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FMI : la crise n'est pas terminée tant que la croissance de l'emploi ne revient pas

Publié 14 septembre 2010 - Mis à jour 13 octobre 2010
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La crise économique mondiale ne sera pas terminée tant que la croissance de l'emploi n'aura pas repris, a averti le dirigeant du Fonds monétaire international hier (13 septembre), lors d'une conférence conjointe avec l'Organisation internationale de travail (OIT).

Les pays riches du monde doivent élargir leurs plans de relance fiscale et leurs initiatives de croissance pour l'emploi afin de redynamiser un marché du travail affaibli qui pourrait menacer des sociétés entières, selon le Fonds Monétaire International.

Lors de la conférence FMI-OIT, le premier ministre espagnol Jose Luis Rodriquez Zapateroa affirmé le fort taux de chômage pourrait déclencher une "crise de confiance" en Europe.

Le FMI a dit que de plus en plus de travailleurs dans le monde ne parvenaient pas à trouver d'emploi durant des périodes de plus en plus longues, ce qui affaiblit la cohésion sociale et augmente les risques de troubles, et compromettrait même la démocratie.

Le marché du travail traverse une mauvaise passe, a dit le directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn lors de la rencontre, ajoutant que la grande récession avait laissé un "terrain vague" de personnes frappées par le chômage. Nous devons admettre que la crise ne sera pas terminée jusqu'à ce que le taux de chômage décline considérablement, a-t-il dit, affirmant que la croissance et l'emploi sont les problèmes les plus urgents.

M. Zapateroa dit que les périodes de chômage qui s'allongent pourraient conduite à une crise de confiance dans l'Union européenne, qui a été bouleversée par la forte dette et les inquiétudes financières en Grèce et au Portugal.

La pire crise serait une crise de pessimisme, d'un manque de confiance, de résignation. L'Europe ne doit pas tomber là-dedans, a-t-il dit, ajoutant que la formation à l'emploi serait la principale priorité de l'Espagne, où 20 % de la population active n'a pas d'emploi.

Nous devons apporter de l'oxygène à nos institutions démocratiques, a dit le premier ministre grec George Papandreou.

Le commissaire européen à l'emploi et aux affaires sociales László Andora dit que 2010 avait été une année terrible pour l'emploi. Si nous n'agissons pas, [...] 2011 pourrait devenir une année terrible pour la cohésion sociale.

L'emploi ou la dette?

Le FMI a dit qu'étendre la relance fiscale valait la peine de s'endetter davantage si cela peut aider à réduire le chômage de longue durée, qui crée une charge encore plus lourde sur la société car les travailleurs sont découragés, n'ont plus de salaire à vie ou quittent le marché du travail.

Le FMI a ajouté qu'en raison de la profonde récession, il soutenait désormais les systèmes d'extension des bénéfices de l'emploi pour aider à maintenir la demande et le moral et pour donner des avantages à court terme aux entreprises afin qu'elles gardent plus de travailleurs mais à des salaires et horaires réduits.

M. Strauss-Kahna défendu l'attention portée par le FMI à l'emploi et les inquiétudes sur l'impact du chômage à long terme, affirmant que penser que le fonds ne s'occupe que des mesures d'austérité qui sont liées à leurs programmes est une caricature trompeuse.

Dans les pays développés, les personnes sans emploi avaient des problèmes de santé bien pires et leurs enfants s'en sortaient moins bien scolairement, alors que dans les pays plus pauvres, le chômage est souvent une question de vie ou de mort. Il peut conduire à de violents conflits, voire à la guerre, a-t-il affirmé.

Le dirigeant de l'OIT a appelé les gouvernements à étendre les mesures pour dynamiser la reprise économique mondiale encore fragile et la création d'emplois.

Cependant, Iain Duncan Smith, secrétaire d'Etat britannique au travail et aux retraites a fait part de son désaccord, confiant à Reuters : nous en sommes au stade où tout le monde élabore de nombreux plans de relance, mais ils s'avèrent de moins en moins efficaces.

Nous pensons qu'il est temps de se diriger dans une autre direction, a-t-il dit. Si on continue, nous allons écarter l'économie privée et elle n'aura plus la place de croître.

(EurActiv with Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv.)

Contexte : 

Les pays de l'UE frappés par la crise ont adopté des mesures d'austérité très impopulaires, qui dans le cas de la Grèce ont déclenché de violentes manifestations (EurActiv 05/05/10).

Alors que les critiques spéculatives sur la devise de l'euro ont continué à se déchaîner, d'autres pays ont continué à suivre cette voie. En mai, l'Italie a approuvé des mesures d'austérité qui devraient réduire le déficit budgétaire de 24 milliards d'euros sur deux ans (EurActiv 25/05/10).

L'Espagne, pays qui occupait la présidence tournante de l'UE, est parvenue à s'assurer le soutien du parlement pour son plan de rigueur, d'une valeur de 15 milliards d'euros, après un vote unique le 27 mai (EurActiv 28/05/10).

En juin, l'Allemagne a annoncé un paquet de réductions budgétaires et d'impôts d'une valeur de 80 milliards d'euros visant à remettre le déficit structurel de la plus grande économie d'Europe dans les limites de l'UE d'ici 2013.

Auparavant, le Royaume-Uni, qui ne fait pas partie de la zone euro, a annoncé une réduction de 6,2 milliards de livres (7 milliards d'euros) de réductions budgétaires afin de diminuer son déficit, qui est de 11,5 % du PIB, soit presque quatre fois la limite de l'UE.

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