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Augmentation des investissements en R&D des entreprises malgré la crise [FR]

Publié 17 novembre 2009
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Les entreprises européennes ont davantage augmenté leurs investissements dans la recherche et le développement industriel que leurs concurrents américains et japonais l’an dernier, et ce malgré le combat contre la crise économique mondiale.

Les dépenses mondiales en termes de R&D d’entreprises ont augmenté de 6,9 % en 2008, selon le Tableau de bord européen des investissements dans la R&D industrielle publié hier (16 novembre).

Pour les entreprises qui ont leurs sièges en Europe, la croissance des investissements représente 8,1 % de plus qu’en 2007. Il s’agit là d’une augmentation nettement plus importante que celle de 5,7 % connue par les entreprises américaines et celle de 4,4 % enregistrée au Japon.

Deux entreprises européennes figurent dans le top dix en matière d’investissements en R&D industrielle, avec Volkswagen arrivant en troisième place et Nokia en huitième. La première entreprise de ce classement est Toyota, qui a dépensé 7,61 milliards d’euros.

Les entreprises américaines ont été, en moyenne, plus conservatrices que leurs concurrentes européennes, mais elles représentent toujours la moitié de la liste des dix entreprises qui investissent le plus dans la R&D : Microsoft, General Motors, Pfizer, Ford et Johnson & Johnson. La Suisse a également deux entreprises dans le top dix – Roche et Novartis.

Les entreprises basées sur les économies émergentes continuent de montrer la plus importante croissance en matière de R&D, avec à leur tête la Chine (40 %), l’Inde (27,3 %), Taiwan (25,1 %) et le Brésil (18,6 %). Cela s’inscrit dans la logique mise en avant par certains selon laquelle la Chine et l’Inde pourraient doubler l’Europe et les Etats-Unis pour devenir les leaders mondiaux de la recherche en 2025 (EurActiv 25/09/09).

Même si les dépenses de R&D ont pu se montrer robustes en 2008, le Tableau de bord fournit également les détails des bénéfices d’exploitation des entreprises, qui ont chuté de 30,5 % en Europe et de 19,1 % aux Etats-Unis.

Leadership des industries pharmaceutiques et biotechnologiques

La croissance de la recherche aux Etats-Unis est dominée par les secteurs à forte intensité de connaissances, notamment les industries pharmaceutiques, biotechnologiques et celles des technologies de l’information, alors que l’augmentation de la R&D en Europe est partagée de manière plus égale entre tous les secteurs.

Les entreprises européennes sont à la pointe dans les domaines où l’intensité en R&D est dans la moyenne forte ou basse, comme par exemple les pièces détachées de voitures, les équipements électriques et le secteur des produits chimiques.

Le secteur pharmaceutique et biotechnologique renforce sa position en tant que premier investisseur en R&D à la fois sur le plan international et à l’intérieur des Etats-Unis, représentant respectivement 18,9 % et 25 % des dépenses.

Le secteur de l’automobile et des pièces détachées est le troisième plus important au niveau mondial, comptant pour 17,1 %, et le premier dans l’UE (25 %) et au Japon (27 %). Malgré le fait qu’il ait été le premier secteur touché par la crise, certaines entreprises automobiles ont connu une croissance de leur R&D supérieure à 10 % l’an dernier.

Volkswagen a augmenté ses investissements de 20,4 %, Peugeot de 14,4 % et Fiat de 14,1 %. Cependant, d’autres ont réduit de manière considérable leurs dépenses en R&D, notamment Renault (-9,2 %), Daimler (-9,1 %), BMW (-8,9 %), Ford Motors (-2,7 %), et General Motors (-1,2 %).

Le Tableau de bord de cette année a également confirmé la forte activité en matière de R&D d’entreprises opérant dans les technologies des énergies renouvelables. Les six entreprises européennes de ce secteur ont montré une croissance impressionnante de leurs investissements en R&D ces trois dernières années.

Réactions : 

Le commissaire à la Science et la recherche Janez Potočnik a déclaré qu’il était bon que les entreprises européennes aient soutenu leurs investissements en R&D malgré la crise économique en 2008.

C’est la meilleure stratégie pour sortir plus fort de la crise. Nous devons soutenir les efforts des entreprises européennes et leur fournir des incitations afin de renforcer les secteurs intensifs en recherche de l’UE. Construire un vrai espace européen de la recherche fait partie de la réponse, avec les actions de l’UE destinées à promouvoir les investissements intelligents en R&D. Je salue également l’augmentation  des investissements en R&D des entreprises européennes actives dans les technologies énergétiques pauvres en carbone. Elles représentent de nouvelles sources de croissance et d’emplois pour l’UE, a-t-il affirmé.

Contexte : 

Le Tableau de bord européen des investissements en R&D industrielle fournit des informations sur les premières 1 000 entreprises européennes et 1 000 entreprises non européennes investissant dans la R&D. 

Soutenir les dépenses dans la recherche a été une priorité majeure pendant la crise économique, avec l’expérience suggérant que les pays ayant réussi à investir dans les industries innovantes et la recherche de base s’en sortent mieux sur le long terme.

Cependant, cela se montre difficile, au regard des énormes déficits des budgets gouvernementaux depuis 2008 et de la perte des marges du secteur privé.

Des chiffres récents en provenance d’Europe et des Etats-Unis montrent que le nombre de nouveaux brevets ayant été demandés a chuté récemment, sans compter le fait que le nombre de brevets a tendance à être décalé de 12 mois par rapport à la tendance économique (EurActiv 06/11/09).

  

 

 

 

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