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A la tête de l'UE, les Tchèques feront pression en faveur du gazoduc Nabucco [FR]

Publié 16 décembre 2008
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La Présidence tchèque de l'UE fera presison en faveur de Nabucco, qui vise à réduire la dépendance de l'UE au gaz russe, pour que ce gazoduc devienne un projet de l'UE. C'est ce qu'a annoncé récemment le premier ministre tchèque Mirek Topolanek. 

La République tchèque fait partie des plus grands défenseurs du projet de l’UE. La sécurité énergétique est d’ailleurs l’une de ses principales priorités. 

C’est une priorité absolue, a déclaré M. Topolanek, cité par le quotidien Prague Monitor. Nos partenaires ont la même vision, et nous nous sommes mis d’accord sur ce point lors de la rencontre du groupe Visegrad, a-t-il ajouté. La rencontre du groupe, réunissant la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et la Slovaquie, a eu lieu le 5 novembre à Varsovie. 

M. Topolanek a fait allusion aux réductions de l’approvisionnement inattendues de cet été (EurActiv 31/07/08). A cette période, la Russie avait insisté sur le fait que les réductions de l’approvisionnement de la République tchèque en pétrole russe étaient d’origine technique. Mais certains soupçonnent une manœuvre politique liée à la décision tchèque d’accueillir un radar américain dans le cadre du système de défense antimissile des Etats-Unis. 

Lorsque la crise du pétrole a éclaté au mois d’août dernier, quand la Fédération de Russie n’a plus approvisionné les quantités convenues et que l’approvisionnement a baissé de 20-30 %, il nous a semblé que l’alternative d’acheminer le pétrole par le biais des oléoducs TAL et IKL pouvait nous sauver, a indiqué M. Topolanek. 

La République tchèque, contrairement à un certain nombre de ses voisins d’Europe centrale et orientale, peut se débrouiller sans le pétrole brut russe grâce à l’oléoduc IKL, qui a été construit dans les années 1990 et qui relie le pays avec le système allemand de pipelines d’Europe de l’Ouest. 

La Hongrie et son entreprise énergétique privée MOL ont également signalé qu’elles redoublent actuellement leurs efforts pour lancer le projet Nabucco. Auparavant, le Premier ministre du pays Ferenc Gyurcsany a qualifié le projet Nabucco de rêve lointain, mais il a depuis fait volte-face. M. Gyurcsany appelle désormais à un sommet à Budapest pour discuter du projet entre les Etats et les responsables de l’industrie des pays impliqués dans le projet. Les éventuels pays approvisionneurs, les pays de transit et les institutions internationales concernées pourraient également être invitées, tout comme l’UE et les Etats-Unis en tant que partisans politiques du projet. 

Réactions : 

La baisse des prix de l’acier est également une bonne nouvelle pour Nabucco, a indiqué récemment à Vienne Reinhard Mitschek, directeur général du projet Nabucco, cité par Bloomberg. Les prix de l’acier, des ferrailles et des tubes baissent, ce qui compense les paiements d’intérêts qui pourraient être élevés, a-t-il indiqué, ajoutant que les investissements nécessaires allaient être révisés l’année prochaine et qu’il pourrait y avoir de bonnes surprises. 

Le financement du projet ne devrait pas être un problème malgré la crise actuelle, a affirmé M. Mitschek. Au contraire, les banques rechignent selon lui à accorder des prêts à court terme et optent plutôt pour des projets d’infrastructure à long terme tels que Nabucco. L’Azerbaïdjan sera pour commencer le principal approvisionneur, a-t-il indiqué, soulignant que par la suite, le Turkménistan, la Russie, l’Irak, l’Iran et l’Egypte pourraient rejoindre les rangs.

La Turquie continue de poser des problèmes à Nabucco, a indiqué l’analyste Vladimir Socor dans le quotidien Eurasia Daily Monitor. Selon lui, la Turquie souhaite, entre autres, obtenir 15 % du gaz qui passe par son territoire pour sa propre consommation. En outre, elle demande un rabais sur le gaz provenant de l’Azerbaïdjan, a indiqué M. Socor. Selon lui, le gouvernement turc espère signer un accord intergouvernemental en janvier 2009 à Ankara, juste à temps pour que le résultat soit présenté au sommet Nabucco à Budapest. Négocier sous pression en raison du délai d’un sommet pourrait toutefois augmenter l’influence de la Turquie, a souligné M. Socor. 

Contexte : 

Le projet de gazoduc Nabucco vise à acheminer le gaz du bassin caspien vers Vienne. L’Azerbaïdjan devrait être le principal approvisionneur du projet. A l’avenir, le gaz proviendrait également du Moyen-Orient.  Le gaz serait acheminé via la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. Le gazoduc devrait commencer son activité en 2013. Toutefois, sa construction n’est pas encore sûre. 

En effet, en raison des hésitations continuelles dont faire preuve le secteur privé pour financer le projet, sans oublier la brève guerre entre la Géorgie et la Russie en août 2008, Nabucco est confronté à un futur incertain (EurActiv 25/08/08). Officiellement, la Commission européenne refuse d’admettre que le projet est compromis. 

Le projet fait face à de nombreux obstacles, notamment le fait qu’un concurrent, le gazoduc South Stream, soutenu par le géant russe Gazprom, devrait être construit. La Commission insiste sur le fait que le projet Nabucco n’est pas une tentative de trouver des solutions aux approvisionnements russes, mais une voie d’approvisionnement supplémentaire nécessaire (EurActiv 4/07/08). Cette position a été confirmée par une des principales entreprises chargées du projet Nabucco, l’entreprise autrichienne OMV.

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