EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Actualités en Bulgarie
Actualités en Turquie
Actualité en Allemagne
Actualités en Espagne
Actualités en France
Actualités au Royaume-Uni
Actualités en Pologne
Actualités en République tchèque
Actualités en Slovaquie
Actualités en Hongrie
Actualités en Roumanie
Actualités en Serbie
Greece News
Italy News
Bulgaria Turkey Germany Spain France United Kingdom Poland Czech Republic Slovakia Hungary Romania Serbia Greece Italy
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

Les supermarchés pressés de conduire le débat sur les nanotechnologies dans les aliments [FR]

Publié 20 janvier 2010 - Mis à jour 26 novembre 2010
Version imprimableEnvoyer à un ami

Les distributeurs de renom tels que Tesco et Carrefour devraient aider à préparer les consommateurs aux innovations dans le secteur alimentaire, selon un fonctionnaire de premier plan de la direction générale de la santé et de la protection des consommateurs de la Commission européenne.

Robert Madelin, directeur général de la DG Sanco de la Commission européenne, a déclaré lors d’une rencontre entre distributeurs que les supermarchés avaient besoin d’être en première ligne concernant l’explication des risques et des bénéfices d’avancées comme les nanotechnologies.

Mettant en avant le fiasco des aliments génétiquement modifiés (GM) des années 1990, il a déclaré que les supermarchés avaient davantage suivi le mouvement que mené le débat.

Sur les GM, les distributeurs ont suivi leurs clients et ont retiré ces produits des rayons. Sur d’autres technologies, ils pourraient mener et préparer le débat. Ils ont un rôle dans l’impulsion de l’innovation, a-t-il dit lors d’une rencontre de l’European Retail Round Table lundi (18 janvier).

M. Madelin a déclaré que les puissants distributeurs devraient essayer d’adopter une vision de long terme et se demander quel est leur rôle dans le contexte de la stratégie de l’UE pour 2020.

Il a affirmé qu’il serait futile d’encourager l’innovation en Europe à moins que les distributeurs ne jouent le jeu en s’engageant auprès du public. Ce serait inutile, a-t-il fait remarqué, de développer de nouveaux produits si le marché n’est pas prêt à les vendre.

Le citoyen moyen n’est pas opposé à la science, a-t-il dit, mais il veut savoir quels sont les bénéfices et comment les technologies s’adaptent à leurs propres valeurs. Cependant, M. Madelin a déclaré que les grosses entreprises sont incapables de raconter une histoire qui touche les consommateurs.

Les nanotechnologies au programme lors du nouveau Forum alimentaire

Si vous observez le débat sur les nanotechnologies, après trois ans d’encouragement pour que la distribution prenne les devants, l’industrie garde encore ses secrets, a-t-il dit.

Le prochain Forum sur la chaîne d’approvisionnement alimentaire – qui débutera à Pâques – pourrait se pencher sur le rôle de la distribution dans l’innovation, a révélé M. Madelin.

Ce serait très utile si les dirigeants d’entreprises s’engageaient au-delà de leur zone de confort. Les distributeurs devraient se demander ce qu’ils peuvent faire pour aider l’innovation, a-t-il dit.

Cependant, les personnalités de l’industrie de la distribution se sont montrées hésitantes à s’engager en faveur d’un agenda politique, préférant adopter une position neutre à moins que cela n’affecte leurs chiffres d’affaires.

Réactions : 

Lars Olofsson, PDG du groupe Carrefour, a dit que les distributeurs ne feraient pas la promotion d’une technologie en particulier. Il l’a constaté avec les aliments GM, les consommateurs n’étaient franchement pas convaincus que l’innovation en question était saine et nécessaire. Carrefour a banni les ingrédients GM des produits de sa propre marque et autres produits.

D’après Terry Leahy, PDG de Tesco, l’industrie de la distribution peut jouer un rôle pour aider à remplir les objectifs de politique sociale, mas il serait irréaliste de s’attendre à ce qu’elle y parvienne seul.

Nous voulons nous engager et accepter nos responsabilités. Tout ce que nous demandons c’est que la Commission, le Parlement et le Conseil nous donnent les bonnes conditions pour agir ainsi, a-t-il dit.

Le secteur de la distribution a été une vraie ruche à innovation ces dernières décennies, a dit Dick Boer, vice-président exécutif de Royal Ahold. L’innovation dans la chaîne alimentaire ne doit pas être sous-estimée – nous ne devons pas oublier ce qui a été accompli. La distribution essaie continuellement d’être plus rapide et moins chère et de proposer aux consommateurs des prix moins élevés, a-t-il affirmé.

La vente de nourriture est désormais plus saine et plus originale que jamais auparavant, a jouté M. Boer.

Monique Goyens, directrice générale du Bureau européen des consommateurs (BEUC), a dit qu’il était primordial de ne pas promouvoir l’innovation pour le bien de l’innovation, ajoutant que les avancées technologiques devaient être développées pour les besoins sociétaux.

Elle a affirmé que le public n’était pas réfractaire à la science, comme le prouve le fait que les consommateurs s’approprient des nouveaux produits de haute technologie tous les jours. La question que se posent les consommateurs sur toutes les innovations est celle des risques et bénéfices d’une nouvelle technologie. Selon elle, c’est le problème avec les nanotechnologies, car davantage de travail reste à faire dans le domaine de l’évaluation du risque.

Ian Cheshire, PDG de Kingfisher, un important groupe de commerce de détail spécialisé dans le bricolage, a dit que l’industrie voulait avancer, prendre ses responsabilités et jouer son rôle dans le débat sur le futur de la distribution européenne. Il a affirmé que les distributeurs ne bénéficiaient pas de suffisamment de crédits pour l’innovation.

Pas besoin d’avoir une blouse blanche pour innover, a-t-il dit, remarquant que des enjambées majeures ont été réalisées dans les domaines des données et de la gestion de chaînes d’approvisionnement.

Contexte : 

En octobre 2009, la Commission européenne a lancé une enquête dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire afin d’examiner les pratiques contractuelles injustes imposées aux petits agriculteurs par les grandes chaînes de distribution et autres acheteurs. Cette enquête faisait partie d’un mouvement visant à réduire les futures augmentations des prix et à assurer aux agriculteurs un partage juste du prix des produits finis.

Dans le cadre d’un effort élargi d’amélioration de l’état du commerce alimentaire, l’exécutif de l’UE a également annoncé qu’il mettrait en place un forum sur la filière alimentaire. Le forum rassemblera la société civile, des régulateurs et entreprises venant de toute la chaîne alimentaire afin de discuter de l’état du secteur de la distribution alimentaire.

Le débat sur l’application des nanotechnologies est monté dans les priorités de l’agenda politique ces dernières années, le futur commissaire à l’Environnement Janez Potočnik – ancien commissaire européen chargé de la science et la recherche – ayant récemment déclaré que la législation actuelle sur les produits chimiques ne suffisaient pas à règlementer les nanomatériaux.

Selon certains rapports, les entreprises qui vendent des produits contenant des nanotechnologies minimisent ou cachent délibérément qu’elles le font, par crainte d’une réaction violente des consommateurs (EurActiv 15/06/09).

More in this section

Publicité