La Commission européenne s'est fixé l'objectif d'une électricité sans émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de sa feuille de route pour une économie à faible émission de carbone d'ici 2050, publiée cette année. Ce calendrier devrait permettre à l'Union d'atteindre la réduction de 80 à 95 % d'émission de carbone nécessaire, selon la communauté scientifique, pour limiter les effets dévastateurs du réchauffement climatique.
« L'Union européenne doit établir un cadre politique crédible et approprié pour assurer la mise en œuvre des programmes en cours et ouvrir la voie à la décarbonisation du secteur électrique après 2020 », peut-on lire dans le rapport de l'ECF.
Pour atteindre les objectifs visant une réduction des émissions de CO2 de 20 % et une part d'énergie renouvelable de 20 % dans le bouquet énergétique d'ici 2020, les Etats membres doivent augmenter leurs lignes de transmission de 14 % ou de 42 000 kilomètres, avec un budget de 628 milliards d'euros pour cette décennie.
Au cours des 10 années suivantes, les coûts vont grimper à 1200 milliards d'euros, selon le rapport de l'ECF, intitulé Power Perspectives 2030: On the Road to a Decarbonised Power Sector in Europe.
Si l'on se base sur un scénario « optimiste », qui aboutit à la mise en œuvre complète des programmes de l'UE d'ici 2020 et à l'élaboration de projets conformes aux objectifs de réduction d'émissions pour 2030, le rapport prévoit qu'à cette date, 50 % de la consommation d'électricité proviendront des énergies renouvelables.
Le reste proviendrait alors des combustibles fossiles avec 34 %, de la capture et du stockage du dioxyde de carbone avec 8 %, et de l'énergie nucléaire avec 17 %.
Il est indispensable d'améliorer le réseau afin d'optimiser l'utilisation des énergies renouvelables, qui est généralement concentrée dans la périphérie de l'Europe.
Des obligations pour l'énergie
Ce défi toujours plus difficile pourrait requérir des approches innovantes, surtout en matière de financement. Il pourrait par exemple s'agir de vendre des obligations adossées à des actifs à des investisseurs institutionnels.
« Il existe un consensus croissant au sein de la communauté financière que de nouveaux modèles de financement devront être établis pour soutenir cette transition, en parallèle aux approches actuelles », peut-on lire dans le rapport.
La Commission a confirmé son intention d'émettre des obligations européennes liées à des projets, dans le cadre du plan de financement des infrastructures pour la fin de cette décennie.
Dans la mesure où des investissements considérables seront nécessaires pour les réseaux électriques, les infrastructures gazières pourraient rester opérationnelles jusqu'en 2040 — sous réserve que les investissements prévus pour 2020 aient lieu comme prévu. Les infrastructures gazières pourront donc être utilisées en attendant que les réseaux électriques permettent de tirer pleinement profit des énergies renouvelables.
Au-delà de 2030, selon ce rapport, le gaz ne pourra représenter « un carburant final important » que lorsque des méthodes de réduction d'émissions de carbone viables sur le plan commercial auront été établies.
« Pour conserver l'option de [la capture de carbone] pour les installations au charbon et au gaz, il faut encourager davantage le développement technologique », peut-on lire dans le rapport.
Le rapport de l'ECF a été documenté en collaboration avec des consultants du Collège impérial de Londres, du Royal Dutch Shell et d'un éventail de sociétés et de fabricants de produits technologiques.





