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Solidarité énergétique : « toujours des mots » selon le directeur de l'AIE [FR]

Publié 10 février 2009
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energy keyword Gas
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Quelques gouvernements européens n’ont fait preuve d’aucune solidarité lors de la récente crise gazière a confié Claude Mandil, ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie, lors d’un entretien avec EurActiv.

Ce manque de solidarité est dû au « manque de volonté politique », dans certains Etats membres, de s’occuper de la sécurité énergétique de l’Europe, prétend M. Mandil.

Par exemple, le gouvernement italien a publié un décret selon lequel « tout opérateur fournissant du gaz en Italie doit détourner ses importations » afin de soutenir le pays. Pour M. Mandil, c’est « une complète honte », car cela montre que l’Italie « ne prête pas attention une seconde à l’approvisionnement global en Europe ».

L’absence de solidarité européenne est également « exacerbée » par d’autres facteurs, tels que le manque d’investissement dans des « compresseurs pour diffuser le gaz vers l’Est et vers l’Ouest » du continent, a déclaré l’expert à EurActiv. 

De plus, « beaucoup reste à faire pour augmenter le nombre de terminaux de GNL, renforcer l’efficacité énergétique et aller vers plus de nucléaire » a expliqué M. Mandil. 

Quant aux signes de la Slovaquie et de la Bulgarie dans le sens du redémarrage de leurs réacteurs nucléaires (EurActiv 12/01/09), l’expert considère qu’il s’agit simplement d’une « réaction inconsidérée prise sous la forte pression politique » résultant de la crise gazière. Les pays se sont engagés à garder inactifs leurs réacteurs comme condition de leur adhésion à l’UE, et il n’y a « aucun moyen » de changer cela, selon M. Mandil. 

A la place, « nous devrions exprimer une réelle solidarité avec ces pays » a-t-il expliqué. 

Sans aller aussi jusqu’à dire que l’énergie nucléaire deviendra une option plus populaire après la crise gazière, M. Mandil a admis que « de plus en plus de pays, ainsi qu’une plus grande partie de l’opinion publique, réalisent qu’à long terme [l’énergie nucléaire] est une manière compétitive de produire de l’électricité sans émettre de CO2 ». 

L’expert de l’AIE a également exprimé ses doutes quant au projet de gazoduc Nabucco, craignant qu’il n’y « ait pas assez de gaz pour [le] remplir, dans la mesure où nous ne captons pas de gaz d’Iran ». 

Les besoins en gaz de la Turquie sont « énormes » selon M. Mandil. En outre, il reste sceptique quant à la question de savoir si la Turquie est « prête à jouer le jeu du pays de transit raisonnable ». 

Récemment, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la « Turquie sera forcée de reconsidérer son soutien stratégique au projet de gazoduc Nabucco si l’UE refuse de dégeler les négociations d’adhésion sur les chapitres importants, tels que l’énergie » (EurActiv 20/01/09).  Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.

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