Nombreux sont les acteurs du secteur des énergies renouvelables qui s'accordent sur la nécessité d'un encadrement solide avec des objectifs contraignants et non de vagues recommandations. A l'autre extrême, les 27 États membres sont viscéralement opposés à tout objectif contraignant L'UE compte bien faire passer à 20 % la part d'énergies renouvelables dans son bouquet pour les énergies renouvelables.
énergétique d'ici 2020, un objectif qui sera sans doute atteint et peut-être même dépassé, selon les experts et l'industrie.
Le second objectif concerne la réduction des émissions de carbone de 20 % par rapport aux niveaux de 1990. L'UE estime également qu'il faudrait augmenter de 20 % l'efficacité énergétique du continent par rapport aux normes de 2005, mais il s'agit d'un objectif non contraignant.
La communication sur les énergies renouvelables propose cependant des scénarios qui semblent s'éloigner de l'objectif de 20 %.
« Il nous faut continuer à développer les énergies renouvelables et à promouvoir des solutions innovantes. Nous devons y parvenir avec efficacité au regard des coûts », a déclaré le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, dans un communiqué.
« Il faut pour ce faire produire de l'énergie à partir des sources éolienne et solaire lorsque c'est économiquement viable, et assurer des échanges commerciaux intraeuropéens pour cette énergie, comme nous le faisons pour d'autres produits et services. »
La Commission estime qu'une meilleure coopération entre les États membres est nécessaire pour que les énergies renouvelables comme le solaire ou l'éolien soient produites où elles coûtent le moins cher.
Elle a ajouté que les « programmes de soutien » devraient être cohérents à travers le continent et elle a réitéré son soutien à un marché intégré qui entretiendrait des liens avec l'Afrique du Nord, ce qui faciliterait, selon elle, la production d'électricité à grande échelle afin d'approvisionner l'Europe.
Et après 2020 ?
En ce qui concerne l'après-2020, le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, a fait part de sa volonté d'établir un nouveau régime politique avant la fin du mandat de la Commission actuelle en 2014.
« Sans cadre approprié [après 2020], la croissance des énergies renouvelables s’enrayera », estime la Commission dans son communiqué.
Les options sur la table comprennent des réductions d'émissions, mais aucun nouvel objectif pour les énergies renouvelables, ce qui ferait du système d'échange de quotas d'émission (ETS) l'instrument principal pour réduire les émissions de carbone et soutenir les énergies renouvelables.
La Grande-Bretagne, par exemple, souhaite se concentrer sur des objectifs de réduction des émissions de carbone et avance que fixer un objectif pour les énergies renouvelables pourrait désavantager la production d'énergie à faible émission de carbone, comme le nucléaire ou même le gaz.
De nombreux acteurs du secteur des énergies renouvelables affirment que la chute du prix du carbone à moins de 7€, bien loin des 20 à 50 euros estimés nécessaires par les experts pour stimuler l'investissement, constitue une preuve de la valeur des objectifs.
Le document de la Commission suggère une seconde option : remplacer les trois objectifs pour 2020 par trois objectifs pour 2030. Cela pourrait prendre la forme d'objectifs nationaux ou européens.
Des objectifs contraignants
Le Conseil européen des énergies renouvelables (EREC), le groupe de coordination de l'industrie européenne des énergies renouvelables, a proposé un objectif contraignant visant à garantir que la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique passe à 45 % d'ici 2030.
« Ce n'est pas un objectif impossible à atteindre », a souligné Arthouros Zervos, président de l'EREC et directeur général du leader de la production d'électricité en Grèce, PPC.
L'EREC souhaite également que l'objectif de réduction des émissions passe de 20 à 30 % d'ici 2020.
M. Zervos a appelé à une politique stable en matière de subventions aux énergies renouvelables, soulignant que celles accordées aux carburants fossiles étaient bien plus élevées. Il a ajouté que les « changements négatifs » et rétroactifs posaient problème.
L'Association européenne de l'énergie éolienne (EWEA) estime que la croissance solide du secteur des énergies renouvelables pourrait générer plus de 3 millions d'emplois.





