Une nouvelle étude du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) montre que les autorités craignent que les réductions budgétaires ne les forcent à réduire leurs services l’an prochain.
Interrogé sur les perspectives pour 2010, seuls Chypre, la Norvège, le Portugal et la Suède – représentant 6 % de la population couverte par l’enquête – expriment de l’optimisme, quand 44 % sont pessimistes pour 2010 et 50 % ne prévoient aucun changement.
Cela va à l’encontre des prévisions bruxelloises, où les principales institutions se montrent relativement confiantes concernant les perspectives de croissance pour l’an prochain.
Cette nouvelle étude vient compléter une enquête réalisée en avril 2009 et révèle que trois quarts des autorités publiques pensent que la situation s’est dégradée depuis le premier trimestre de cette année.
Les sondés, qui représentent 90 % de la population européenne, ont estimé que l’accès à l’emprunt pour investir ne s’est pas amélioré depuis avril dernier, et le CCRE prévient que cela va freiner les investissements dans les projets d’infrastructures.
Les autorités locales se considèrent coincées entre une demande croissante de services et des pressions pour mettre en œuvre des coupes budgétaires, selon le rapport.
Crise sociale à l’horizon
Le secrétaire général du CCRE Jeremy Smyth écrit dans le rapport que même si l’économie au sens large repart, l’étendue de la dette du secteur public frappera les citoyens qui se reposent sur les services fournis par les autorités locales et régionales.
Alors que la Commission européenne, la Banque centrale européenne et d’autres organismes internationaux estiment que 2010 verra une amélioration économique et financière en Europe, nos autorités locales et régionales s’attendent elles très largement à ce qu’elle soit aussi difficile ou pire que 2009, a affirmé M. Smyth.
Il a expliqué que l’impact sur les Européens allait être direct et quotidien si les services étaient réduits.
Alors que les interventions gouvernementales ont servi à isoler le public du déchaînement de la tempête financière qui a frappé l’économie mondiale en 2008 et 2009, il semble que 2010 sera l’année où l’impact social de la crise se fera sentir.
Wolf Klinz, eurodéputé et président de la commission du Parlement européen chargée des crises économique, financière et sociale, a prévenu que les conséquences de la crise se feront sentir encore bien longtemps après la restauration de la confiance sur les marchés financiers.
Les effets sur l’économie réelle ont déjà été importants, la récession ayant frappé différents pays, mais les véritables défis ne deviendront visibles que dans les mois à venir. Une crise sociale est imminente, a-t-il affirmé.




