Les dépenses mondiales en termes de R&D d’entreprises ont augmenté de 6,9 % en 2008, selon le Tableau de bord européen des investissements dans la R&D industrielle publié hier (16 novembre).
Pour les entreprises qui ont leurs sièges en Europe, la croissance des investissements représente 8,1 % de plus qu’en 2007. Il s’agit là d’une augmentation nettement plus importante que celle de 5,7 % connue par les entreprises américaines et celle de 4,4 % enregistrée au Japon.
Deux entreprises européennes figurent dans le top dix en matière d’investissements en R&D industrielle, avec Volkswagen arrivant en troisième place et Nokia en huitième. La première entreprise de ce classement est Toyota, qui a dépensé 7,61 milliards d’euros.
Les entreprises américaines ont été, en moyenne, plus conservatrices que leurs concurrentes européennes, mais elles représentent toujours la moitié de la liste des dix entreprises qui investissent le plus dans la R&D : Microsoft, General Motors, Pfizer, Ford et Johnson & Johnson. La Suisse a également deux entreprises dans le top dix – Roche et Novartis.
Les entreprises basées sur les économies émergentes continuent de montrer la plus importante croissance en matière de R&D, avec à leur tête la Chine (40 %), l’Inde (27,3 %), Taiwan (25,1 %) et le Brésil (18,6 %). Cela s’inscrit dans la logique mise en avant par certains selon laquelle la Chine et l’Inde pourraient doubler l’Europe et les Etats-Unis pour devenir les leaders mondiaux de la recherche en 2025 (EurActiv 25/09/09).
Même si les dépenses de R&D ont pu se montrer robustes en 2008, le Tableau de bord fournit également les détails des bénéfices d’exploitation des entreprises, qui ont chuté de 30,5 % en Europe et de 19,1 % aux Etats-Unis.
Leadership des industries pharmaceutiques et biotechnologiques
La croissance de la recherche aux Etats-Unis est dominée par les secteurs à forte intensité de connaissances, notamment les industries pharmaceutiques, biotechnologiques et celles des technologies de l’information, alors que l’augmentation de la R&D en Europe est partagée de manière plus égale entre tous les secteurs.
Les entreprises européennes sont à la pointe dans les domaines où l’intensité en R&D est dans la moyenne forte ou basse, comme par exemple les pièces détachées de voitures, les équipements électriques et le secteur des produits chimiques.
Le secteur pharmaceutique et biotechnologique renforce sa position en tant que premier investisseur en R&D à la fois sur le plan international et à l’intérieur des Etats-Unis, représentant respectivement 18,9 % et 25 % des dépenses.
Le secteur de l’automobile et des pièces détachées est le troisième plus important au niveau mondial, comptant pour 17,1 %, et le premier dans l’UE (25 %) et au Japon (27 %). Malgré le fait qu’il ait été le premier secteur touché par la crise, certaines entreprises automobiles ont connu une croissance de leur R&D supérieure à 10 % l’an dernier.
Volkswagen a augmenté ses investissements de 20,4 %, Peugeot de 14,4 % et Fiat de 14,1 %. Cependant, d’autres ont réduit de manière considérable leurs dépenses en R&D, notamment Renault (-9,2 %), Daimler (-9,1 %), BMW (-8,9 %), Ford Motors (-2,7 %), et General Motors (-1,2 %).
Le Tableau de bord de cette année a également confirmé la forte activité en matière de R&D d’entreprises opérant dans les technologies des énergies renouvelables. Les six entreprises européennes de ce secteur ont montré une croissance impressionnante de leurs investissements en R&D ces trois dernières années.



