L’exécutif de l’UE appelle à une augmentation du budget de la recherche énergétique pour qu’il atteigne 50 milliards d’euros dans les dix ans à venir. Cela va demander une élévation des flux annuels en provenance à la fois des secteurs public et privé, de 3 milliards à 8 milliards d’euros, selon la Commission.
La communication sur le financement du développement des technologies pauvres en carbone expose la répartition des ressources entre les différentes technologies pauvres en carbone importantes qui peuvent permettre à l’UE de passer d’un taux de 80 % de dépendance aux énergies fossiles à un taux de 80 % de réduction d’émissions d’ici 2050. Les priorités de recherche ont été identifiées dans le plan stratégique européen pour les technologies énergétiques de 2007 (Plan SET), qui entend revaloriser la compétitivité de l’Europe en remettant sur le bon chemin les budgets en déclin de la recherche énergétique au niveau de l’UE (EurActiv 09/07/09).
Le plan de financement, qui devait à la base être dévoilé l’an dernier, avait été en partie repoussé pour cause de crise financière, qui a obligé à repenser les moyens de réactiver la croissance, a déclaré aux journalistes le commissaire à l’Energie Andris Piebalgs. De plus, définir des feuilles de route pour toutes les différentes technologies prend du temps, a-t-il ajouté.
Le projet final alloue 6 milliards d’euros pour la recherche dans l’éolien, que le Commission considère capable de produire un cinquième de l’électricité européenne en 2020. Cet argent aidera à financer les installations offshores, où les vents sont plus forts, en investissant dans des turbines de nouvelle génération et dans de nouvelles structures.
L’énergie solaire se verra allouer 16 milliards d’euros pour le développement de nouveaux concepts photovoltaïques et de larges installations industrielles de production de solaire à concentration (CSP) pour qu’elle contribue à hauteur de 15 % à l’électricité de l’UE d’ici 10 ans. La recherche dans la bioénergie recevra 9 milliards d’euros pour qu’elle puisse fournir 14 % de l’énergie de l’UE tout en respectant les critères de durabilité.
Afin d’intégrer les renouvelables et de mettre en œuvre le marché intérieur de l’énergie, les réseaux d’électricité recevront 2 milliards d’euros, pour que la moitié des réseaux puissent opérer en accord avec le principe de « réseau intelligent ».
A côté des renouvelables, la capture et le stockage de carbone (CSC) devrait se voir allouer 13 milliards d’euros pour quelques 12 projets de démonstration. La recherche nucléaire recevra 7 milliards d’euros pour mettre en place la quatrième génération.
La proposition de financement prévoit également 11 milliards d’euros pour le programme Villes intelligentes, afin de contrer les critiques selon lesquelles le Plan SET ne prendrait pas en compte l’efficacité énergétique. Entre 25 et 30 villes devraient être modernisées avec des habitats et des transports pauvres en carbone afin qu’elles émettent 40 % de moins de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 1990.
De plus, la Commission appelle au déploiement de plus de ressources pour les nouvelles technologies du futur, comme par exemple des moteurs alimentés directement par les rayons du soleil ou des batteries capables de stocker dix fois plus d’énergie qu’actuellement.
Partenariat public avec des fonds privés
La Commission estime que les partenariats public-privé sont le moyen le plus crédible pour financer la recherche énergétique. Cependant, elle n’a pas précisé comment la charge financière devrait être partagée entre les deux acteurs.
Actuellement, le financement de la recherche énergétique se fait comme suit : 70 % pour le privé et 30 % pour le public, en excluant la recherche nucléaire. L’exécutif de l’UE explique qu’une hausse significative de la part du public sera nécessaire à court terme pour donner aux entreprises des incitants à travailler en faveur des objectifs climatiques publics et d’approvisionnement énergétiques en temps de récession.
Dans les projets où le risque est plus important, le financement public devrait avoir un rôle plus important, estime la Commission.
Pour optimiser le niveau d’intervention, elle défend l’utilisation de programmes européens, en particulier lorsqu’il y a une réelle valeur ajoutée pour une action au niveau de l’UE, par exemple en cas de programmes trop coûteux pour qu’un seul Etat membre ne le finance. Actuellement, 80 % des investissements publics dans la recherche énergétique non nucléaire sont réalisés au niveau national.
Bien que la communication n’annonce pas de nouveaux fonds européens, elle explique qu’une augmentation de la proportion des investissements publics au niveau communautaire pourrait être l’une des options incontournables à explorer dans la révision du budget.
Janez Potočnik, le commissaire européen pour la Science et la recherche, a mis en avant le fait qu’alors que la Commission a fourni les lignes directrices pour les investissements, il reviendra en premier lieu aux entreprises et aux Etats membres d’apporter les sommes supplémentaires.
Il ne serait pas honnête de dire que la majeure partie de la réponse repose dans le budget de l’UE, a-t-il dit. Il a néanmoins ajouté que l’UE avait déjà de nombreux instruments financiers qui soutenaient les technologies pauvres en carbone.
Les 300 millions mis de côté pour les nouveaux entrants, qui font partie du système d’échange d’émissions de l’UE (SCQE – EU ETS, voir le LinksDossier d’EurActiv), seront mis à la disposition des Etats membres pour aider à commercialiser la CSC et les technologies renouvelables innovantes, explique la communication.
De plus, les programmes communautaires tels que le Programme énergétique européen pour la relance ou le 7ème programme cadre (7ème PCRD) peuvent être utilisés pour compenser les risques technologiques, sans oublier que ces derniers devront de toute façon être augmentés.



