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L’UE incitée à repenser ses objectifs énergétiques stratégiques [FR]

Publié 22 janvier 2009
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Les législateurs du Parlement européen ont incité l’UE à adopter des objectifs énergétiques et climatiques à long terme plus ambitieux pour 2050, citant les inquiétudes liées à l’approvisionnement qui résultent du différend gazier entre la Russie et l’Ukraine. Ils ont également appelé à plus d’investissements dans l’énergie nucléaire.

L’objectif de l’UE d’améliorer l’efficacité énergétique de 20 % d’ici à 2020 devrait être rendu juridiquement contraignant, tandis que des objectifs clairs en vue de sécuriser l’approvisionnement énergétique européen devraient être fixés pour 2050. C’est ce qu’a déclaré hier (21 janvier) la commission de l’Industrie du Parlement. 

Les législateurs européens ont appelé les Etats membres à accepter de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 %, à améliorer l’efficacité énergétique de 35 % et à faire passer la part des énergies renouvelables à 60 % de la consommation totale d’énergie européenne d’ici à 2050.

L’Union a déjà des objectifs contraignants de réduction des émissions de CO2 et d’augmentation de la proportion d’énergies renouvelables d’ici à 2020. Le Parlement a déclaré qu’un tel engagement devrait être pris en matière d’efficacité énergétique, soulignant que les économies d’énergie sont le moyen le plus efficace et le moins coûteux d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement.

L’approche a été exposée dans un rapport adopté en réponse à la seconde analyse stratégique de la politique énergétique de la Commission européenne. Publiée en novembre, la révision se penche sur la sécurité énergétique et fixe des objectifs politiques pour la prochaine Commission (EurActiv 14/11/08).  Un renouveau du nucléaire? 

La commission a également souligné l’importance de développer davantage l’énergie nucléaire, qui doit, selon elle, être utilisée « au plus haut niveau de sécurité technologiquement possible ». Elle a appelé la Commission à concevoir une feuille de route spécifique aux investissements nucléaires. Solidarité énergétique

En dépit de nombreuses propositions d’amendements au projet de rapport de l’eurodéputée Anne Laperrouze (ADLE), les eurodéputés sont d’accord sur le fait que l’UE doit parler d’une seule voix en ce qui concerne la sécurité de l’approvisionnement énergétique. L’efficacité énergétique devait être l’objectif numéro un, mais le différend entre la Russie et l’Ukraine, qui a interrompu l’approvisionnement gazier de nombreux pays de l’Europe de l’Est, se reflète fortement dans le document de compromis, qui met l’accent sur la solidarité énergétique.

La commission a enjoint la Commission de soumettre, avant la fin de l’année, une proposition de révision de la directive de 2004 relative à la sécurité de l'approvisionnement en gaz. Cette révision devrait notamment comprendre des « plans d'actions d'urgence efficaces et obligatoires au niveau national et communautaire ». Elle a également souligné le besoin d’un réseau gazier paneuropéen. 

Régions baltique et caspienne

Les eurodéputés ont identifié la région de la mer Baltique comme une zone spécifique qui a besoin d’une meilleure intégration. Ils ont en outre appelé au développement d’interconnexions pour le gaz et l’électricité en Europe centrale et du Sud-Est le long d’un axe Nord-Sud. Ils ont également mentionné que la région caspienne, et en particulier l’Ouzbékistan et l’Iran, constituait une source d’approvisionnement importante pour l’UE quand les conditions politiques le permettent. 

Le développement du gazoduc Nabucco a été soutenu par les eurodéputés. Toutefois, la formulation a été modifiée pour inclure une clause prévue initialement selon laquelle ce projet devait être réalisé en coopération avec la Russie. Mme Laperrouze a indiqué que cette modification résulte du fait qu’un grand nombre de ces collègues n’était pas terriblement content à cette idée. 

La commission a offert son soutien à la négociation d’un nouvel accord de partenariat et de coopération avec la Russie. Il a été donné un caractère d’urgence à un accord de grande envergure parmi les amendements, dans la mesure où le projet de rapport ne parlait que de conciliation par le dialogue avec les pays d’Europe de l’Est.

Réactions : 

Anne Laperrouze, eurodéputée française (ADLE), rapporteur au Parlement chargée du dossier, a indiqué que « le risque d’une crise majeure existe au cours de la prochaine décennie ». « La solidarité européenne doit devenir une grande cause européenne dans le domaine de l’énergie : porter atteinte à l’approvisionnement en énergie dans un Etat de l’UE, c’est porter atteinte à l’approvisionnement de l’UE toute entière », a-t-elle ajouté. 

L’eurodéputée allemande Rebecca Harms, vice-présidente et porte-parole sur l’énergie du groupe des verts/ALE, a critiqué le fait que les eurodéputés ont adopté un rapport passéiste qui prévoit le charbon et le nucléaire comme l’avenir de la politique énergétique européenne. Elle espère que la session plénière corrigera l’approche aveugle lors d’un vote le mois prochain. 

Une approche stratégique donnerait la priorité à une approche plus intelligente de la  manière dont nous utilisons l’énergie, a-t-elle souligné. Il faut selon elle combiner cette approche à l’expansion de l’énergie renouvelable, notamment par le biais d’investissements nécessaires dans l’infrastructure de distribution, tels que les réseaux, les oléoducs et les gazoducs. Ainsi, cet objectif pourra être atteint, a-t-elle déclaré. 

Incitant l’UE à tirer des leçons de la crise gazière, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré que l’UE ne devait pas se permettre de se retrouver dans une telle situation à l’avenir. Il a en outre indiqué que le message qu’il délivrera au Conseil européen du mois de mars est que désormais l’UE doit sérieusement considérer les questions de la diversification et de l’investissement dans l’avenir de la sécurité énergétique de l’Europe.  

Prochaines étapes : 
  • Fév. 2009 : le Parlement doit discuter et votera peut-être le rapport en session plénière.
Contexte : 

La seconde analyse stratégique de la politique énergétique a été proposée par la Commission européenne en novembre 2008. Elle s’intéresse à  la sécurité de l’approvisionnement énergétique et fixe des priorités dans le domaine de l’énergie pour la prochaine Commission. 

En 2007, la Commission a présenté sa première analyse stratégique de la politique énergétique, faisant partie d’une communication plus vaste sur les changements climatiques et énergétiques, et donnant un cadre à la politique européenne « 20-20-20 ».

20 % de CO2 en moins d’ici à 2020 et 20 % d’énergies renouvelables en plus sur la même période – tels étaient les engagements historiques pris par les Etats membres en mars 2007, traduits dans les propositions du paquet énergie et climat présentées par l’exécutif de la Commission le 23 janvier 2008.

Le Parlement européen a répondu en publiant un rapport rédigé par l’eurodéputée libérale Anne Laperrouze (ADLE), qui a été adopté le 21 janvier 2008 à une large majorité par la commission de l’Industrie, du commerce extérieur, de la recherche et de l’énergie de l’assemblée européenne.

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