Le consortium qui gère le gisement Shah Deniz II a déjà signé un accord de financement avec le gazoduc transadriatique (TAP) concurrent. Il a indiqué que l'acquisition d'une part serait indispensable au lancement du projet Nabucco.
Le TAP prévoit d'acheminer du gaz azéri vers l'Italie alors que Nabucco transportera les réserves de la mer Caspienne vers l'Europe.
Conformément à l'accord, annoncé le 10 janvier à Sofia et qui sera finalisé à Vienne, le consortium Shah Deniz peut obtenir 50 % des parts s'il choisit le gazoduc Nabucco comme route d'exportation vers l'Europe, ont déclaré des responsables du projet.
« Avec de vrais partenaires [qui forent les gisements], notre direction se rapproche davantage d’un gazoduc réel plutôt que d’un projet sur papier », a déclaré Gerhard Roiss, le directeur général d'OMV (Autriche), un actionnaire de Nabucco.
Le groupe Shah Deniz II, qui développe le plus grand gisement de gaz dans la région de la mer Caspienne, choisira soit le projet Nabucco à échelle réduite, à savoir Nabucco-Ouest, soit le projet TAP afin d'acheminer son gaz vers l'Europe.
L'UE soutient le développement des importations de gaz depuis l'Azerbaïdjan, car elle souhaite réduire sa dépendance vis-à-vis de la Russie, qui fournit actuellement environ un tiers de la demande européenne en gaz.
Nabucco revu à la baisse
Le projet de gazoduc Nabucco devait initialement transporter une capacité annuelle de 32 milliards de mètres cubes par an (mmc/an) de gaz provenant de l'Azerbaïdjan et d'autre pays d'Asie centrale en passant par la Turquie et le sud-est de l'Europe vers l'Autriche.
Les coûts élevés et le manque de fournisseurs de gaz, outre le consortium qui gère le gisement Shah Deniz II, ont toutefois mené à la révision à la baisse du projet.
Le nouveau projet Nabucco-Ouest devrait acheminer 16 mmc de gaz de la frontière turque vers l'Autriche, sans transiter par la Turquie via le gazoduc turco azéri TANAP.
L'Union européenne soutient la fourniture de gaz azéri dans sa région, qui devrait commencer en 2018 indépendamment du gazoduc choisi.
L'accord, annoncé à Sofia, prévoit également des financements communs des coûts de développement du projet Nabucco-Ouest.
Parmi les autres actionnaires de Nabucco figurent MOL (Hongrie) et l'exploitant de gazoduc FGSZ, Botas (Turquie), Transgaz (Roumanie), BEH (Turquie) et RWE (Allemagne). Ils détiennent tous 16,7 % des parts.
La société RWE a indiqué l'année dernière qu'elle vendrait ses parts de Nabucco et M. Roiss a déclaré qu'OMV les rachèterait afin de sauver le projet.
BP détient 25,5 % des parts du consortium qui gère le gisement Shah Deniz, tout comme Statoil (Norvège). Les sociétés énergétiques SOCAR (Azerbaïdjan) et Total (France) sont également actionnaires.
Le groupe a déjà signé un accord de financement avec le concurrent de Nabucco, TAP, développé par Statoil, EGL (Suisse) et E.ON (Allemagne).





