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Poutine et Berlusconi signent pour un pipeline « South Stream » [FR]

Publié 18 mai 2009
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L’Italien Eni et la société étatique russe Gazprom ont signé des accords relatifs au projet de gazoduc South Stream le 15 mai, quelques jours avant un sommet UE-Russie, cette semaine, où l’Europe tentera de parler d’une seule voix sur les relations étrangères sur l’énergie.

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a accueilli son homologue italien Silvio Berlusconi dans la station balnéaire de Sotchi pour marquer cet évènement.

Tous deux ont supervisé la signature de l’accord entre Gazprom et l’italien Eni, qui fera plus que doubler la capacité du South Stream, de 31 milliards de mètres cubes par an (mmc/a) à 63 mmc.

Commentant le prochain sommet UE-Russie de Khabarovsk les 21 et 22 mai (EurActiv 14/05/09), M. Poutine, qui entretient d’excellentes relations personnelles avec M. Berlusconi, a déclaré qu’il souhaitait avoir d’aussi bonnes relations avec l’UE qu’avec son invité italien.

En retour, M. Berlusconi a déclaré que la Russie était un pays ami qui tenait ses promesses comme fournisseur de gaz. Le dirigeant italien a aussi conseillé à l’Europe de cultiver le même genre de bonnes relations que Rome connaît avec Moscou.

A côté de cela, Gazprom a signé des accords avec l’italien Eni, le grec DESFA, Serbija Gaz et un holding énergétique bulgare. Le directeur de Gazprom Alexei Miller a expliqué que la décision d’augmenter la capacité de South Steam répondait à une demande de la partie italienne.

South Stream est maintenant entré dans sa phase de construction, a indiqué M. Miller, ajoutant que le projet serait terminé à la fin de 2015 au plus tard. Le gazoduc coûtera 8,5 milliards d’euros, a-t-il spécifié.

A Sotchi, M. Poutine a fait allusion au projet concurrent européen Nabucco et a posé la question de savoir si il y aurait assez de gaz disponible pour remplir le pipeline.

Pour commencer, avant d’investir des milliards de dollars dans un gazoduc, enterrant de l’argent dans le sol, ils ont besoin de comprendre d’où viendra le gaz pour ce pipeline, a déclaré M. Poutine, selon le site Internet du gouvernement russe.

Simultanément, la presse rapportait que la Russie était prête à acheter tout le gaz d’un important site offshore en Azerbaïdjan, connu sous le nom de Shah Deniz II.

Les espoirs européens d’assurer le gaz en provenance d’Azerbaïdjan via Nabucco ont été récemment refroidis (EurActiv 20/04/09) quand le président du pays Ilham Aliev a déclaré qu’il voulait que la Russie serve de route de transit pour le gaz vendu par son pays à l’Europe.

Réactions : 

Plusieurs économistes ont remis en question la logique d’un accord russo-azéri portant sur Shah Deniz II. Pour Gazprom, acheter du gaz azéri est absurde, que ce soit à court ou à long terme, a déclaré Mikhail Korchemkin, directeur exécutif de l’East European Gas Analysis, cité par l’agence de presse Bloomberg. 

Apparemment, le gouvernement russe considère que mettre des bâtons dans les roues du projet Nabucco est une priorité plus élevée que la maximisation des revenus et profits de Gazprom, a-t-il continué. Cela se comprend pour l’Azerbaïdjan de vendre le gaz disponible à la Russie, jusqu’à ce que Nabucco soit construit, a expliqué M. Korchemkin. 

Le quotidien russe Kommersant a écrit hier que la décision de doubler la capacité South Stream vise à priver Nabucco du moindre espoir de s’assurer un approvisionnement en gaz. 

De plus,  Kommersant écrit que si les deux pipelines South Stream et Nord Stream sont achevés selon les prévisions, leur capacité conjointe de 118 milliards de mètres cubes dépasserait le volume de gaz russe ayant transité par l’Ukraine en 2008.

Contexte : 

Jusqu’à maintenant, les capacités de Nabucco et du projet russe South Stream  étaient considérées comme étant identiques (30 milliards de mètres cubes par an). Tous deux contournaient l’Ukraine et utilisaient approximativement les mêmes ressources (gaz d’Asie centrale et caspien).

« South Stream » passe directement par la mer Noire à partir des plages situées au nord du Caucase, alors que Nabucco se déploie par la Turquie, à partie des frontières du sud-Caucase. Leurs conditions de mise en service sont également presque identiques.

Une branche du gazoduc South Stream doit passer par la Serbie et la Hongrie jusqu’en Autriche, se terminant au complexe de stockage gazier de Baumgarten. En janvier 2008, l’entreprise énergétique autrichienne OMV et Gazprom ont signé un accord pour transformer la plate-forme de commerce de Baumgarten en une coentreprise détenue à 50 %-50 %.

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