Sommet du G8 : l'énergie nucléaire pour les pays émergents? [FR] [en] [de]

Publié: 11 July 2006 | Updated: 29 January 2010
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L'accession des économies émergentes comme la Chine à l'énergie nucléaire sera l'une des questions importantes de la prochaine réunion du G8 à Saint Petersbourg, du 15 au 17 juillet 2006.

Background

Le G8 doit discuter du partage de l'énergie nucléaire avec les pays émergents afin de répondre à la demande énergétique croissante en Chine et dans d'autres pays, tout en contribuant à réduire le phénomène de réchauffement climatique. 

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"Les économies émergentes devront avoir accès à des sources d'énergie [...] jusqu'au moment où cela pourrait s'avérer incompatible" avec les objectifs de réduction du phénomène de réchauffement planétaire qui ont été adoptés par l'Europe, a déclaré un réprésentant de l'UE le 10 juillet dans la perspective du sommet du G8 de ce week-end. 

"Il faut mener de sérieuses discussions sur le développement de l'énergie nucléaire" en gardant à l'esprit la nécessité de sécurité et de non-prolifération, a-t-il ajouté en référence au conflit actuel avec l'Iran au sujet de son programme d'enrichissement d'uranium. Selon lui, "la question du nucléaire est incontournable".

Les dirigeants du G8 seront rejoints le lundi 17 juillet par les pays dits "émergents", à savoir le Brésil, la Chine, l'Inde, le Mexique et l'Afrique du Sud. Ils pourront consulter un projet de déclaration, qui fait référence au développement du nucléaire en tant que "système énergétique partagé" entre pays développés et pays en développement. 

Une première version de cette déclaration a été publiée par le Sunday Herald le 9 juillet 2006. Elle stipule que l'expansion de l'énergie nucléaire "soutiendra la prospérité et la sécurité énergétique au niveau mondial, tout en apportant une contribution importante au ralentissement du changement climatique". Concrètement, le projet propose la création "d'un réseau de centres internationaux fournissant des services liés au nucléaire" comme par exemple l'enrichissement, et ce afin d'éviter la prolifération.

Plus généralement, l'UE espère que le G8 trouvera un accord sur des règles fondamentales pour la mise en place d'un marché transparent et ouvert, règles qui seront la base des relations énergétiques internationales. "Nous espérons une déclaration qui entérinera ces principes", a déclaré le représentant de l'UE. 

Positions

La Russie propose d'utiliser son expertise dans le domaine du nucléaire pour construire à la chaîne des centrales nucléaires et les vendre ensuite dans le monde entier. Les installations seraient construites en Russie et seraient transportées par la mer dans toutes les régions du monde, explique Mikhail Kovalchuk, le directeur de l'Institut de recherche Kurchatov, dans sa contribution à la réunion du G8. 

Selon M. Kovalchuk, cette technique "réduira le délai de construction et permettra un meilleur contrôle"."Les éléments novateurs de cette technique sont la 'production de masse' de réacteurs nucléaires, une solution originale au problème de non-prolifération, et l'utilisation de crédits-bails dans l'industrie nucléaire", a déclaré M. Kovalchuk.

Foratom, l'association professionnelle représentant l'industrie nucléaire en Europe, s''est montrée optimiste concernant le rôle positif que le nucléaire peut jouer afin de garantir une électricité sûre et fiable tout en réduisant le réchauffement de la planète. "Les centrales nucléaires produisent de l'électricité sans quasiment aucune des émissions de gaz à effet de serre qui pourrait influer sur le climat," indique Foratom.

Selon Foratom, la chaîne complète de production d'énergie nucléaire émettrait même moins de gaz à effet de serre que les énergies renouvelables. "Les émissions de gaz à effet de serre de la chaîne de production dans son ensemble (ie y compris le carburant utilisé pour l'extraction et le transport du combustible nucléaire, et celui consommé pour la construction et le démantèlement des centrales) atteignent seulement entre 2,5 et 5,7 grammes des gaz (exprimé en grammes équivalent charbon) par kilowatt d'électricité produite (gCeq/kWh), comparé à entre 105 et 366 gCeq/kWk pour les énergies fossiles et entre 2,5 et 7,6 gCeq/kWh pour les énergies renouvelables".

Cependant, les chercheurs de la FEASTA (Foundation for the economics and sustainability), une association irlandaise, doutent de la viabilité économique du nucléaire. Selon eux, "chaque étape du processus de fission nucléaire consomme de l'énergie qui est dans la plupart des cas issue des carburants fossiles". "L'énergie nucléaire utilise donc massivement de l'énergie et produit une grande quantité de gaz à effet de serre". 

De plus, la FEASTA a précisé que le calcul du coût énergétique réel du nucléaire ne tient pas compte d'autres éléments comme la gestion des déchets. "L'industrie nucléaire vit dans l'incertitude dans le sens où elle n'a pas encore trouvé ni l'argent ni l'énergie afin de renflouer ses mines, enterrer ses déchets et démanteler ses réacteurs; si ces questions sont simplement laissées de côté, la quantité de carburants fossiles nécessaire au nucléaire pour produire une unité d'électricité serait, en moyenne, de seulement 16% de ce que nécessite le gaz".

Selon les écologistes de Greenpeace, le dilemme supposé entre opter pour le nucléaire ou subir les effets du réchauffement climatique est un faux dilemme. "Les installations nucléaires sont lentes à construire, polluantes, dangereuses et chères", indique un rapport de Greenpeace en mai 2006. 

"Il vaut bien mieux investir du capital humain et des ressources économiques dans l'efficacité énergétique et les différentes énergies renouvelables disponibles afin de garantir le droit à une énergie sûre, propre et accessible". 

Next Steps

  • 15-17 juillet 2006 : rencontre du G8 à St Petersbourg
  • Novembre 2006 : Sommet UE-Russie