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Le temps est venu de redéfinir la flexisécurité, selon les PME

Publié 29 mars 2010
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Les partenaires sociaux européens ont joint leurs forces la semaine dernière (25 mars) pour partager avec les dirigeants européens leurs visions du marché du travail, en particulier le besoin d'objectifs révisés pour la flexisécurité.

Le Sommet social tripartite, qui comprend les associations d'employeurs, de syndicats et de PME, a souligné qu'en temps de crise, renforcer l'inclusion sur le marché du travail -trouver des moyens effectifs et créatifs de remettre les personnes au travail- était essentiel pour restaurer la croissance économique.

Les partenaires sont parvenus à un accord cadre dans lequel ils s'engagent à entreprendre des actions concrètes pour aider les personnes désavantagées à entrer, rester et se développer sur le marché du travail.

Les domaines dans lesquels des mesures peuvent être prises sont la formation professionnelle, l'apprentissage, le recrutement, la transparence et l'information au regard des compétences, les emplois disponibles et les programmes de formation.

D'autre part, les PME européennes ont affirmé que la priorité européenne de flexisécurité tant mise en avant devait être redéfinie si les dirigeants européens veulent vraiment sortir de la crise.

Il n'y a pas de temps à perdre, a déclaré à EurActiv Liliane Volozinskis, directrice pour les affaires sociales de l'association de PME UEAPME.

Il existe un besoin urgent de repenser les principes de flexisécurité et de les adapter à la crise, a-t-elle expliqué, puisque la récession a déformé la manière dont la flexisécurité fonctionne. En raison des pressions sur le marché du travail, la moitié des travailleurs européens n'ont actuellement aucune flexibilité dans leurs contrats de travail, et l'autre moitié en a trop, et pour ces derniers il n'existe aucune sécurité de l'emploi, et 2010 constitue une année à risque.

Il nous faut revoir cette polarisation, a déclaré Mme Volozinskis. La directrice de l'UEAPME estime que les principes de la flexisécurité restent valables, mais qu'un certain nombre de mesures devraient être lancées pour remettre le marché du travail sur le bon chemin.

Transitions et formations : l'Allemagne bonne élève, contrairement à la France

Plus particulièrement, elle a insisté sur le besoin d'améliorer les mesures de formation, en particulier pour les PME. En d'autres termes, dans des pays comme l'Allemagne, où des programmes de travail de court terme ont été mis en place pour éviter le chômage de masse, il est impératif que les travailleurs soient capables de combiner leurs heures de travail réduites avec le bon programme de formation.

Sans ces améliorations qualitatives et en termes d'accessibilité, l'UE risque de subir une période prolongée de faiblesse de son marché du travail, a affirmé la directrice de l'UEAPME.

D'autre part, la question de la transition entre emplois doit être traitée. En temps de crise, il est primordial de garder les gens employables pour qu'ils puissent aller facilement vers un nouvel emploi à l'intérieur d'une entreprise, ou vers une nouvelle organisation. Ceci est également lié à la formation, a-t-elle expliqué.

Elle a fait remarquer que dans de nombreux pays, et notamment en France, les mesures de formation et de transition basées sur des programmes de travail à court terme sont trop complexes, contrairement à l'Allemagne ou l'Autriche qui font mieux parce que leurs partenaires sociaux sont plus réactifs.

Réactions : 

S'exprimant après le sommet tripartite, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré que la création d'emploi restait la priorité numéro 1. Nous ne pouvons et ne devons pas laisser le chômage se transformer en chômage de longue durée et en exclusion sociale. Nous devons également faire particulièrement attention à faciliter l'entrée des jeunes sur le marché du travail.

Il a ajouté que nous étions engagés à davantage d'emplois, et de meilleure qualité, et à une approche de la flexisécurité pour aider cette transition. Je n'ai pas besoin de le répéter, la flexisécurité concerne à la fois la flexibilité et la sécurité.

M. Barroso a noté que la mise à jour des compétences serait un facteur décisif pour parvenir à des niveaux plus importants d'emplois et faire en sorte que les compétences correspondent aux besoins des différents secteurs du futur.

Nous n'accepterons pas de nouveaux murs en Europe à cause de la pauvreté et de l'exclusion, et nous sommes prêts à les faire tomber. C'est pourquoi nous souhaitons que les dirigeants s'accordent sur l'objectif phare pour combattre la pauvreté, a-t-il dit.

Le président de l'UEAPME Georg Toifl a affirmé que la crise économique avait exposé un peu plus l'état de mécontentement des marchés du travail en Europe. Certains travailleurs bénéficient de hauts niveaux de sécurité avec quasiment aucune flexibilité, tandis que d'autres éléments de la force de travail européenne sont plus flexibles mais dans l'incertitude, ce qui est regrettable.

Le chômage en hausse devrait rendre les choses encore plus difficiles. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester dans cette situation encore longtemps, a ajouté M. Toifl, concluant qu'il fallait retourner sur la planche à dessin et repenser la flexisécurité comme un état dans lequel tous les travailleurs bénéficient d'un équilibre juste entre flexibilité et sécurité et sont prêts à répondre aux besoins changeants du marché du travail.

Les principes convenus par tous les partenaires sociaux en 2007 sont un bon point de départ pour notre débat. Nous devons faire pression et les mettre en pratique, a-t-il dit.

Contexte : 

Le Sommet social tripartite, qui se réunit au moins une fois par an, avant le Conseil européen de printemps, institutionnalise le sommet informel tenu depuis décembre 2000.

Il comprend la présidence du Conseil et les deux présidences subséquentes, la Commission européenne et les partenaires sociaux, tous représentés au plus haut niveau. Son objectif est d'assurer la participation effective des partenaires sociaux dans la mise en œuvre des politiques économiques et sociales de l'UE.

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