Les plus grands noms de l'industrie ont publié un rapport semestriel montrant que les hommes et femmes politiques ont réalisé peu de progrès dans des domaines clefs comme le déploiement des réseaux à haute vitesse, la promotion des investissements dans le secteur privé et les accords politiques sur le changement climatique.
En février, l'ERT (European Roundtable of Industrialists) a publié une liste détaillée des actions qui mettraient l'UE sur le chemin d'une reprise durable. Les indicateurs "l'Europe sur le bon chemin" incluent un certain nombre de "succès rapides" – les changements rapides que les politiques peuvent réaliser comme un signal de leur intention de redynamiser l'industrie européenne.
Cette initiative était destinée à tenir pour responsables les hommes politiques. Elle est considérée comme un vote de défiance à l'égard de la capacité des dirigeants européens à apporter des réponses audacieuses à la crise.
Jusqu'ici, le verdict est loin d'être flatteur. L'ERT a affirmé qu'alors que l'accord imminent sur le projet de croissance Europe 2020 est le bienvenu, la stratégie ne parvient pas à engager les gouvernements à évaluer les impacts des législations une fois adoptées.
L'élite politique est aussi une cible de critique car elle échoue à développer des marchés dominants et n'encourage pas un débat public significatif sur le projet pour 2020.
Les dirigeants européens devraient adopter les cinq objectifs principaux d'Europe 2020 demain après des mois de bataille politique sur les objectifs en matière d'éducation et de pauvreté (EurActiv 16/06/10).
Les entreprises craignent des hausses d'impôts
Séparément, BusinessEurope – un groupe d'entreprises basé à Bruxelles – a publié son modèle pour la discipline et la croissance dans la zone euro.
Le groupe appelle à un agenda de croissance ambitieux pour l'Europe, avertissant que se reposer seulement sur des mesures d'austérité pourrait ne pas être suffisant pour sortir de la crise économique. Les employeurs veulent plus de flexibilité, de mesures de création d'emploi, de soutien pour leurs programmes de formation et de réformes des systèmes de sécurité sociale.
Ils sont également inquiets face aux augmentations de taxes, qui selon eux auront un intérêt limité dans la réduction des déficits fiscaux et qui pourraient même s'avérer contre productives.
BusinessEurope presse également les dirigeants européens de renforcer leur surveillance budgétaire en introduisant un système de pénalités et de sanctions pour les pays coupables d'indiscipline budgétaire – un élément qui devrait être au cœur des négociations du sommet de demain.
Un Fonds monétaire européen devrait constituer un objectif de moyen terme, selon le groupe d'entreprises, en plus des mécanismes qui permettront une restructuration des dettes publiques et des défauts en ordre dans des situations de dernier ressort.
Les finances publiques sur un chemin non durable
Les économistes de l'European Policy Centre (EPC), un think tank, ont également pesé en amont du sommet de l'UE en publiant un tableau de classement des Etats membres en fonction de leur durabilité économique.
La Suède et le Danemark arrivent en tête, suivis de l'Estonie – qui devrait rejoindre la zone euro en janvier 2011. En bas du tableau se trouve la Grèce, suivie de l'Italie et du Portugal – tous classés comme étant non durables.
Neuf pays supplémentaires sont "en danger", notamment l'Espagne, la Lettonie et la Roumanie.
Ce classement arrive au moment où la décision de mettre fin à des procédures de déficit excessif contre 12 Etats membres a été prise par l'exécutif de l'UE, et alors que de nouveaux cas ont été ouverts contre Chypre, le Danemark et la Finlande.
L'EPC explique que les réformes structurelles sont nécessaires pour éviter de futures crises.





