Le Conseil Energie a largement approuvé la seconde analyse stratégique de la politique énergétique, réaffirmant son soutien aux six projets d’infrastructure visant à améliorer les interconnexions gazières et électriques, et à promouvoir l’énergie éolienne offshore à grande échelle :
- un corridor gazier sud-européen encore à définir,
- un approvisionnement diversifié en GNL,
- des interconnexions électriques avec la région Baltique,
- l’anneau électrique méditerranéen,
- des interconnexions gazières et electriques Nord-Sud en Europe centrale et orientale,
- et des réseaux offshore de la mer du Nord et du Nord-Ouest.
Les ministres ont également réitéré le besoin de créer une politique extérieure de l’énergie, mettant l’accent sur le développement de la coopération avec la Russie, les pays longeant le corridor sud-européen et la région méditerranéenne.
Les énergies renouvelables, le captage et le stockage de carbone (CSC) et l’électricité nucléaire ont également été mentionnés comme faisant partie de la solution qui conduira un avenir énergétique plus sûr.
Gardant un œil sur la crise du crédit, les ministres ont demandé à la Commission de préparer, en coopération avec la Banque européenne d’investissement (BEI), une initiative de financement de l’énergie durable pour mobiliser à large échelle des fonds des marchés de capitaux vers les investissements dans les domaines des mesures d’efficacité énergétique et des énergies propres.
Le budget européen a été réalloué mais des divisions demeurent
Lors du déjeuner, les ministres ont débattu de l’allocation des 3,75 milliards du budget européen non dépensé aux projets d’interconnexions électriques et gazières, de parcs éoliens offshore et de captage et stockage de carbone (CSC) (EurActiv 29/01/09).
La Commission a modifié ses propositions avant la réunion ministérielle, en réaction aux critiques de certains Etats membres quant aux sommes qui leur étaient attribuées dans le projet. Dans la proposition révisée, les fonds attribués à la production énergétique à base de charbon sont diminués par le biais de la réduction du soutien prévu aux projets de CSC de 250 à 200 millions d’euros. Le projet de gazoduc Nabucco a également vu son financement réduit de 250 à 200 millions d’euros.
L’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni semblent être les grands perdants de la modification des plans de la Commission, ont déclaré des sources gouvernementales à EurActiv. La France, l’Italie et la Belgique en ressortent en revanche gagnantes.
Mauri Pekkarinen, ministre finlandais des Affaires économiques, a déclaré qu’il y avait un accord raisonnable sur les projets, mais de nombreux pays ont remis en question la décision d’exclure le financement de l’efficacité énergétique. L’absence de fonds pour la bioénergie a également été relevé par une minorité de pays, dont la France, la Finlande et le Portugal.
De nombreux ministres, notamment Jean-Louis Borloo, se sont inquiétés du choix des projets, se demandant s’ils contribuaient réellement à la relance économique à court terme. La Commission a déclaré qu’un nombre substantiel de projets démarreront avant 2010 ; mais le ministre français M. Borloo ainsi d’autres responsables politiques ont rétorqué que ce n’était pas le cas pour la majorité d’entre eux.
Le plan de relance économique sera de nouveau examiné lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères lundi. La liste des projets devrait susciter de nouveaux désaccords entre les Etats membres et la réduction à zéro du processus d’allocation laisse entendre que la liste pourrait être une nouvelle fois modifiée.



