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La croissance de la zone euro en 2011 en baisse

Publié 30 novembre 2010 - Mis à jour 01 décembre 2010
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L'économie de la zone euro ralentira significativement l'année prochaine dans la mesure où les gouvernements réduisent leurs dépenses afin de récupérer la confiance des marchés. Toutefois, la demande privée devrait redonner un nouvel élan à la croissance en 2012, a déclaré la Commission européenne lundi (29 novembre).

Dans ses prévisions économiques biannuelles pour l’Union des 27, l’exécutif de l’Union européenne a déclaré que la croissance dans la zone euro ralentirait – passant de 1,7% pour cette année à 1,5% pour 2011, mais qu’elle rebondirait à 1,8% en 2012.

 Olli Rehn, commissaire en charge des affaires économiques et monétaires dans une information préliminaire a déclaré qu'avec le renforcement de la demande intérieure privée, le rétablissement serait de plus en plus autosuffisant dans les prévisions futures. 

Le principal moteur de la croissance dans la zone euro sera l’Allemagne, la plus grande économie, dont la croissance devrait considérablement ralentir l’année prochaine, passant d’un accroissement de 3,7% enregistrée en 2010 à 2,2%, un chiffre qui demeure respectable.

Une économie mondiale plus faible va diminuer la demande pour les exportations de la zone euro, mais de nombreux gouvernements de la zone euro vont également réduire leurs dépenses et augmenter les impôts afin de ramener les finances publiques sur une trajectoire durable.

Le déficit budgétaire agrégé de la zone euro va reculer en 2011 et en 2012, mais la dette continuera à augmenter – la Commission prévoit que la dette de la Belgique et de l’Irlande deviendra plus importante que son rendement annuel.

Les inquiétudes concernant la capacité de l’Irlande à servir son énorme dette, stimulée par le soutien du gouvernement au secteur bancaire en difficulté, ont forcé Dublin à demander une aide financière de l’UE et ont suscité des craintes selon lesquelles le Portugal et l’Espagne pourraient être les prochains sur la liste.

Le déficit budgétaire des pays de la zone euro va chuté de 6,3% du produit intérieur brut attendu cette année à 4,6% l’année prochaine et à 3,9% en 2012.

La dette gouvernementale devrait passer de 84,1% du PIB en 2010 à 86,5% l'année prochaine et continuer à augmenter en 2012, atteignant les 87,8%.

M. Rehn a expliqué qu'une prolongation déterminée de la consolidation fiscale et des politiques à court terme visant à améliorer la croissance étaient essentielles afin d'établir une base solide pour une croissance et des emplois durables. 

L’agitation au sein des marchés de la dette souveraine souligne la nécessité d’une action politique énergique, ajoute-t-il.

Objectifs Portugal et Espagne

L’attention du marché est désormais tournée vers le Portugal, qui souffre d'une dette importante, mais dispose d'une croissance très lente et d'une économie non compétitive.

Accablé par d’importantes réductions dans les dépenses budgétaires et des impôts plus élevées, le Portugal est retombé dans la récession, se contractant d'1% en 2011 et ne retournant qu’à une faible croissance de 0,8% en 2012, selon les prévisions de la Commission.

Lisbonne prévoit de réduire son déficit budgétaire à 4,9% en 2011 – en comparaison à 7,3% en 2010 – mais sa dette va passer à 88,8% du PIB en 2011 par rapport aux 82,8% enregistrés cette année.

Selon M. Rehn, dans le cas où l’objectif fiscal ne serait pas atteint en raison d’une croissance réelle plus faible, alors le gouvernement suppose qu’il sera toujours essentiel d’atteindre l’objectif fiscal – en prenant des mesures additionnelles si nécessaire. 

Et de plus, il est clair qu’il est essentiel pour le Portugal de développer et de mettre en application des réformes structurelles ambitieuses afin d’atteindre son potentiel de croissance, a-t-il ajouté.

L’Irlande, qui s’est mise d’accord ce dimanche sur un paquet d’aide de l’UE et du Fonds Monétaire International d’une valeur de 85 milliards d’euros, verra son économie croître de 0,9% en 2011, après une contraction de 0,2% cette année – cependant la croissance devrait atteindre 1,9% en 2012, selon la Commission.

Dublin aura un déficit budgétaire de 32,3% cette année, le plus important de l’UE, en raison des énormes coûts liés au soutien de son secteur bancaire, mais réduira ce déficit à 10,3% en 2011, lequel tombera à 9,1% en 2012.

L’économie irlandaise est flexible, et bien qu’il existe de sérieux défis concernant les finances publiques et spécialement le secteur bancaire, elle a la capacité de sortir rapidement de cette récession. La croissance des exportations est déjà un fait, a dit M. Rehn.

L’Espagne, également sous les projecteurs en raison de sa lente croissance et d’une réparation potentiellement coûteuse de son système bancaire, se contractera de 0,2% en 2010 mais croîtra de 0,7% en 2011 et de 1,7% en 2012, selon la Commission.

Son déficit devrait tomber à 6,4% en 2011 par rapport à 9,3% en 2010 et à 5,5% en 2012, lorsque les mesures d’austérité espagnoles prendront effet. L’Espagne souhaite réduire son déficit budgétaire à 6% l’an prochain, un objectif que M. Rehn considère comme un défi.

La stratégie fiscale espagnole […] est en route. Si l’an prochain la croissance est plus lente que ce qui est prévu, il sera nécessaire de prendre des mesures additionnelles pour s’assurer que l’objectif fiscal soit atteint, a-t-il expliqué.

Alors que les déficits sont en déclin, les dettes augmentent

La dette la plus importante de tous les pays de l’UE sera observée en Grèce où la dette grimpera à 150,2 % du PIB l'année prochaine par rapport à 140,2 % en 2010 et s'envolera même à 156 % en 2012.

La Belgique verra sa dette passer de 98,6% du PIB cette année à 100,5% en 2011 et à 102,1% en 2012.

La dette de l’Irlande devrait également grimper à 107% du PIB l’an prochain par rapport aux 97,4% attendus en 2010, et augmenter à 114,3% en 2012.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.)

Contexte : 

La Commission européenne publie des prévisions économiques quatre fois par an. Les prévisions du printemps et de l’automne couvrent la croissance, l’inflation, l’emploi, les déficits budgétaires et les dettes pour tous les Etats membres de l’UE et plusieurs pays non membres. Les prévisions intermédiaires – habituellement disponibles en février et en septembre – ne font de prévisions que pour les plus grands pays.

Les prévisions de printemps de la Commission n’ont prédit qu’une croissance de 1% en 2010 et de 1,7% en 2011. Ces prévisions ont averti d’une faible demande intérieure et d'une baisse des niveaux de chômage à 10%.

Cette dernière prévision fait suite à la demande de deux pays de la zone euro, la Grèce et l’Irlande, d’emprunts conjoints de l’UE et du FMI. On prévoit également que le Portugal et l’Espagne devraient à leur tour demander une aide extérieure pour combler leurs déficits budgétaires.

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