L'Azerbaïdjan est disposé à renforcer sa coopération avec Nabucco-Ouest et le gazoduc transadriatique (TAP) via la Grèce et l'Italie, a déclaré hier (19 août) le représentant de l'entreprise gazière SOCAR.
« L'accord avec le TAP donne aux partenaires plus de sécurité juridique et en matière de planification. Ce n'est pas une décision contre Nabucco-Ouest », a ajouté Elmar Mamedov, le représentant de SOCAR pour l'Allemagne, cité par Reuters. Il a précisé que son entreprise souhaitait conclure le même accord avec le consortium de Nabucco-Ouest (voir « Contexte »).
Nabucco-Ouest, une version réduite du gazoduc Nabucco initial, et le TAP souhaitent tous deux acheminer du gaz à partir du gisement de Shah Deniz II dans la mer Caspienne qui est censé commencer à exporter du gaz à partir de 2017. Les partenaires de Shah Deniz devraient désigner l'an prochain le gazoduc qu'ils choisiront pour ces exportations.
Le projet du TAP a conclu un accord de financement avec des entreprises du consortium Shah Deniz (BP, SOCAR et Total), ce qui accroît ses chances de remporter la partie.
Cette décision fait partie d'une longue procédure visant à choisir un nouveau gazoduc pour l'acheminement du gaz azéri. Ce nouveau gazoduc permettrait en outre de miner la domination de la Russie sur le marché du gaz naturel au sein de l'Union européenne.
Le 14 août, la Hongrie est devenue le premier pays à terminer la procédure d'autorisation pour Nabucco-Ouest.
A l'origine, Nabucco avait été conçu pour acheminer du gaz azéri jusque Baumgarten près de Vienne. Par la suite, des projets visant à transporter une partie de ce gaz à partir de la Grèce vers l'Italie ont vu le jour. Il reste difficile à dire sur le consortium de Shah Deniz choisira un itinéraire ou les deux.
Les actionnaires du TAP sont EGL (Suisse - 42,5 %), Statoil (Norvège - 42,5 %) et E.ON Ruhrgas (Allemagne - 15 %).
Les six actionnaires de Nabucco sont OMV AG (Autriche), RWE AG (Allemagne), MOL (Hongrie) via son opérateur de gazoduc FGSZ, Botas (Turquie), BEH (Bulgarie) et Transgaz (Roumanie).
En juillet dernier, le géant russe du gaz naturel, Gazprom, et l'entreprise pétrolière et gazière italienne Eni ont annoncé qu'ils comptaient commencer la construction du gazoduc South Stream en décembre. South Stream est considéré comme un projet politique visant à mettre hors jeu le projet Nabucco.
South Stream devrait coûter plus de 15 milliards d'euros et exporter quelque 63 milliards de mètres cubes de gaz par an en Europe méridionale dès 2015. Eni a par ailleurs annoncé il y a peu que la décision finale quant à l'investissement qui serait consenti serait prise fin 2012 ou début 2013.





