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Hier (22 juillet), le gouvernement polonais a obtenu le feu vert de la Commission européenne pour affecter 251 millions d’euros d’aide d’Etat aux chantiers navals de Gdańsk, qui sont le symbole de la lutte contre le communisme.
En avril dernier, lors du congrès du Parti populaire européen à Varsovie, en présence du président de la Commission José Manuel Barroso (EurActiv 30/04/09), le personnel politique polonais a vigoureusement fait appel à l’UE pour aider à sauver les symboliques chantiers navals de Gdańsk, Gdynia et Szczecin, qui furent au centre du combat contre le communisme dans les années 1980.
Depuis 2002, le chantier naval de Gdańsk a bénéficié de différentes mesures d’aide, y compris des injections de capital, des garanties, des prêts et des exemptions de taxe, toutes destinées à le garder à flot.
En se basant sur la notification d’une aide à la restructuration accordée au chantier par la Pologne en 2004, la Commission européenne a ouvert une enquête formelle
en juin 2005 pour examiner en détail le plan de restructuration.
En novembre 2007, le chantier a été privatisé et le nouveau propriétaire a d’abord tenté de fusionner les chantiers navals de Gdańsk et Gdynia. Un plan pour ce projet commun a été rejeté par la Commission, dans le cadre de sa décision
de novembre 2008 sur les aides d’Etat au chantier naval de Gdynia (EurActiv 07/11/08), principalement car il n’était pas suffisant pour assurer la viabilité des chantiers navals sur le long terme.
Le propriétaire du chantier de Gdańsk, le groupe industriel ukrainien ISD, a soumis un plan de restructuration indépendant pour le site.
La Commission européenne a expliqué dans une déclaration que les propriétaires du chantier de Gdańsk, privatisé en 2007, avait présenté un plan de restructuration qui dans une large mesure serait financé par des ressources privées levées par le chantier et son propriétaire.
Le bras exécutif des 27 a promis le 2 juin d’approuver le paquet de secours polonais pour son chantier naval historique de Gdańsk, stimulant le gouvernement proeuropéen et de centre droit une semaine avant les élections du Parlement européen (EurActiv 03/06/09).
La Commission a affirmé que le plan de restructuration proposé assurerait la viabilité du chantier et que les inquiétudes en matière de concurrence, causées par des années d’opérations subventionnées, grâce à la fermeture d’unités de production.
L’exécutif européen est satisfait de voir que ce plan répond aux exigences posées par ses lignes directrices
en matière de sauvetage et d’aide à la restructuration.
Le chantier fermera deux des trois cales sèches existantes, et s’est engagé à opérer avec une seule cale sèche ou un complexe de lancement alternatif, avec une production maximum de 100 000 tonnes brutes compensées par an, a déclaré la Commission.
Il n’est fait aucune mention du nombre d’emplois qui seront supprimés. Mais les travailleurs ont indiqué que la force de travail pourrait diminuer d’un tiers, avec la perte de quelque 1 000 emplois, selon la presse polonaise.
Ce fut à Gdańsk en 1980 que l’électricien Lech Wałęsa créa Solidarnosc, le premier syndicat de ce qui était alors l’Union soviétique, qui aida à la chute du communisme dans la région vingt ans plus tard. M. Wałęsa devint par la suite président de la Pologne (1990-1995). Il remporta le prix Nobel en 1983.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.)
C’est l’un des cas les plus longs et les plus difficiles auxquels j’ai été confrontée, mais je me réjouis que nous ayons trouvé une solution constructive, a déclaré la commissaire européenne à la Concurrence, Neelie Kroes.
Nous avons consenti un énorme effort pour nous assurer que le chantier soit encore viable pour de nombreuses années, a-t-elle ajouté.
Selon elle, la restructuration était le seul moyen d’assurer la sécurité de l’emploi pour les travailleurs du chantier, qui fut le berceau du syndicat Solidarność, lequel a collaboré à la chute du régime communiste.
Jerzy Buzek, le président polonais du Parlement européen, a déclaré à EurActiv qu'il saluait cette décision et espérait qu'elle permettrait aux employés de garder leur poste tout en permettant à la construction de navires de se poursuivre à Gdańsk.
Karol Guzikiewicz, le dirigeant de Solidarność au chantier, a qualifié le feu vert européen de « succès partiel ». Ces décisions sont bonnes pour le chantier, mais seulement partiellement, car on va assister à des licenciements, a-t-il déclaré à la télévision polonaise TVN 24.
L’adjoint au ministre polonais des Finances, Zdzisław Gawlik, a affirmé à l’agence PAP que la décision de l’UE met fin aux doutes persistants qui ont accompagné les projets de restructuration du chantier de Gdańsk.
C’est un succès pour le gouvernement, a déclaré sur Polskie Radio Andrzej Sadowski, économiste à l’Adam Smith Center. Selon lui, la décision de la Commission est bénéfique pour le chantier, mais pourrait nuire à d’autres sociétés. L’économie polonaise ne se réduit pas au chantier, a-t-il expliqué : il y a des centaines de milliers d’autres sociétés, en particulier les petites entreprises. Elles ne s’adressent jamais au gouvernement : elles devraient le faire, parce qu’elles sont la force vive de l’économie polonaise, a-t-il conclu.