Les PME font face à des défis particuliers dans les marchés émergents comme la Chine, où le protectionnisme et les droits de propriété intellectuelle posent des problèmes majeurs, a déclaré Adrian van den Hoven, directeur en charge des relations internationales chez BusinessEurope.
Businesseurope a souligné les tensions commerciales grandissantes entre l'Europe et la Chine dans une série de lettres à destination de l'exécutif européen, mais M. van den Hoven estime que le traité de Lisbonne fournit la possibilité à Bruxelles d'apporter des conseils et une protection directe pour les entreprises opérant à l'étranger.
Dans un entretien avec EurActiv, il a déclaré que la communauté des entreprises s'interrogeait sur la possibilité pour le SEAE d'avoir une unité commerce et entreprise à même d'aider les entreprises – et en particulier les petites entreprises avec des ressources limitées – à gérer les obstacles quotidiens qui leur rend la vie difficile à l'international.
Les gouvernements nationaux à travers l'Europe observent avec intérêt la mise en place du nouveau service diplomatique européen, mais la plupart se montreraient opposés à tout empiétement sur un domaine traditionnellement réservé aux ambassades nationales et aux missions commerciales.
Des fonctionnaires expérimentés ont indiqué que le nouveau SEAE se concentrerait sur les affaires diplomatiques davantage que sur les questions commerciales, mais M. van den Hoven espère que le rôle de ce service pourra être étendu.
Je pense que si les nouvelles ambassades européennes agissent dans le cadre des compétences de l'UE sur des questions comme l'accès au marché, cela pourrait fonctionner. S'il s'agit de promotion commerciale, cela ne sera pas acceptable pour les Etats membres, a-t-il dit.
Le genre de problème que le service pourrait gérer inclurait des conseils sur les questions juridiques, la protection des brevets, et l'accès aux contrats de marchés publics, selon BusinessEurope.
M. Van den Hoven a déclaré que les groupes d'entreprise espéraient que le SEAE comprendrait de l'expertise d'affaire plutôt que de s'en tenir uniquement aux diplomates politiques.
Le problème avec ces nouvelles ambassades, c'est que le Commission ne les envisage pas de cette manière. Elle est occupée à déterminer quel type de diplomate elle va envoyer, et la plupart seront des experts en politique étrangère, a-t-il souligné.
Nous adoptons une vision plus fonctionnelle. Si nous pouvions convaincre la Commission que ce type de service fonctionnel aiderait la politique commerciale et d'entreprise propre de l'UE, alors peut-être serait elle d'accord. Bien entendu, il serait nécessaire d'envoyer des gens de Bruxelles avec des connaissances sur le commerce et le monde des affaires, a ajouté M. van den Hoven.
Il a déclaré que l'UE pourrait, comme alternative à cette approche, soutenir les chambres de commerce avec des bureaux dans des villes clefs comme Pékin et Moscou. Ces chambres se penchent parfois sur le soutien aux grosses entreprises mais elles pourraient aussi être un guichet unique pour conseiller les PME si elles se voyaient accorder des fonds européens, selon M. van den Hoven.
Dans un entretien fleuve sur les défis auxquels sont confrontées les entreprises européennes actives en Chine, il a aussi accusé Pékin de permettre aux entreprises d'Etat de stocker des matières premières en utilisant des liquidités du paquet de relance massif de la Chine.
M. van den Hoven a prévenu qu'une course aux matières premières ne serait pas dans l'intérêt de la Chine ou de l'UE, et il s'est montré critique à l'égard des autorités chinoises quant à leur limitation des exportations de métaux rares, qui sont essentiels pour des industries vertes comme les catalyseurs, les éoliennes et les moteurs de voitures électriques.





