Au cours d’un entretien avec EurActiv, M. Mandl a accusé le fonds spéculatif de la faillite de la compagnie aérienne et il a ajouté que les capitalistes aventureux qui prennent une part majoritaire dans des entreprises en croissance offrent une source de financement privé plus durable.
Il s’est dit triste de voir SkyEurope Airlines déposer le bilan fin août et suspendre ses opérations le 1er septembre, et il a critiqué les principaux actionnaires pour ne pas avoir adopté une approche plus pragmatique afin de sauver l’entreprise.
M. Mandl a également accusé le fonds spéculatif qui a pris contrôle de la compagnie aérienne d’avoir installé une équipe de gestion incompétente et d’avoir renversé sa stratégie de croissance.
Ils ont décidé de mettre en œuvre une stratégie totalement opposée à celle que je poursuivais : ils ont offert les marchés hongrois et polonais à notre concurrent Wizz Air, et ce malgré le fait que notre base de Cracovie était la plus performante, et ils ont commencé à réduire de manière conséquente la taille de la flotte, a-t-il expliqué.
Les nouveaux propriétaires ont coupé les investissements dans le futur de l’entreprise et ont commencé à démanteler des éléments de valeur pour l’entreprise, avant de permettre la chute de l’entreprise en raison de l’impossibilité d’un accord sur les prix avec des entreprises rivales, affirme M. Mandl.
Les hedge funds ne sont pas toujours les meilleurs partenaires. Certains d’entre eux réussissent avec brio à assurer un bon retour sur investissements aux investisseurs et attirent habituellement des personnes intelligentes avec un cursus académique puissant. Souvent, ces jeunes diplômés n’ont pas d’expérience opérationnelle mais ils peuvent quand même réaliser un excellent travail en échangeant des titres avec leurs terminaux Bloomberg, a-t-il dit.
M. Mandl, qui met aujourd’hui en place un fonds de capital à risque destiné à promouvoir les initiatives en matière d’énergie renouvelable et de R&D en Slovaquie, a estimé qu’il est préférable de s’appuyer sur les fonds d’investissements privés plutôt que sur les hedge funds puisque les investisseurs ont une perspective de viabilité des entreprises.
Cela reflète simplement la différence entre un casino financier où chaque acteur croit qu’il est plus intelligent que son voisin et l’économie réelle où l’expérience des consommateurs doit être pertinente, où les employés doivent être payés, et où les décisions importantes ne peuvent pas être repoussées, a-t-il dit.
Dans un entretien tout azimut sur l’entreprenariat, M. Mandl se montre aussi critique à l’égard des efforts européens visant à stimuler l’innovation et à soutenir les PME. Il a affirmé qu’apporter des prêts et des garanties à travers les banques commerciales ne marchaient pas toujours, et il a suggéré que la culture des banques dominantes les équipait mal pour investir dans des start-up innovantes.
De mon point de vue, l’investissement via les fonds privés est plus efficace, a-t-il expliqué.
Selon M. Mandl, les autorités peuvent aider les entrepreneurs en mettant à leur disposition des fonds d’assistance technique pour les aider à assurer les coûts des services professionnels et la protection de la propriété intellectuelle.
Il a aussi précisé que les Européen seraient moins réticents à prendre des risques s’il existait un réseau de protection sociale plus fort, qui pourrait les aider à se réintégrer dans les lieux de travail traditionnels dans l’hypothèse d’un échec de leur entreprise. Une forme de « congé d’entreprenariat », similaire au congé parental, pourrait permettre aux personnes désirant monter leur affaire d’être plus confortable au moment de lancer leur propre entreprise.
Christian Mandl se confiait à to Gary Finnegan.
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