En amont du sommet européen de cette semaine et du G20 de Pittsburgh, l’industrie européenne élève la voix pour faire entendre ses appels à s’attaquer à la crise du crédit, qui affecte principalement les petites et moyennes entreprises.
Début septembre, le président de l’association des entreprises allemandes BDI, Hans-Peter Keitel, et son homologue italienne Emma Marcegaglia, qui préside Confindustria, ont adressé une lettre aux institutions européennes supérieures pour répéter leur appel à un adoucissement temporaire des exigences de capital pour les banques.
Il est urgent que l’UE assouplisse les exigences de capital pour les banques et les méthodologies d’analyse des risques, afin de faciliter l’accès des entreprises au crédit et une reprise économique rapide, ont-ils écrit dans une lettre envoyée au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et au président de l’UE, le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt.
Rodrigo Peduzzi, conseiller senior chez Cofindustria, a confirmé à EurActiv que d’autres associations d’entreprises européennes se joignaient à leur appel, et soulèveront collectivement la question à travers BusinessEurope, l’organisation parapluie bruxelloise, avant un sommet européen extraordinaire qui doit se tenir jeudi, et qui a pour objet de coordonner l’approche de l’UE au G20 de Pittsburgh les 24 et 25 septembre. C’est un problème qui est ressenti au-delà des frontières italienne et allemande, a-t-il dit.
Nous avons besoin d’un adoucissement temporaire des règles sur les exigences de capital, a-t-il dit. Les banques devraient être autorisées à conserver moins de capital sur une période limitée afin de prêter plus dans la phase actuelle, a-t-il expliqué.
Il a cité le cas d’une compagnie textile italienne qui s’est retrouvé en manque de fonds pour continuer ses activités quotidiennes après que quelques clients n’aient pas été capables de payer leurs commandes dans les temps. Les banques ont repoussé la provision d’un crédit de court terme, et l’entreprise a finalement été dans l’obligation de réduire ses effectifs.
M. Peduzzi a mis en garde contre cette situation, très commune en Europe et qui nécessite des mesures urgentes plutôt que des changements législatifs de long terme.
Il a précisé que même des entreprises financièrement solides font face à un besoin en capital sans précédent, alors que la reprise commence à atteindre l’Asie et d’autres vastes marchés. Si les entreprises veulent survivre, elles doivent de plus en plus être tournées vers l’exportation, a souligné M. Peduzzi.
Même après la pire phase de la crise, les entreprises ont besoin de capital pour affronter le scénario post-crise. Autrement, nous allons connaître une reprise en dents de scie avec une nouvelle chute après la reprise, a-t-il averti.
Rodrigo Peduzzi s’exprimait auprès de Francesco Guarascio.




