie, au Maroc, en Syrie et en Libye, où Mouammar Kadhafi se bat encore pour rester au pouvoir.
Certaines sources diplomatiques ont affirmé que le sommet soutiendrait également le prolongement du mandat de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Cette banque, créée après la guerre froide pour aider les anciens Etats communistes à passer à l'économie de marché, prête environ 9 milliards d'euros par an pour financer des projets, aussi bien en Europe centrale qu'en Chine.
Juste avant le sommet du G8, la Commission européenne a dévoilé un document de 20 pages, intitulé « Une stratégie nouvelle à l'égard d'un voisinage en mutation », qui associe la distribution de fonds aux réformes et attribue un plus grand rôle à la BEI et à la BERD [plus].
EurActiv avec Reuters
Article traduit de l'anglais par EurActiv





