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Les Bulgares en faveur d’une nouvelle centrale nucléaire

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Publié 28 janvier 2013, mis à jour 29 janvier 2013

Les Bulgares ont voté hier (27 janvier) en faveur de la construction d’une nouvelle centrale nucléaire lors de leur premier référendum depuis la fin de l’époque communiste. En raison du faible taux de participation, les résultats du référendum ne sont toutefois pas contraignants et cette question est renvoyée au parlement.

Un peu plus de 60 % des Bulgares ont voté en faveur d'une centrale de 2 000 mégawatts à Béléné, sur le Danube, selon des sondages à la sortie des urnes. Le taux de participation s'élevait à un peu plus de 20 %. Un taux de participation de plus de 60 % d'électeurs inscrits était nécessaire afin de rendre référendum contraignant.

Le référendum a été lancé par le Parti socialiste de l'opposition (BSP) qui a rassemblé 800 000 signatures l'année dernière en faveur de la tenue d'un référendum sur la construction d'une nouvelle centrale nucléaire à Béléné.

En vertu de la constitution, 500 000 signatures valides sont nécessaires pour tenir un référendum. Le plébiscite sur Béléné est le premier référendum à l'échelle nationale dans l'histoire moderne du pays.

La décision des socialistes d'organiser un référendum constituait une réponse à l’abandon de la construction sur le site de Béléné en mars 2012. Le premier ministre Boyko Borissov a déclaré que la centrale de Béléné coûterait plus de 10 milliards d'euros, un montant trop élevé pour le pays en difficulté. Certains ont interprété la décision de M. Borissov comme une tentative de réduire la dépendance énergétique du pays vis-à-vis de la Russie.

La Russie devrait construire la centrale nucléaire et fournir les réacteurs.

Selon des sondages d'opinion, les socialistes représentent la base de pouvoir la plus importante parmi les partisans de l'énergie nucléaire en Bulgarie, estimée à 60 % de la population.

La première centrale nucléaire de la Bulgarie, située à Kozloduy (voir « Contexte »), est opérationnelle depuis 1974. Elle est réputée pour fournir de l'énergie bon marché et une monnaie forte grâce aux exportations.

Vote dans le froid

Le parti du premier ministre au pouvoir, GERB, n'est pas parvenu à empêcher le référendum, mais a fait en sorte qu’il se déroule en janvier, le mois le plus froid en Bulgarie. Il a également retiré le nom « Béléné » de la question, qui était la suivante : « Devrions‑nous développer l'énergie nucléaire en Bulgarie en construisant une nouvelle centrale ? »

Dans de telles conditions, beaucoup considèrent le référendum comme un test du soutien public pour les politiques de M. Borissov en marge des élections parlementaires en juillet.

Le dirigeant socialiste Sergueï Stanichev, qui est également président du Parti socialiste européen, a qualifié le référendum de « succès ». Il a déclaré qu'il avait constitué une « impulsion puissante afin de changer le statu quo politique » du pays.

Le ministre de l'intérieur Tsvetan Tsvetanov a rejeté l'idée selon laquelle le référendum devrait être considéré comme un vote pour ou contre M. Borissov. Il a accusé les socialistes d'organiser une enquête coûteuse sur le parti, estimée à 20 millions de leva (10 millions d'euros).

M. Borissov a déclaré que si le taux de participation dépassait 20 %, ce qui est suffisant pour que le projet de Béléné soit envoyé au parlement, le GERB rejetterait de nouveau le projet. Son parti contrôle une majorité capable de rejeter toute motion de l'opposition.

Le Parti des citoyens pour la Bulgarie s'est vivement opposé au référendum et a demandé à ses partisans de ne pas voter. Ce parti, créé par Meglena Kouneva, ancienne commissaire européenne en charge de la protection des consommateurs, pourrait entrer dans le prochain parlement, selon des sondages. Des sondages d'opinion révèlent toutefois que la plupart des partisans de Mme Kouneva ont soutenu le projet de Béléné.

Les socialistes et le GERB sont au coude à coude en amont des élections de juillet et comptabilisent chacun environ 20 % du soutien public, toujours selon des sondages d'opinion.

Réactions : 

Aucun parti vert n'est jamais entré au Parlement bulgare dans l'histoire des temps modernes.

Marina Dragomiretzkaya, la présidente du Parti vert, a déclaré :

« Ce référendum représentait un bon exercice de démocratie directe en Bulgarie, car il s'agissait du premier référendum depuis 1971. Le Parti vert aurait aimé voir plus de votes contre et regrette que d'autres partis politiques ait appelé à boycotter le référendum. Nous espérons pouvoir collaborer avec tous ceux qui sont contre la centrale nucléaire de Béléné afin de lutter en faveur d’un avenir plus propre et plus sain. »

Georg Tuparev, le président des Verts, a déclaré :

« Nous sommes heureux que le [nombre] de votes contre soit passé de 0 à 25 % hier, mais déçus qu'un peu moins de 20 % se soient rendus aux urnes. Le référendum a permis de susciter l'intérêt pour le nucléaire, ce que nous préconisons depuis longtemps. Nous pouvons seulement espérer que le parlement votera contre. »

EurActiv.com - Article traduit de l'anglais
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Stanishev: 'The referendum was a success' Photo Dnevnik
Contexte : 

La Bulgarie dépend fortement de l'énergie nucléaire depuis les années 1970, lorsque la centrale nucléaire Kozloduy, construite par l'Union soviétique, est devenue opérationnelle. Toutefois, sous la pression de l'UE lors des négociations d'adhésion, le pays a accepté de fermer quatre des six réacteurs de la centrale.

Avant la fermeture de ces unités, la centrale Kozloduy produisait 44 % de l'électricité du pays et 20 % de cette énergie était exportée.

Cette situation procurait à la Bulgarie une position stratégique dans la région, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

Le projet de Béléné est devenu une priorité du précédent gouvernement du premier ministre socialiste Sergueï Stanishev. Après des années de difficultés, M. Stanishev a finalement lancé la construction de la centrale de 2 000 mégawatts de Béléné en septembre 2008.

L'actuel premier ministre bulgare, Boïko Borissov, a toutefois affirmé qu'il interromprait tous les grands projets énergétiques impliquant une participation des Russes négociée par les précédents gouvernements tant qu'il n'aurait pas reçu le feu vert de ses pays partenaires de l'Occident. Il a toutefois récemment ouvert la porte au gazoduc South Steam soutenu par Gazprom, à la surprise des ses partenaires occidentaux [plus d'infos].

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