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Pétrole, climat : l’AIE tire la sonnette d’alarme [FR][en][de

Publié: jeudi 13 novembre 2008   

Contrairement à son habitude, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ne dissipe pas les inquiétudes quant à la disponibilité du pétrole dans les perspectives énergétiques mondiales de cette année. L’agence appelle urgemment à une transition vers un système énergétique mondial plus durable en vue d’éviter une éventuelle catastrophe climatique.

Contexte:

Chaque année, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) publie ses Perspectives énergétiques mondiales, qui prévoient l'offre et la demande mondiales futures en énergie pour les prochaines décennies. 

[Lire les articles d'EurActiv sur les rapports précédents :  2005 2006 and  2007 .]

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Autres articles:

Selon le résumé des perspectives 2008 dévoilées le 12 novembre par l’AIE, les tendances mondiales actuelles en matière d’approvisionnement et de consommation d’énergie sont manifestement non durables, tant d’un point de vue environnemental qu’économique ou social. 

Le rapport de l’AIE survient alors que les prix du carburant ont atteint leur niveau le plus bas depuis janvier 2007 et que les investisseurs s’inquiètent des effets de la récession économique mondiale sur la demande en pétrole. Mercredi 12 novembre, le baril de « light sweet crude » s’échangeait à seulement 56 dollars après avoir atteint un pic de 147 dollars en juillet. 

Le rapport de cette année contient un message similaire à l’édition 2006, qui appelait à une action politique forte pour soulager l’avenir sale, incertain et cher de l’énergie. Mais la crise financière et les préoccupations grandissantes par rapport au changement climatique dramatique et rapide insèrent le rapport 2008 dans un contexte différent. Celui-ci appelle à une révolution énergétique mondiale. 

Le rapport inclut également les résultats d’analyses inédites domaine par domaine sur le rendement diachronique de 800 champs pétrolifères. 

Selon le communiqué de Nobuo Tanaka, le directeur exécutif de l’AIE, même si la demande en pétrole ne fluctuait pas jusqu’en 2030, il faudrait construire 45 mb/d de capacité totale – environ quatre fois la capacité actuelle de l’Arabie Saoudite – d’ici là rien que pour compenser l’effet du déclin des champs pétrolifères.

Le rapport devrait réveiller le débat sur le pic pétrolier, qui se laisse souvent entraîner dans la distinction entre l’accès au pétrole et le niveau effectif des réserves restantes de brut. 

Sans tenir compte de la quantité de pétrole disponible effectivement sur terre, le système énergétique mondial passe par des changements structurels majeurs. En effet, les réserves de pétroles sont de plus en plus souvent contrôlées par des pays non membres de l’OCDE, indique l’AIE dans son rapport. Les compagnies pétrolières indiquent que ces changements ne restreignent pas seulement leur accès aux champs pétrolifères, mais également leur capacité à agir suivant les principes du marché, selon lesquels l’offre, la demande, les bénéfices et l’accès restent stables. De leur côté, les gouvernements nationaux disposent de peu d’incitations pour vérifier le niveau véritable des réserves et en rendre compte de façon transparente. 

Christoph Rühl, économiste en chef chez BP, qui n’a « aucune raison théorique, scientifique ou idéologique de considérer que le pic pétrolier est une théorie valide », a déclaré à EurActiv que « pour le moment, il n’y a aucune restriction des ressources pétrolières » (EurActiv 01/10/08).

Mais M. Rühl a admis que la demande croissante des pays en développement et les contraintes en matière d’approvisionnement de carburant fossile créent une volatilité dans les marchés de l’énergie ; pour cette raison, les prix resteront élevés sur le long terme. 

L’AIE a reconnu que les entreprises pétrolières peuvent de moins en moins augmenter leurs réserves et leur production. L’agence a toutefois insisté sur le fait que trop d’importance est accordée à la demande. Le rythme de baisse des réserves détermine en fait beaucoup plus les besoins d’investissement, a indiqué M. Tanaka 

Un Bretton Woods écolo ?

Parallèlement, l’OCDE a annoncé une action à deux piliers pour répondre à la crise financière. Les décideurs ne devraient pas perdre de vue le changement climatique et devraient garder le commerce mondial et le flux des investissements ouverts pour que le développement des technologies propres puisse se poursuivre. C’est ce que l’organisation a déclaré le 12 novembre dans un communiqué de presse. 

Les flux de crédit internationaux sont au point mort dans certains secteurs, provoquant des retards et des annulations dans les commandes industrielles ainsi qu’un ralentissement de l’activité économique. Les spécialistes pensent que la situation compliquera les efforts de modification structurelle de l’économie vers des bâtiments plus propres et vers des énergies et des systèmes de transport moins polluants, en particulier si les systèmes économiques restent fortement dépendants au carburant fossile mais sont entravés par la baisse des réserves et par la volatilité des prix. 

Le 15 novembre, les fondations du système financier international seront examinées par les dirigeants mondiaux lors d’une rencontre majeure à la « Bretton Woods » qui se tiendra à Washington. Reste toutefois à savoir quelle forme prendra le système financier international une fois réformé et combien de temps sera nécessaire pour que les réformes soient testées par la nouvelle croissance économique internationale. 

Récemment, les Etats membres de l’UE ont formulé leur position par rapport à la rencontre, au cours de laquelle l’UE appellera à plus de transparence et de régulation ainsi qu’à une convergence des normes de comptabilité (EurActiv 07/11/08). Le document ne fait aucune référence au développement de technologies propres, mais mentionne le changement climatique comme un défis critiques, au même titre que la sécurité alimentaire ou la lutte contre la pauvreté. 

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