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Les négociations sur le marché européen de l’énergie avancent doucement [FR]

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Publié 19 février 2009

Hier (18 février), les négociations jusqu’alors bloquées entre les institutions européennes sur le troisième paquet libéralisation du marché de l’énergie ont connu une avancée : la République tchèque a proposé des amendements sur la position du Conseil par rapport à la séparation de la propriété. 

Les eurodéputés impliqués dans les différentes propositions soumises à la discussion ont déclaré aujourd’hui (19 février) aux journalistes que l’ambiance était constructive contrastant fortement avec les précédentes réunions. 

Selon l’eurodéputée socialiste Eluned Morgan (Royaume-Uni), rapporteur du Parlement sur le dossier du marché intérieur de l’électricité, le Conseil a dû comprendre que les eurodéputés n’étaient pas satisfaits. La présidence tchèque a donc décidé d’avancer un peu sur la question de la propriété et a proposé quelques changements à la position commune.

Mme Morgan a déclaré que les eurodéputés sont inquiets par rapport au fait que les amendements représentent la position du gouvernement tchèque plutôt que les opinions du Conseil dans son ensemble. Ils espèrent que le Conseil soutiendra les efforts de la présidence, a-t-elle déclaré. 

L’eurodéputée a salué les Tchèques pour leur prise de position courageuse, indiquant qu’elle a permis aux eurodéputés de poursuivre les négociations. Selon Mme Morgan, la délégation du Parlement aurait été prête à quitter la table des négociations si rien n’avait évolué (EurActiv 12/02/09).

Néanmoins, des sources de la présidence tchèque ont déclaré que les modifications proposées sont mineures. Ils ont expliqué qu’aucun changement substantiel aux positions des co-législateurs n’est à prévoir, dans la mesure où elles seraient rejetées par les Etats membres. 

La séparation des actifs de production énergétique et des actifs de transports (la « séparation de la propriété ») demeure l’obstacle principal. En effet, le Parlement insiste sur la séparation complète pour l’électricité et sur une troisième option pour le gaz qui impliquerait un gestionnaire de réseaux fortement indépendant. Le Conseil, quant à lui, sous la pression de la France, maintient que la troisième option devrait s’appliquer tant au gaz qu’à l’électricité. 

Le Conseil a progressé sur la question des périodes de transition pour les cadres des entreprises énergétiques, a indiqué Mme Morgan. A l’origine, le Conseil avait proposé qu’une pause de six mois soit accordée aux directeurs lorsqu’ils passent d’une entreprise verticalement intégrée à une autre, et d’environ trois ans pour les plus hauts responsables. 

Les eurodéputés sont également satisfaits des progrès réalisés sur les futurs devoirs et compétences des autorités nationales de régulation, a déclaré Mme Morgan.  L’eurodéputé socialiste bulgare Atanas Paparizov, rapporteur du Parlement sur les conditions d’accès au réseau de transmission du gaz naturel, s’est montré optimiste quant à la possible évolution de la position du Conseil sur un plan d’investissement sur dix ans. Le Parlement veut rendre le plan obligatoire, alors que le Conseil et la Commission penchent plus en faveur d’un plan volontaire. 

A la suite des négociations tenues lors de la dernière réunion et hier, il a été confirmé que le plan devrait être une sorte de point de référence et que les régulateurs nationaux qui analysent les plans de chaque entreprise pourraient leur faire des recommandations si elles n’appliquent pas le plan d’investissement sur dix ans tel qu’adopté, a déclaré M. Paparizov. 

Le temps presse pour les co-législateurs européens s’ils souhaitent conclure l’accord avant la fin de la session parlementaire actuelle. Les eurodéputés, tout comme la Présidence tchèque, ont toutefois déclaré qu’ils sont persuadés que la tâche sera remplie.   

Réactions : 

Eluned Morgan, eurodéputée socialiste britannique, rapporteur du Parlement sur le marché intérieur de l’électricité, a appelé les gouvernements à suivre l’exemple de la République tchèque. Grâce à la position courageuse adoptée par les Tchèques, nous espérons que le reste des Etats membres comprendront que s’ils souhaitent un accord sur ce dossier, il faut qu’ils se rapprochent de la position commune du Conseil approuvée en juin dernier, a-t-elle indiqué.  

L’eurodéputé Giles Chichester (PPE-DE, Royaume-Uni), rapporteur du Parlement sur la création d’une agence de coopération entre les régulateurs énergétiques, a souligné l’importance de la coordination des autorités nationales de régulation au niveau européen pour garantir une régulation constante du marché européen. Des signes indiquent une flexibilité encourageante de la part du Conseil, a-t-il affirmé. Selon lui, le Conseil a pris en considération environ neuf domaines qui préoccupaient le Parlement. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il y a environ quinze points qui n’ont pas été inclus, a-t-il relevé. 

Atanas Paparizov, eurodéputé socialiste bulgare, rapporteur du Parlement sur les conditions d’accès au réseau de transmission du gaz naturel, a qualifié le changement d’attitude du Conseil à l’égard du plan d’investissement sur 10 ans de compromis positif, qui garantit une atmosphère de prévisibilité pour les investissements et un rôle renforcé des régulateurs nationaux, sans nécessairement rendre le plan juridiquement contraignant.

Prochaines étapes : 
  • 31 mars : vote à la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie du Parlement.
  • Avril : vote en session plénière.
Contexte : 

Le 19 septembre 2007, la Commission a dévoilé son troisième paquet de propositions visant à libéraliser davantage le marché énergétique de l’UE (voir le Linksdossier d'EurActiv).

Les propositions ont suscité une vive controverse sur la question de la « séparation de la propriété », autrement dit la séparation des entreprises énergétiques verticalement intégrées, comme EDF et E.ON, qui contrôlent à la fois les actifs de production et ceux de distribution.

La France, l'Allemagne et six autres Etats membres ont mené la résistance aux projets de séparation. En février 2008, ils ont soumis conjointement une proposition alternative qui, selon eux, garantirait un résultat similaire sans obliger les entreprises énergétiques à diviser leurs activités de production et de transport de l’énergie (EurActiv 01/02/08).

Les ministres de l’Energie ont finalement conclu un compromis sur la position du Conseil du 10 novembre 2008. Cet accord interdit toutefois aux producteurs d’énergie de racheter systématiquement les réseaux de transmission des entreprises énergétiques européennes qui ont opté pour la dissociation (EurActiv 13/10/08). 

La position du Conseil est encore éloignée de celle du Parlement, qui insiste pour mettre en place une complète dissociation. De plus, les négociations tripartites qui ont débuté entre les institutions en janvier 2009 n’ont connu jusqu’à présent que des progrès limités.

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