L’objectif de l’UE d’améliorer l’efficacité énergétique de 20 % d’ici à 2020 devrait être rendu juridiquement contraignant, tandis que des objectifs clairs en vue de sécuriser l’approvisionnement énergétique européen devraient être fixés pour 2050. C’est ce qu’a déclaré hier (21 janvier) la commission de l’Industrie du Parlement.
Les législateurs européens ont appelé les Etats membres à accepter de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 %, à améliorer l’efficacité énergétique de 35 % et à faire passer la part des énergies renouvelables à 60 % de la consommation totale d’énergie européenne d’ici à 2050.
L’Union a déjà des objectifs contraignants de réduction des émissions de CO2 et d’augmentation de la proportion d’énergies renouvelables d’ici à 2020. Le Parlement a déclaré qu’un tel engagement devrait être pris en matière d’efficacité énergétique, soulignant que les économies d’énergie sont le moyen le plus efficace et le moins coûteux d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement.
L’approche a été exposée dans un rapport adopté en réponse à la seconde analyse stratégique de la politique énergétique de la Commission européenne. Publiée en novembre, la révision se penche sur la sécurité énergétique et fixe des objectifs politiques pour la prochaine Commission (EurActiv 14/11/08). Un renouveau du nucléaire?
La commission a également souligné l’importance de développer davantage l’énergie nucléaire, qui doit, selon elle, être utilisée « au plus haut niveau de sécurité technologiquement possible ». Elle a appelé la Commission à concevoir une feuille de route spécifique aux investissements nucléaires. Solidarité énergétique
En dépit de nombreuses propositions d’amendements au projet de rapport de l’eurodéputée Anne Laperrouze (ADLE), les eurodéputés sont d’accord sur le fait que l’UE doit parler d’une seule voix en ce qui concerne la sécurité de l’approvisionnement énergétique. L’efficacité énergétique devait être l’objectif numéro un, mais le différend entre la Russie et l’Ukraine, qui a interrompu l’approvisionnement gazier de nombreux pays de l’Europe de l’Est, se reflète fortement dans le document de compromis, qui met l’accent sur la solidarité énergétique.
La commission a enjoint la Commission de soumettre, avant la fin de l’année, une proposition de révision de la directive de 2004 relative à la sécurité de l'approvisionnement en gaz. Cette révision devrait notamment comprendre des « plans d'actions d'urgence efficaces et obligatoires au niveau national et communautaire ». Elle a également souligné le besoin d’un réseau gazier paneuropéen.
Régions baltique et caspienne
Les eurodéputés ont identifié la région de la mer Baltique comme une zone spécifique qui a besoin d’une meilleure intégration. Ils ont en outre appelé au développement d’interconnexions pour le gaz et l’électricité en Europe centrale et du Sud-Est le long d’un axe Nord-Sud. Ils ont également mentionné que la région caspienne, et en particulier l’Ouzbékistan et l’Iran, constituait une source d’approvisionnement importante pour l’UE quand les conditions politiques le permettent.
Le développement du gazoduc Nabucco a été soutenu par les eurodéputés. Toutefois, la formulation a été modifiée pour inclure une clause prévue initialement selon laquelle ce projet devait être réalisé en coopération avec la Russie. Mme Laperrouze a indiqué que cette modification résulte du fait qu’un grand nombre de ces collègues n’était pas terriblement content à cette idée.
La commission a offert son soutien à la négociation d’un nouvel accord de partenariat et de coopération avec la Russie. Il a été donné un caractère d’urgence à un accord de grande envergure parmi les amendements, dans la mesure où le projet de rapport ne parlait que de conciliation par le dialogue avec les pays d’Europe de l’Est.



