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La politique européenne en matière d'énergie renouvelable [FR][en][de

Publié: vendredi 30 septembre 2005   

En mars 2007, les dirigeants européens se sont engagés sur un objectif européen contraignant consistant à approvisionner 20 % de leurs besoins en énergie à partir d’énergies renouvelables comme la biomasse, l’énergie éolienne et solaire d’ici 2020. Le 23 janvier 2008, la Commission a présenté des objectifs différenciés pour chaque Etat membre, fondés sur le PBI par tête de chaque pays. 

A lire aussi:

Prochaines étapes:

  • Mars 2007 : Le sommet européen apporte son approbation à la feuille de route de la Commission avec :

    • un objectif contraignant de 20 % de la consommation énergétique de toute l’UE provenant des renouvelables d’ici 2020

    • inclus dans l’objectif général, un objectif minimum obligatoire pour chaque Etat membre de parvenir à au moins 10 % de biocarburants dans la consommation de carburant pour les transports. Cependant, le caractère contraignant de cet objectif est conditionné par le caractère durable ou non de la production de biocarburants et par une mise sur le marché viable de la seconde génération de biocarburants. 

  • 23 jan. 2008 : présentation par la Commission d’une proposition de directive pour atteindre les objectifs fixés en mars.

  • 11-12 déc. 2008 : version finale du paquet énergie-climat adoptée au Sommet européen.

  • 17 déc. 2008 : le Parlement soutient la nouvelle directive sur le promotion de l’utilisation des sources d’énergie renouvelables.

  • 30 juin 2009 : l’UE propose un modèle pour les Plans d’action nationaux d’énergie renouvelable (PANER) (EurActiv 01/07/09).

  • 30 juin 2010 : date limite de la présentation par les Etats membres des Plans d’action nationaux d’énergie renouvelable.

Sommaire Liens

Les énergies renouvelables comme l'énergie éolienne, l’énergie solaire, l’énergie hydroélectrique et la biomasse peuvent jouer un rôle majeur dans l’atteinte de deux objectifs allant de pair: la sécurité énergétique et le réchauffement climatique. En effet, ces énergies sont inépuisables et produisent moins d'émissions de gaz à effet de serre que les carburants fossiles. 

Depuis les crises de l'énergie des années 1970, plusieurs pays industriels ont entamé des programmes visant à mettre en place des solutions d'énergie renouvelable, mais les bas prix du pétrole ont empêché les énergies renouvelables de se développer véritablement à l'échelle commerciale. 

Actuellement, l'énergie renouvelable assure 13,1% de la fourniture totale d'énergie primaire mondiale et 17,9% de la production électrique mondiale (Agence internationale de l'énergie, 2007Pdf external ). Les perspectives énergétiques mondiales 2006 de l'AIE prévoit dans son scénario alternatif que la part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie à l'échelle mondiale restera très stable à 14% en 2030. Les énergies renouvelables atteindront environ 25% de la production électrique, selon l'AIE. 

Evolution de la politique de l'UE:

Enjeux:

Objectifs des Etats membres

Le 23 janvier 2008, la Commission européenne a avancé une proposition de nouvelle directivePdf external sur les énergies renouvelables afin de remplacer les mesures existantes adoptées en 2001. Les gouvernements européens et le Parlement européen sont parvenus à un large accord sur la proposition le 9 décembre 2008, accord adopté par la suite lors d’un vote en plénière du Parlement le 17 décembre (EurActiv 09/12/08).

Selon ce texte, chaque Etat membre devrait augmenter son utilisation d’énergies renouvelables  -telles que le solaire, l’éolien ou l’hydro – afin de faire passer la part de ce type d’énergie de 8,5 % à 20 % dès 2020 dans le bouquet énergétique de l’UE. Une utilisation de 10 % de « carburants verts » dans les transports fait également partie des objectifs principaux de l’UE (EurActiv 05/12/08).

