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L’UE insiste sur la nécessité de définir des étapes pour la croissance verte

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Publié 07 juin 2012, mis à jour 08 juin 2012

L’Europe doit définir des étapes pour 2030  au plus vite, afin de stimuler les investissements dans l’énergie renouvelable et d’éviter que la politique de croissance verte ne faiblisse lorsqu’elle expirera en 2020. C’est ce que la Commission européenne a déclaré mercredi dans son dernier communiqué de stratégie.

Nombreux sont les acteurs du secteur des énergies renouvelables qui s'accordent sur la nécessité d'un encadrement solide avec des objectifs contraignants et non de vagues recommandations. A l'autre extrême, les 27 États membres sont viscéralement opposés à tout objectif contraignant L'UE compte bien faire passer à 20 % la part d'énergies renouvelables dans son bouquet pour les énergies renouvelables.

énergétique d'ici 2020, un objectif qui sera sans doute atteint et peut-être même dépassé, selon les experts et l'industrie.

Le second objectif concerne la réduction des émissions de carbone de 20 % par rapport aux niveaux de 1990. L'UE estime également qu'il faudrait augmenter de 20 % l'efficacité énergétique du continent par rapport aux normes de 2005, mais il s'agit d'un objectif non contraignant.

La communication sur les énergies renouvelables propose cependant des scénarios qui semblent s'éloigner de l'objectif de 20 %.

« Il nous faut continuer à développer les énergies renouvelables et à promouvoir des solutions innovantes. Nous devons y parvenir avec efficacité au regard des coûts », a déclaré le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, dans un communiqué.

« Il faut pour ce faire produire de l'énergie à partir des sources éolienne et solaire lorsque c'est économiquement viable, et assurer des échanges commerciaux intraeuropéens pour cette énergie, comme nous le faisons pour d'autres produits et services. » 

La Commission estime qu'une meilleure coopération entre les États membres est nécessaire pour que les énergies renouvelables comme le solaire ou l'éolien soient produites où elles coûtent le moins cher.

Elle a ajouté que les « programmes de soutien » devraient être cohérents à travers le continent et elle a réitéré son soutien à un marché intégré qui entretiendrait des liens avec l'Afrique du Nord, ce qui faciliterait, selon elle, la production d'électricité à grande échelle afin d'approvisionner l'Europe.

Et après 2020 ?

En ce qui concerne l'après-2020, le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, a fait part de sa volonté d'établir un nouveau régime politique avant la fin du mandat de la Commission actuelle en 2014.

« Sans cadre approprié [après 2020], la croissance des énergies renouvelables s’enrayera », estime la Commission dans son communiqué.

Les options sur la table comprennent des réductions d'émissions, mais aucun nouvel objectif pour les énergies renouvelables, ce qui ferait du système d'échange de quotas d'émission (ETS) l'instrument principal pour réduire les émissions de carbone et soutenir les énergies renouvelables.

La Grande-Bretagne, par exemple, souhaite se concentrer sur des objectifs de réduction des émissions de carbone et avance que fixer un objectif pour les énergies renouvelables pourrait désavantager la production d'énergie à faible émission de carbone, comme le nucléaire ou même le gaz.

De nombreux acteurs du secteur des énergies renouvelables affirment que la chute du prix du carbone à moins de 7€, bien loin des 20 à 50 euros estimés nécessaires par les experts pour stimuler l'investissement, constitue une preuve de la valeur des objectifs.

Le document de la Commission suggère une seconde option : remplacer les trois objectifs pour 2020 par trois objectifs pour 2030. Cela pourrait prendre la forme d'objectifs nationaux ou européens.

Des objectifs contraignants

Le Conseil européen des énergies renouvelables (EREC), le groupe de coordination de l'industrie européenne des énergies renouvelables, a proposé un objectif contraignant visant à garantir que la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique passe à 45 % d'ici 2030.

« Ce n'est pas un objectif impossible à atteindre », a souligné Arthouros Zervos, président de l'EREC et directeur général du leader de la production d'électricité en Grèce, PPC.

L'EREC souhaite également que l'objectif de réduction des émissions passe de 20 à 30 % d'ici 2020.

M. Zervos a appelé à une politique stable en matière de subventions aux énergies renouvelables, soulignant que celles accordées aux carburants fossiles étaient bien plus élevées. Il a ajouté que les « changements négatifs » et rétroactifs posaient problème.

