Lundi 19 janvier, Vladimir Poutine, Premier ministre russe, et Yulia Tymoschenko, son homologue ukrainienne ont signé l’accord au siège du gouvernement de M. Poutine à Moscou.
Comme résultat de longues et intenses négociations, nous avons conclu un accord sur toutes les questions relatives à l’approvisionnement de l’Ukraine en gaz naturel et du transit gazier vers l’Europe, a indiqué M. Poutine, selon l’Associated Press.
Selon l’accord, qui a été tout d’abord annoncé pour le week-end (EurActiv 19/01/09), Kiev devra payer 20 % de moins par rapport aux prix du marché européen, à savoir près de 450 euros pour 1 000 mètres cubes, selon Ria Novosty, l’agence de presse russe officielle. Parallèlement, la Russie a indiqué qu’elle continuerait de payer 1,7 dollars pour 1 000 mètres cubes pour chaque 100 kilomètres de gaz transité via le système de gazoducs ukrainien.
L’UE reçoit près d’un quart de son gaz de la Russie, dont 80 % est acheminé via les gazoducs ukrainiens.
L’annonce a été saluée avec prudence à Bruxelles, la Commission européenne prenant note de la signature d’un contrat de dix ans entre Gazprom et Naftogaz en présence des deux ministres.
Nous avons désormais besoin d’une indication de l’heure précise à laquelle reprendront les livraisons de gaz, a toutefois ajouté la Commission. Nos observateurs vérifieront quand le flot de gaz reprendra vraiment.
Gazprom, l’entreprise gazière appartenant à l’Etat, a par la suite donné des indications sur l’heure, déclarant que les livraisons vers l’Europe via l’Ukraine pourraient reprendre mardi à 7 heures du matin.
Parallèlement, la Commission a indiqué que les pays de l’UE avaient géré la situation avec succès grâce à la solidarité européenne. A la suite d’une réunion du groupe de coordination sur le gaz le 19 janvier, les pays de l’exécutif européen comme la Slovaquie, l’Autriche, la Hongrie, la Slovénie, la Pologne et même la Croatie, ont réussi à compenser les livraisons manquantes grâce à la solidarité d’autres Etats membres. La Bulgarie, qui a été le plus sévèrement touchée par l’interruption des livraisons, espère encore que du gaz sera livré de la Grèce, a souligné la Commission
Mais cette vision positive n’a pas été partagée par tous. Se confiant à PAP, l’agence de presse d’Etat, le président polonais Lech Kaczynski, qui critique souvent la Russie, a indiqué que la solidarité européenne n’a pas prouvé sa valeur.
La dispute a prouvé une fois de plus qu’un pays qui est impliqué dans une dispute avec la Russie ne peut compter sur aucune aide efficace, a indiqué M. Kaczynski, selon Reuters. Que mes remarques soient reçues avec enthousiasme ou non, je veux souligner tout particulièrement le fait qu’il s’agit d’une pente savonneuse, a déclaré le président polonais.