Pour parvenir à ces objectifs, chaque nation des 27 Etats membres doit augmenter la part des énergies renouvelables chez lui de 5,5 % par rapport aux niveaux de 2005, avec d’autre part une augmentation restante calculée sur la base du produit intérieur brut (PIB) par habitant.

 

Etat membre

Part des énergies renouvelables en 2005 Part exigée en 2020

Allemagne

Autriche

5,8 %

23,3 %

18 %

34 %

Belgique

2,2 % 13 %

Bulgarie

9,4 % 16 %

Chypre

2,9 % 13 %

Danemark

17 % 30 %

Espagne

8,7 % 20 %

Estonie

18 % 25 %

Finlande

28,5 % 38 %

France

10,3 % 23 %

Grèce

5,8 % 18 %

Hongrie

4,3 % 13 %

Irlande

3,1 % 16 %

Italie

5,2 % 17 %

Lettonie

32,6 % 40 %

Lituanie

15 % 23 %

Luxembourg

0,9 % 11 %

Malte

0 % 10 %

Pays-Bas

2,4 % 14 %

Pologne

7,2 % 15 %

Portugal

20,5 % 31 %

République slovaque

6,7 % 14 %

République tchèque

6,1 % 13 %

Roumanie

17,8 % 24 %

Royaume-Uni

1,3 % 15 %

Slovénie

16 % 25 %

Suède

39,8 % 49 %


Objectifs intermédiaires

La Commission a également proposé une série d’objectifs intermédiaires afin d’assurer une progression régulière vers les objectifs de 2020.

  • 25 % de moyenne entre 2011 et 2012 ;
  • 35 % de moyenne entre 2013 et 2014 ;
  • 45 % de moyenne entre 2015 et 2016, et ;
  • 65 % de moyenne entre 2017 et 2018. 

Les pays de l’UE sont libres d’opter pour le type d’énergies renouvelables qu’ils souhaitent intégrer à leur bouquet énergétique afin de prendre en compte leurs différentes potentiels, mais ils doivent présenter à la Commission des plans d’action nationaux (PAN) basés sur une « trajectoire indicative » avant le 30 juin 2010, suivi par des rapports d’avancement soumis tous les deux ans. Les plans devront être définis dans trois secteurs : l’électricité, le chauffage et le refroidissement, ainsi que le transport.

L’accord de compromis a finalement rejeté un régime dans lequel les Etats membres auraient eu à faire face à des pénalités financières s’ils n’atteignaient pas les objectifs intermédiaires vers l’objectif de 2020.

Bruxelles se réserve le droit de lancer des procédures d’infraction si les Etats ne prennent pas les mesures appropriées pour satisfaire leurs objectifs, ce qui signifie que la décision d’engager des actions juridiques sera à la discrétion de la Commission davantage que le résultat immédiat du non respect de critères stricts.

Flexibilité avec les programmes de soutien nationaux

Il sera permis aux Etats membres de lier leurs programmes de soutien nationaux à ceux d’autres Etats membres, et il sera également autorisé sous certaines conditions d’importer de l’énergie renouvelable « physique » depuis les sources des pays tiers comme les importantes fermes solaires d’Afrique du Nord. Les importations « virtuelles », basées sur les investissements dans les énergies renouvelables dans les pays tiers, ne pourront cependant pas être comptabilisés pour les objectifs nationaux.

Un système de libre échange pour les certificats d’énergie renouvelable entre les Etats membres de l’UE, favorisé par les opérateurs du marché de l’électricité et les importantes infrastructures électriques, a été rejeté en faveur d’un système dans lequel un Etat membre peut vendre ou échanger son excès de crédit renouvelable à un autre Etat membre, sur la base de valeurs statistiques.

Ces « transferts statistiques », qui peuvent uniquement avoir lieu si l’Etat membre vendeur a atteint ses objectifs intérimaires en matière d’énergies renouvelables, peuvent aussi être appliquées dans les cas où des Etats membres coopèrent sur des projets communs.

