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30 août 2008
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Le Parlement insiste pour séparer les activités des géants énergétiques [FR][en][de

Publié: jeudi 19 juin 2008   

Les eurodéputés ont rejeté un accord entre la Commission et les Etats membres au titre duquel les grands producteurs d’électricité pourraient conserver la propriété de leurs actifs liés au transport dans le cadre de conditions strictes. Le Parlement demande ainsi à ce que séparation complète de la propriété soit l’unique option pour la libéralisation du marché européen de l’électricité.

Contexte:

Le 19 septembre 2007, la Commission a dévoilé son troisième paquet de propositions visant à libéralisation davantage le marché énergétique de l’UE (EurActiv LinksDossier).

Les propositions ont provoqué une controverse importante sur la question de la « séparation de la propriété », impliquant la séparation des entreprises énergétiques verticalement intégrées comme EDF et E.ON qui contrôlent simultanément les actifs destinés à produire et à distribuer de l’électricité.

La France, l'Allemagne et six autres Etats membres ont mené la résistance aux projets de séparation.

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Autres articles:

Hier 18 juin, les eurodéputés se sont réunis pour voter en première lecture sur la proposition de la Commission concernant le marché européen intérieur de l’électricité. Une grande majorité – 449 votes pour et 204 contre – a soutenu le rapport rédigé par l’eurodéputée socialiste britannique Eluned Morgan. Le rapport Morgan, approuvé par la commission parlementaire Industrie en mai, privilégiait la séparation de la propriété comme la seule option pour libéraliser le secteur européen de l’électricité (EurActiv 07/08/08). 

Dans un communiqué publié après le vote, Mme Morgan a accusé la Commission de céder à une minorité d’Etats membres et a réaffirmé que l’intention du Parlement visant à imposer la séparation complète de la propriété.

Vous avez fait machine arrière, nous pas, a-t-elle déclaré.

Enterrer la séparation ?

Le vote oppose le Parlement au Conseil, qui est parvenu à un accord général sur la « troisième voie » comme solution alternative à la séparation de la propriété, un accord basé sur un compromis commun avec la Commission et la présidence slovène de l’UE (EurActiv 10/06/08). Le vote élimine également la possibilité d’un accord en première lecture sur le dossier, comme l’avaient demandé les chefs d’Etat lors du Conseil européen en mars dernier, une situation qui laisse entrevoir un report indéterminé du dossier sur la libéralisation.

Le gouvernement français, qui fait partie des huit Etats membres opposés à la séparation complète de la propriété, prendra la présidence tournante de l’UE au 1er juillet. Face à un calendrier extrêmement chargé, encore alourdi par le rejet du traité de Lisbonne par l’Irlande, certains diplomates européens craignent que Paris n’accorde pas suffisamment d’attention à la libéralisation (EurActiv 06/06/08).

Mais le Parlement et le Conseil ont tous deux indiqué qu’ils désiraient boucler le dossier avant la fin du mandat du Parlement en mars 2009.

De plus, le Conseil européen a clairement mandaté la présidence française de l’UE pour résoudre la question. Et malgré sa volonté de faire avancer la séparation de la propriété, lors d’une conférence de presse après le vote, Mme Morgan a indiqué qu’elle était prête à négocier sur l’option de la troisième voie.

Cette approche a été soutenue par l’eurodéputé Alejo Vidal-Quadras, un Espagnol chrétien démocrate dont le rapport sur la création d’une nouvelle agence destinée à réguler les marchés énergétiques a été approuvé en session plénière hier.

Les eurodéputés ont néanmoins clairement fait entendre que tout accord potentiel avec le Conseil sur la troisième voie dépendra de deux conditions au minimum : que l’option de la troisième voie soit efficace du point de vue de la concurrence loyale et de l’accès aux marchés et que les gestionnaires de réseau de transport (GRT), qui contrôlent le transport de l’électricité par les réseaux, soient véritablement indépendants des producteurs d’électricité.

Le vote sur le gaz

Les négociations entre les deux parties ont peu de chance d’être entamées au plus tôt après les votes du Parlement en juillet sur une proposition séparée concernant le marché intérieur du gaz de l’UE.

