Dévoilant les plans mercredi (28 janvier), le président de la Commission José Manuel Barroso a déclaré que les projets représenteraient un investissement intelligent pour l’UE qui lutte contre la crise économique ne cessant de s’aggraver.
Conformément aux plans, un total de 3,5 milliards d’euros sera consacré aux projets d’énergie propre et 1 milliard d’euros à l’Internet à large bande. 500 millions d’euros supplémentaires sont destinés à répondre aux nouveaux défis de l’agriculture, comme le changement climatique, l’énergie renouvelable, la gestion de l’eau et la restructuration du secteur laitier.
L’énergie et les réseaux à large bande sont tous deux cruciaux pour l’avenir de l’économie européenne, a expliqué la Commission dans une déclaration.
La proposition va être désormais soumise aux Etats membres pour accord, la présidence tchèque prévoyant de l’examiner au Conseil Affaires générales, selon la Commission. Le prochain Conseil de ce type est prévu à Bruxelles les 23 et 24 février.
Expliquant le choix de projets de la Commission, un porte-parole a déclaré que la priorité avait été donnée aux objectifs stratégiques de l’UE. Le stade d’avancement des projets a été le second critère. En effet, la priorité est donnée aux projets qui devraient se développer rapidement et agir ainsi comme pionniers, ouvrant la voie au reste du marché.
Stockage du carbone et éoliennes offshore
Les projets visant à stocker sous terre le CO2 émis par les centrales électriques (captage et stockage du carbone, ou CSC ; voir LinksDossier d’EurActiv) se sont taillés la part du lion de la proposition de l’exécutif de l’UE, se voyant accorder une enveloppe financière de 1,25 milliard d’euros.
L’Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne, l’Espagne (avec le Portugal) et le Royaume-Uni recevront chacun 250 millions d’euros pour l’application de technologies naissantes aux centrales au charbon, très polluantes.
L’énergie éolienne offshore a également été soutenue. 150 milliards d’euros ont été octroyés aux projets de trois groupes de pays : le Danemark, la Suède, l’Allemagne et la Pologne ; le Royaume-Uni et les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Irlande et le Danemark ; l’Allemagne et la Pologne. Internet à large bande dans les zones rurales Un milliard d’euros est dédié aux projets visant à déployer la large bande dans les zones rurales (voir EurActiv 27/11/08). Au total, 30 % de la population rurale de l’UE n’a pas accès à Internet, mais la situation diffère d’un pays à un autre, selon la Commission. Un graphique, publié conjointement à la communication, montre que les zones rurales de la Bulgarie et de la Roumanie ne sont pas couvertes.
Les Etats membres de l’UE auront la responsabilité de solliciter des fonds, et les montants seront alloués selon la clé de distribution actuelle du Fonds européen agricole pour le développement rural. Les régions les plus pauvres bénéficieront d’un financement plus important.
Déception pour Nabucco et les interconnecteurs gaziers
En dépit de la récente crise gazière, les sommes destinées aux « interconnecteurs gaziers » censés améliorer la résistance européenne de l’UE en situation de crise sont assez modestes, avec un total à peine supérieur à 1 million d’euros.
En outre, la Bulgarie et la Slovaquie, pays les plus sévèrement touchés par la crise, ont seulement reçu de modestes montants : la Bulgarie obtient 20 millions d’euros pour l’interconnexion d’Haskovo-Commotini avec la Grèce ; et la Slovaquie obtient 25 millions d’euros pour l’interconnexion de Velky Krtis-Ballasaqyarmat avec la Hongrie. 250 millions ont été alloués au projet européen de gazoduc, Nabucco. Toutefois, ce montant ne représente en fait qu’un instrument de partage des risques visant à effectuer les emprunts bancaires dans de meilleures conditions que celles offertes par le marché, a confié à EurActiv le porte-parole de la Commission, Johannes Laitenberger.
Les Etats membres perplexes
Reste toutefois à savoir si les Etats membres approuveront la réallocation des fonds. Un diplomate italien a déclaré que la proposition de la Commission le laissait perplexe, notamment parce qu’elle ne reflétait pas les décisions prises au Conseil européen de décembre.
L’Italie s’inquiète du fait que les budgets de l’agriculture soient désormais déplacés vers d’autres secteurs, indiquant que le bénéfice est marginal pour l’Italie, à l’exception des 100 millions d’euros pour une interconnexion gazière avec la Grèce. Un diplomate français remet en question l’utilisation de projets à long terme alors que l’Europe a besoin de décisions à court terme pour relancer son économie. Il a déclaré qu’il s’agissait plus d’un financement de la sécurité énergétique que d’un plan de relance et que selon lui, il s’agissait donc de projets à long terme.
Les autres Etats membres ont déjà déclaré qu’ils préféreraient dépenser le budget restant pour des projets d’infrastructure de transport.



