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La Russie dévoile un nouveau projet de traité international sur l’énergie [FR][en][de

Publié: mercredi 22 avril 2009   

Hier (21 avril), le Kremlin a publié une proposition russe de nouvelles règles de coopération énergétique internationale. Elle fait suite au conflit de janvier avec l’Ukraine sur le transit gazier, qui a laissé des millions d’Européens sans chauffage au cœur de l’hiver.

Contexte:

Les efforts européens de formaliser les relations avec la Russie dans le domaine de l’énergie par des accords bilatéraux de commerce ont jusqu’à présent été vains. La Russie a signé, pour ensuite refuser de ratifier, le traité sur la Charte de l’énergie de 1991, un accord international visant à intégrer les secteurs énergétiques de l’ancienne Union soviétique et de l’Europe de l’Est au reste du marché européen.

Le besoin d’une politique énergétique européenne cohérente et de relations formalisées avec la Russie – en particulier l’entreprise Gazprom, contrôlée par l’Etat – a été renouvelé avec une intensité particulière depuis les arrêts d’approvisionnement  aux motifs apparemment politiques, effectués par Gazprom dans ses anciens satellites soviétiques en janvier 2006, et à nouveau lors d’une crise redoublée en janvier 2009. 

Le traitement injuste des entreprises européennes opérant en Russie, telles que BP, et les inquiétudes croissantes, dans l’Union européenne, quant à la sécurité de l’approvisionnement énergétique, ont accentué la pression politique sur les leaders européens afin qu’ils établissent des garanties contre des abus potentiels de Moscou (EurActiv 04/09/07). 

Des experts européens ont discerné de l’incohérence dans le fait que l’Union insiste sur le fait que la Russie doit ouvrir son marché intérieur du transport de l’énergie aux sociétés européennes, alors qu’au sein de l’UE, la pratique consiste à refuser cet accès aux sociétés de pays tiers.

Le projet, publié hier (21 avril) sur le site du Kremlin, est décrit par le président russe Dmitri Medvedev comme étant un document de base qui définit les questions de coopération dans le domaine de l’énergie, y compris des propositions pour un accord sur le transit.

La proposition pour un nouveau traité international sur l’énergie fait suite à une initiative similaire visant à restructurer l’architecture mondiale de sécurité, dévoilée l’année dernière à la veille de l’élection présidentielle américaine (EurActiv 09/10/08). 

Arkadi Dvorkovitch, principal assistant de M. Medvedev sur les questions économiques, a déclaré que Moscou proposait un document qui allait essentiellement remplacer la Charte de l’énergie, mais restait souple quant à sa forme légale.

Nous proposons une nouvelle base juridique complète pour la future coopération énergétique, a déclaré M. Dvorkovitch lors d’un briefing avec des journalistes russes, cité par l’AFP. Il a ajouté que le nouveau document devrait également traiter de l’énergie nucléaire en plus des énergies conventionnelles. 

Nous parlons non seulement du gaz ou du pétrole, mais aussi de tous les produits énergétiques, notamment le combustible nucléaire, l’électricité, le charbon et le reste des biens que nous échangeons, et qu’échangent également les pays présents dans le domaine de l’énergie, a-t-il déclaré. Il a poursuivi en ajoutant qu’en dépit de nombreuses discussions et même de promesses, la législation internationale actuelle ne couvrait pas l’énergie nucléaire. 

Le transit, un point central

Le projet de traité fait fortement référence au litige de janvier sur le gaz avec l’Ukraine, cherchant apparemment à s’appuyer sur la crise pour promouvoir l’idée qu’une nouvelle base juridique est nécessaire pour régir les relations internationales de l’énergie. 

Les arrangements bilatéraux existants et les normes multilatérales juridiquement obligatoires qui régissent les relations internationales de l’énergie n’ont pu prévenir ni résoudre des situations conflictuelles, ce qui rend nécessaire l’amélioration efficace du cadre légal du commerce mondial des ressources énergétiques, peut-on lire dans le document, portant sur une approche conceptuelle du nouveau cadre légal pour la coopération énergétique (objectifs et principes).

En effet, une part importante du document de quatre pages concerne le transit. Le projet cherche à présenter les principes de la création des tarifs de transit et de l’obligation des parties à satisfaire aux conditions de transit par leurs entités. 

Il présente le principe d’inacceptabilité des interruptions ou des réductions de transit, promeut la responsabilité des parties pour les pertes encourues, et propose d’établir des organismes spécifiques pour faire face aux situations d’urgence. 

Souveraineté énergétique

Moscou fait également pression en faveur d’un système mondial, dans lequel la souveraineté des nations énergétiquement riches serait reconnue comme étant inconditionnelle. Parallèlement, la Russie serait libre d’accéder aux marchés internationaux de l’énergie, et aucune restriction aux investissements dans les relais de la chaîne énergétique ne devrait exister.

Conformément au ton adopté par les leaders russes lors de leurs récents discours (EurActiv 22/10/08), Moscou a déclaré qu’il cherchait à promouvoir l’échange réciproque des actifs du marché de l’énergie, ainsi qu’un accès non discriminatoire aux technologies occidentales.

Fait révélateur, le projet propose la promotion des projets d’infrastructure de grande importance pour la sécurité énergétique mondiale et régionale. De récentes déclarations (EurActiv 21/04/09) ont clairement montré que la Russie souhaitait avoir le soutien de l’UE pour ses propres projets, tels que le projet de gazoduc South Stream, considéré par beaucoup comme l’alternative à Nabucco, un projet destiné à réduire la dépendance de l’Europe envers le gaz russe. 

L’énergie nucléaire ajoutée au paquet ?

Contrairement à la Charte de l’énergie, la proposition russe semble inclure l’énergie nucléaire. Néanmoins, le terme de nucléaire n’apparaît pas dans le projet de texte juridique, mais seulement en annexe. Une liste de matières énergétiques et de produits débute par les matières radioactives, telles que l’uranium, et termine par le bois de chauffage et le charbon de bois.

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