L'Association européenne de l'énergie éolienne (EWEA) estime que la croissance solide du secteur des énergies renouvelables pourrait générer plus de 3 millions d'emplois.

Réactions : 

« Les ministres européens doivent concrétiser ce message et soutenir l'établissement d'un objectif sur les énergies renouvelables pour 2030, comme le suggère l'analyse d'impact stratégique », a déclaré Stéphane Bourgeois, le responsable des affaires réglementaires de l'Association européenne de l'énergie éolienne (EWEA) à Bruxelles. « Il faut absolument définir un objectif contraignant sur les énergies renouvelables pour 2030 afin de renforcer le leadership de l'Europe dans le domaine de l'énergie éolienne et notamment de l'éolien en mer. »

Eurelectric, l'association qui représente le secteur européen de l'électricité, a réagi à cette communication en appelant à mettre les énergies renouvelables sur un pied d'égalité avec d'autres technologies, à appliquer des politiques cohérentes dans le cadre de l'ETS, à renforcer le développement des énergies renouvelables et à établir une distinction claire entre les programmes avant et après 2020.

« La croissance des énergies renouvelables est un développement positif. Elle contribue à la diversification, à la sécurité de l'approvisionnement et à la transition vers une économie plus verte et faible en carbone », a déclaré le secrétaire général d'Eurelectric, Hans ten Berge. Alors que des techniques comme l'éolien terrestre et l'énergie solaire photovoltaïque arrivent à maturité, l'Europe doit intégrer les énergies renouvelables au marché. Dans cet environnement économique difficile, les entreprises et les citoyens européens méritent des solutions plus avantageuses. Pour ce faire, nous devons nous appuyer sur les expériences de la période pré-2020 pour élaborer le plan suivant. Cela implique de mettre l'accent sur une approche plus européenne et cohérente, davantage axée sur le marché et de mettre les SER (sources d'énergie renouvelable) matures sur un pied d'égalité avec d’autres technologies de production énergétique. »

La Coalition of progressive European energy companies, qui représente SSE, Eneco, DONG Energy, EWE, Acciona, Sorgenia, PPC, EDP Renewables et Stadtwerke, a quant à elle réitéré son soutien à un objectif contraignant sur les énergies renouvelables pour  2030, selon elle nécessaire « pour pallier l'absence de politique entre 2020 et 2050 et permettre au secteur des énergies renouvelables de se développer et d'atteindre la compétitivité des coûts. En l'absence de tels objectifs pour 2030, la croissance de ce secteur est réellement menacée, ce qui affectera les scénarios de décarbonisation de la feuille de route 2050 sur l'énergie ainsi que l'objectif global de réduction des émissions de carbone à hauteur de 80-95 % d'ici 2050. »

Pour donner aux investisseurs de meilleures perspectives à long terme, la feuille de route pour les énergies renouvelables après 2020 devrait être présentée en 2014 et non en 2018, selon la Coalition. « Il faut reconnaître le succès de l'objectif contraignant sur les énergies renouvelables pour 2020, malgré les faibles prix du carbone. Il a permis de créer de nouvelles industries européennes, de développer la croissance et l'emploi tout en diversifiant l'approvisionnement énergétique et en réduisant la dépendance de l'Europe face à l'importation d'énergie. Il est aujourd'hui temps de se concentrer sur l'élaboration d'un cadre politique pour 2030, dont l'objectif contraignant sur les énergies renouvelables doit être une pierre angulaire. »

Marc Oliver Herman, expert en biocarburants européens chez Oxfam, a salué la politique européenne « ambitieuse » en matière d'énergie renouvelable, mais s'est dit choqué de constater que le plan de la Commission passait sous silence le fait que les politiques actuelles en matière de biocarburants augmentaient les prix des aliments et empiètaient de plus en plus sur les terres des propriétaires fonciers des pays pauvres.