Bâtiments et chauffage urbain

Alors que la directive se concentre sur la promotion des grandes installations d’énergie renouvelable, les Etats membres doivent néanmoins utiliser des niveaux minima d’énergie renouvelable dans les bâtiments. De plus, le texte met en place des dispositions pour la reconnaissance mutuelle des certifications pour les techniciens qui installent les énergies renouvelables dans les bâtiments (voir le LinksDossier d’EurActiv sur la législation européenne en matière de bâtiments).

Les architectes et les urbanistes devraient aussi bénéficier de la mise en œuvre de lignes directrices par les Etats membres au moment de planifier de nouveaux projets de construction, alors que les organismes administratifs locaux et régionaux devraient se voir recommander d’assurer que les équipements et les systèmes sont installés pour l’utilisation du chauffage, du refroidissement et de l’électricité via des énergies renouvelables, et pour le chauffage urbain et refroidissement quand il s’agit de planifier, concevoir, construire et rénover les zones industrielles et résidentielles. Tout particulièrement, ils devraient être encouragés à inclure le chauffage et le refroidissement via des renouvelables dans la planification des infrastructures urbaines.

Accès au réseau

De nombreux petits producteurs d’énergie renouvelable expliquent qu’un manque de transparence et un accès bloqué au réseau énergétique les empêchent d’entrer sur le marché (EurActiv 06/07/07).

Le texte semble s’occuper de ce problème en demandant aux Etats membres de s’assurer que les opérateurs du système de transmission et de distribution fournissent soit un accès prioritaire, soit un accès garanti au système de réseau électrique produit depuis des sources d’énergie renouvelable.

Positions:

Des hauts fonctionnaires européens ont reconnu que l’objectif de 20 % serait un véritable défi, considérant que l’Europe dans son ensemble ne puisait que 6,4 % de ses besoins généraux en énergie dans les énergies renouvelables en 2007. De plus, ils ont dénoncé le fait que ce chiffre était réalisé en grande partie par l’énergie hydraulique, une source d’énergie qui a un potentiel additionnel limité dû aux contraintes géographiques.

Ernest-Antoine Seillière, président de BusinessEurope, l’organisation européenne d’employeurs, a déclaré que l’organisation était en faveur d’une augmentation générale de l’utilisation des énergies renouvelables, mais que le fait d’atteindre cet objectif contraignant ne devait pas nuire à un approvisionnement en énergie à des prix concurrentiels. Selon lui, la mise en œuvre doit laisser toutes les autres options énergétiques disponibles, en particulier l’utilisation de l’énergie nucléaire.

L’association européenne des industries de l’électricité, Eurelectric, est beaucoup plus sceptique concernant les objectifs. Elle estime que l’UE devrait éviter d’avoir recours à des mesures de commande et de contrôle, telles que les objectifs et les exigences contraignants en matière d’énergie, pour n’utiliser que certaines technologies. Elle remet également en question la sagesse et le réalisme de la proposition concernant l’obligation d’augmenter considérablement la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique d’ici 2020.

Le Conseil européen pour les énergies renouvelables (EREC) a fait par de sa préoccupation concernant la mise en œuvre en affirmant que le fait de fixer un objectif ambitieux ne fournirait pas automatiquement de résultats. Selon Arthouros Zervos, président de l’EREC, il est nécessaire d’avancer au plus vite dans la mise en œuvre du cadre législatif, qui garantira que l’énergie renouvelable sera exploitée dans tous les secteurs. 

Un rapport external rédigé en janvier 2007 par Greenpeace et l’EREC prévoit que l’énergie renouvelable peut répondre à plus de la moitié des besoins de base en énergie dans le monde d’ici 2050, si les politiques adéquates sont entreprises.

Voir la couverture spéciale d’EurActiv sur la proposition et d’autres réactions des parties intéressées.

Liens Sommaire

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