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Les régions craignent que le pire de la crise ne soit à venir [FR]

Publié 18 novembre 2009
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Les autorités locales et régionales de l’Europe craignent que le climat économique de l’an prochain ne soit encore pire que celui de 2009, selon une nouvelle enquête. Et cela malgré le retour de la croissance dans les économies de la zone euro et des prévisions officielles qui estiment que la situation financière internationale devrait s’améliorer en 2010

Une nouvelle étude du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) montre que les autorités craignent que les réductions budgétaires ne les forcent à réduire leurs services l’an prochain.

Interrogé sur les perspectives pour 2010, seuls Chypre, la Norvège, le Portugal et la Suède – représentant 6 % de la population couverte par l’enquête – expriment de l’optimisme, quand 44 % sont pessimistes pour 2010 et 50 % ne prévoient aucun changement.

Cela va à l’encontre des prévisions bruxelloises, où les principales institutions se montrent relativement confiantes concernant les perspectives de croissance pour l’an prochain.

Cette nouvelle étude vient compléter une enquête réalisée en avril 2009 et révèle que trois quarts des autorités publiques pensent que la situation s’est dégradée depuis le premier trimestre de cette année.

Les sondés, qui représentent 90 % de la population européenne, ont estimé que l’accès à l’emprunt pour investir ne s’est pas amélioré depuis avril dernier, et le CCRE prévient que cela va freiner les investissements dans les projets d’infrastructures.

Les autorités locales se considèrent coincées entre une demande croissante de services et des pressions pour mettre en œuvre des coupes budgétaires, selon le rapport.

Crise sociale à l’horizon

Le secrétaire général du CCRE Jeremy Smyth écrit dans le rapport que même si l’économie au sens large repart, l’étendue de la dette du secteur public frappera les citoyens qui se reposent sur les services fournis par les autorités locales et régionales.

Alors que la Commission européenne, la Banque centrale européenne et d’autres organismes internationaux estiment que 2010 verra une amélioration économique et financière en Europe, nos autorités locales et régionales s’attendent elles très largement à ce qu’elle soit aussi difficile ou pire que 2009, a affirmé M. Smyth.

Il a expliqué que l’impact sur les Européens allait être direct et quotidien si les services étaient réduits.

Alors que les interventions gouvernementales ont servi à isoler le public du déchaînement de la tempête financière qui a frappé l’économie mondiale en 2008 et 2009, il semble que 2010 sera l’année où l’impact social de la crise se fera sentir.

Wolf Klinz, eurodéputé et président de la commission du Parlement européen chargée des crises économique, financière et sociale, a prévenu que les conséquences de la crise se feront sentir encore bien longtemps après la restauration de la confiance sur les marchés financiers.

Les effets sur l’économie réelle ont déjà été importants, la récession ayant frappé différents pays, mais les véritables défis ne deviendront visibles que dans les mois à venir. Une crise sociale est imminente, a-t-il affirmé.

Réactions : 

Robert Manchin, PDG et président de Gallup Europe, a déclaré que les études montraient que les conséquences de la récession variaient à travers l’Europe et que les citoyens commençaient seulement à ressentir le réel impact de la crise financière.

En règle générale, la crise a eu un impact dommageable moindre sur les citoyens du nord de l’Europe. En outre, la crise a eu un effet différent sur les populations urbaines et rurales ; la relation entre le niveau de difficulté personnelle connu et le niveau d’urbanisation diffère à travers les régions. Dans certains pays, les villes ont été frappées plus durement, dans d’autres ce sont les régions rurales qui ont le plus souffert, a-t-il expliqué.

M. Manchin a prévenu que l’expérience des citoyens ne concorde pas avec ce que disent les dirigeants politiques à Bruxelles. Il affirme que si les autorités locales ne parviennent pas à assurer leurs services en 2010 à cause d’un manque des ressources tandis que les experts continuent à parler de la fin de la crise, alors il va falloir anticiper une déconnection grandissante entre la perception de la réalité des citoyens et celle des experts. Cela pourrait par ailleurs s’accompagner d’un sentiment d’injustice, celui de voir que les graines de la reprise économique soient si inégalement partagées, a-t-il ajouté.

Contexte : 

Il existe des signes montrant que la crise financière qui a frappé l’économie mondiale en 2008 commence à s’atténuer, les marchés boursiers ayant connu ces derniers mois quelques signes de reprise. La croissance est déjà revenue en France et en Allemagne et elle devrait également être positive au Royaume-Uni avant la fin de l’année.

Cependant, des inquiétudes existent de voir la récession se terminer « techniquement » tout en ayant des conséquences de long terme sur les citoyens. Les gouvernements envisagent désormais de réduire leurs dépenses et d’augmenter leurs revenus afin de mettre un terme à l’augmentation importante des déficits publics durant la crise.

Plus tôt ce mois ci, un rapport d’Eurofound a montré que les pertes d’emplois continueraient d’augmenter en 2010 alors que les gouvernements réduisent les mesures temporaires mises en place pour freiner le chômage (EurActiv 04/11/09).

Fatigué d’écrire sur la récession, les médias ont produit une rafale d’articles sur les « pousses vertes » de la reprise, mais les observateurs ont averti qu’il serait prématuré de s’attendre à une croissance forte en Europe avant un certain nombre d’années.

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