« Lors de leur réunion la semaine prochaine, les ministres européens auront l'occasion de dire à la Commission que les énergies renouvelables en Europe ne doivent pas se développer au détriment de millions de familles qui ont déjà du mal à nourrir leurs enfants dans les pays en développement. Les ministres doivent exhorter le commissaire à l'énergie, M. Oettinger, à réformer la politique des biocarburants pour 2020 avant d'envisager celles pour 2030. Cela implique de supprimer l'objectif contraignant de 10 % d’énergies renouvelables dans les transports d'ici 2020, dans la mesure où cet objectif sera surtout atteint par le biais des biocarburants produits à partir de cultures vivrières. »

Le World Wildlife Fund a quant à lui déclaré : « L'objectif sur les énergies renouvelables pour 2030 est un élément essentiel de la stratégie pour l'après-2020 », a expliqué Imke Lübbeke, chargé de mission pour les énergies renouvelables au bureau européen du WWF. « Cela donnera à l'Europe une longueur d'avance en matière d'innovation et contribuera à la relance économique en stimulant l'emploi. Le rôle de plus en plus important des énergies renouvelables permettra aussi de réduire progressivement les centaines de milliards d'euros (315 milliards d'euros) que l'Europe dépense chaque année pour importer du charbon, du pétrole et du gaz. »

Selon Daniel Fraile, chargé de mission sur l'énergie chez Climate Action Network, un cadre politique stable « contribuera, s'il est bien conçu, à réaliser des investissements et à soutenir la croissance continue du secteur européen des énergies renouvelables, qui devrait en retour mener à la création d'emplois ». Avant que les énergies renouvelables puissent entrer en concurrence dans un marché spécifiquement conçu pour la production énergétique conventionnelle et peu flexible, il faut supprimer les subventions aux carburants fossiles et réformer les marchés de l'énergie, a-t-il indiqué. « Il faut bien comprendre que les sources d'énergie conventionnelles ont bénéficié d'un soutien financier considérable pendant des années, ce qui crée des distorsions sur le marché et empêche les énergies renouvelables d'entrer en concurrence dans des conditions équitables », a-t-il expliqué.

L'entreprise de bioénergie Novozymes a salué dans un communiqué le projet de proposition de réglementation du régime post-2020 en 2014. « Le renouvellement des objectifs obligatoires ambitieux pour les énergies renouvelables devrait être inclus dans le nouveau programme », peut-on lire dans ce communiqué. « La combinaison des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de ceux pour les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique sera valable après 2020. Elle permettra de réduire les émissions à long terme et d'assurer la sécurité énergétique de manière rentable, en utilisant les technologies les plus durables en matière d’énergies renouvelables. C'est particulièrement intéressant pour le secteur des transports, où la demande énergétique est en pleine augmentation, tout comme les émissions de gaz à effet de serre qu'il génère. »

« Nous avons précisément besoin de stimuler le commerce de l'électricité renouvelable au sein de l'UE », a souligné l’eurodéputé libéral démocrate Graham Watson. « Nous devons tous importer et exporter nos énergies renouvelables. Le soleil brille et le vent souffle toujours quelque part en Europe. La création d'un marché unique des énergies renouvelables assurera le succès de la transition vers l'énergie verte. »

« Mais pour faire cela, il faut que l'on puisse transmettre de l'électricité sur de longues distances. Et pour faire simple, nos lignes électriques actuelles s'arrêtent aux frontières nationales. Le prochain budget de l'UE devrait allouer 9 milliards d'euros à la création de réseaux transfrontaliers, mais ce budget en est train d'être réduit. »

Prochaines étapes : 
  • 2014 : le commissaire européen à l'énergie a appelé à l'établissement d'un nouveau régime de politique climatique avant que le mandat de la Commission actuelle n'expire en 2014.
  • 2020 : date butoir pour les trois objectifs européens de 20 % : la réduction de 20 % des émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 1990, l'augmentation à 20 % de la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique et l'augmentation de 20 % de l’efficacité énergétique par rapport à 2005.
EurActiv avec Reuters – Article traduit de l'anglais
Contexte : 

L’UE s’est dotée de l’objectif contraignant pour 2020 de réduire ses émissions de 20 % par rapport aux niveaux de 1990 et de faire passer à 20 % la part d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique.

L’objectif d’une augmentation de 20 % en termes d’efficacité énergétique a également été défini, mais il n’est pas juridiquement contraignant. La feuille de route pour une économie à faible intensité de carbone, élaborée en mars 2011, affirmait que si ces objectifs étaient atteints, le taux de réduction d'émissions monterait automatiquement à 25 %, soit 5 % au-dessus de l'objectif fixé.

En octobre 2009, les dirigeants européens ont approuvé un objectif à long terme de réduction des émissions collectives émises par les pays développés de 80 à 95 % d'ici 2050, par rapport aux niveaux de 1990. Cette action est conforme aux recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, l’organe scientifique des Nations unies, au sujet de la prévention des changements climatiques de la Terre.

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