Contrairement au secteur de l’électricité, les eurodéputés de la commission Industrie ont déclaré en mai qu’ils pourraient soutenir les exceptions à la séparation complète de la propriété dans le secteur du gaz (EurActiv 20/05/08). L’approbation en session plénière de ce type de traitement « individuel » pour le gaz stimulerait les partisans de la troisième voie dans le secteur de l’électricité, alors qu’un vote négatif pourrait peser en faveur de la séparation complète.

Néanmoins, l’impact du vote sur le gaz concernant le dossier de l’électricité pourrait au final s’avérer limité. Les critères du Parlement concernant la séparation effective et l’indépendance des GRT n’a pas été clairement définie et fait encore l’objet de négociations détaillées avec les Etats membres au niveau des experts, selon une source de la Commission proche du dossier.

D’après la source, si les deux parties ne parviennent pas à trouver un accord rapidement sur des mesures précises qui seraient dans les intérêts des partisans et des opposants à la séparation complète, la question pourrait passer en procédure de co-décision.

Protéger les consommateurs

Le Parlement demande également l’adoption d’un certain nombre de mesures visant à protéger les consommateurs d’énergie, notamment les secteurs pauvres de la société qui s’efforcent de faire face à la hausse des coûts des combustibles fossiles et de ceux liés à l’électricité.

Les consommateurs devraient pouvoir changer de fournisseurs d’énergie en deux semaines et être capables de rompre leur contrat sans sanction, selon le Parlement. Les autorités nationales devraient être en mesure d’imposer des limites de prix provisoires dans les marchés non concurrentiels pour une période déterminée et limitée.

Positions:

L’eurodéputée britannique socialiste et rapporteur sur le dossier Eluned Morgan estime que le vote est une victoire pour les consommateurs européens, qui pourront désormais reprendre les rênes et faire leurs propres choix.

Pour sa part, l’eurodéputée française conservatrice Dominique Vlasto a attaqué le rapport Morgan, estimant qu’il est « simpliste et dogmatique ». D’après elle, en approuvant le rapport, le Parlement a quitté la réalité des marchés européens de l’électricité.

L’eurodéputé lituanien libéral Sarunas Birutis, shadow rapporteur du groupe ALDE sur le dossier, a déclaré que la séparation garantirait aux PME un meilleur accès aux réseaux et permettrait donc aux consommateurs d’acheter de l’électricité à un prix concurrentiel.

Mais l’eurodéputé finlandais de gauche Esko Seppänen a émis des doutes sur les bénéfices de l’initiative de la libéralisation qui, selon lui, provoquera une hausse des prix due à un mécanisme de fixation des prix dans lequel les prix du marché sont définis par les coûts de productions les plus élevés des producteurs les plus chers.

L’eurodéputée allemande du groupe des verts, Rebecca Harms, a salué l’issue du vote. Selon elle, le Parlement a admis qu’un marché électrique plus équitable et plus transparent n’est réalisable que si la propriété des actifs liés à la production de l’électricité et les réseaux sont séparés.

L’organisation européenne des consommateurs, le BEUC, a également applaudi le vote. D’après Monique Goyens, directrice générale du BEUC, le Parlement européen a aujourd’hui franchi une première étape importante vers un système qui garantira des avantages aux consommateurs en signalant qu’il faut accroître la concurrence. Le BEUC a donc appelé les Etats membres à approuver ces propositions.

L’Association européenne de l’énergie éolienne (EWEA) s’est réjoui du fait que le Parlement ait montré son engagement à un accès équitable aux réseaux électriques, qui est selon lui essentiel si l’UE doit un jour améliorer sa compétitivité dans le marché de l’électricité tout en atteignant son objectif de 20% d’énergie renouvelable d’ici 2020, comme l’a affirmé le directeur exécutif de l’EWEA, Christian Kjaer.

Liens

Lettres à l'éditeur
Biofuels play small role in food prices
<a href="http://www.biodiesel.org" rel="nofollow">Joe Jobe, National Biodiesel Board (USA)</a>
Limits to growth? Hush!
André Sautou, France
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