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Le pipeline russe Nord Stream sur les rails [FR]

Publié 14 mai 2009
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La phase de construction du projet, qui a pour objet d’amener directement le gaz russe en Allemagne via la mer Baltique en contournant l’Ukraine, doit commencer en avril 2010, a appris EurActiv.

Paul Corcoran, le directeur financier du consortium Nord Stream, a déclaré à EurActiv qu’il s’attendait à la délivrance des permis environnementaux nécessaires en décembre 2009.

Le plan de finance du projet devrait être mis en place dès le troisième quadrimestre de cette année, permettant le début de la construction comme prévu au printemps 2010, a-t-il déclaré.

M. Corconan a insisté sur le fait qu’il y a une base solide pour un financement sécurisé.

« L’accord d’actionnariat du Nord Stream avait une position assez claire sur la question de savoir comment financer le projet. Trente pourcent seront financés par des actions – qui ont été reçues préalablement – et le consortium détient 1,5 milliard d’euros de fonds des actionnaires, a-t-il expliqué. Soixante-dix pourcent des coûts d’investissements seront couverts par un financement externe, via un financement de projet.

M. Corcoran a ajouté être confiant dans le fait que l’actionnariat et un contrat ship-or-pay avec Gazprom représentaient une bonne proposition de financement pour les banques commerciales intéressées dans le financement de projet. Des garanties de bonne fin du projet seront prises par les actionnaires, a-t-il ajouté, qui devraient également être attractives pour les banques.

Il a toutefois admis que les prêteurs voudront avoir la preuve de certificats environnementaux solides ainsi que les spécifications techniques finales avant de mettre de l’argent dans le projet. Dès que le trajet de transport, la conception technique et les études d’impact environnemental seront terminés, le consortium se mettra en relation avec le marché du prêt, a-t-il déclaré.

La récession économique actuelle n’est pas considérée comme un problème majeur par le consortium. La crise économique a vraiment des avantages pour nous, a-t-il déclaré. Si l’on considère le fait que la seconde ligne n’a pas été commandée, nous voyons que le prix de l’acier s’est contracté de manière substantielle par rapport aux estimations faites dans notre budget, et nous avons donc maintenant un fonds de réserve significatif, a expliqué M. Corcoran.   

Réactions : 

Des chercheurs estoniens ont contesté l’exactitude d’une enquête environnementale effectuée dans le Golfe de Finlande en vue du déploiement du pipeline de gaz naturel Nord Stream, a signalé la presse.

Ivar Puura, qui siège à la commission de conservation de la nature à l’Académie estonienne des sciences, a déclaré lors d’une discussion publique d’évaluation de l’impact environnemental de Nord Stream que l’examen des sédiments à une profondeur d’environ cinq centimètres ne suffisaient pas, en suggérant qu’une profondeur de 30 centimètres conviendraient davantage, selon le Baltic Course. 

M. Puura a aussi fait remarquer que ni les données russes, ni la pollution à la dioxine de la rivière Kymi en Finlande n’étaient comprises dans le rapport environnemental. L’enquête a laissé toute cette amplification dans l’ombre, a-t-il affirmé. En outre, dans des études antérieures, certains ont noté que des substances dangereuses se trouvent à une profondeur de 10 centimètres et plus bas.

Ramboll Group, qui a mené l’étude, a écarté ces assertions relatives aux sédiments, notant que 85 pourcent du pipeline reposerait directement sur le fond marin. 

Le président ukrainienViktor Yushchenko, a critiqué le projet, lui reprochant d’être politisé.

Le président lituanienValdas Adamkus, a récemment affirmé à son homologue finnoise, Tarja Halonen, que la société lituanienne s’inquiétait des éventuels impacts environnementaux de Nord Stream. Au moment présent, des débats publics se déroulent en Lituanie autour du rapport d’évaluation.

Contexte : 

Le projet Nord Stream est un pipeline de gaz naturel parcourant 1 220 kilomètres entre Vyborg (Russie) et Greifswald (Allemagne), sous la mer Baltique. Nord Stream est conçu pour transporter jusqu’à 55 milliards de mètres cubes de gaz par an, suffisamment pour approvisionner plus de 25 millions de ménages. Nord Stream est un projet conjoint de quatre sociétés de premier plan : Gazprom, BASF/Wintershall Holding AG, E.ON Ruhrgas AG et N.V. Nederlandse Gasunie. Gazprom mène le consortium avec 51 % des parts.

La nature paneuropéenne du pipeline est soulignée par son statut de projet qui s’inscrit dans les lignes directrices des Réseaux Transeuropéens de l’énergie. Ce statut a été confirmé en 2006. Le budget total de Nord Stream s’élève à 7,4 milliards d’euros, ce qui en fait un des plus grands projets d’infrastructure avec un financement privé jamais vus. 

Le projet suscite la controverse dans plusieurs pays, tels que la Suède, la Pologne et les pays baltes. 

Le printemps 2006 a vu se dérouler une campagne intensive de consultation et de dialogue à l’échelle internationale, avec les autorités de la région balte. En mars de cette année, Nord Stream a soumis le « Rapport Espoo », la description détaillée des impacts potentiels transfrontaliers tout le long du trajet. Il a été communiqué à la Russie, à la Finlande, à la Suède, au Danemark et à l’Allemagne, puisque le pipeline doit traverser les zones économiques de ces pays ou leurs eaux territoriales. Le Pologne, la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie ont reçu des copies en tant que parties concernées.

Le consortium Nord Stream responsable du projet mène actuellement des rencontres publiques dans les neuf pays – y compris la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie– affectés par le projet.

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