Sections
Mini Sections
EPIA Business Development Unit Intern – Paid Internship
Interim Public Affairs Manager
Network and CrossLingual Projects Director
Account Executive in Public Affairs - Financial Services Practice
Policy advisor International Affairs
Writer/Web Editor - Native English
Consultant (Scientist) to work on the NERC-funded project "VALOR"
Mettre une annonceIl devient clair que les biocarburants obtenus à partir du sucre et des huiles végétales ne permettront pas de réduire considérablement notre dépendance au pétrole. Les biocarburants de seconde génération ont-ils une meilleure chance d'y parvenir?
En vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre, conformément aux obligations du protocole de Kyoto, l'UE a adopté la Directive 2003/30/CE
, dont l'objectif est de faire passer la part de biocarburants utilisés dans les transports routiers de 0,8% à 5,75% d'ici 2010.
Les biocarburants produisent moins de gaz à effet de serre que le pétrole et le gaz et sont plus abondants et disponibles au niveau national. De plus, les cultures agricoles (comme le maïs, la betterave à sucre, l'huile de palme et la graine de colza) étant pour le moment la principale source pour les biocarburants (dits de "première génération"), la production nationale de biocarburants pourrait générer de nouveaux revenus et offrir de nouvelles opportunités d'emploi aux agriculteurs européens, à la suite de la réforme de la politique agricole commune.
Un autre type de biocarburants (dits de "seconde génération") peut être obtenu à partir de sources ligno-cellulosiques ou "de bois" (comme la paille, le bois d'oeuvre, les copeaux de bois ou le fumier), mais ces matériaux riches en fibres ne peuvent être convertis en biocarburants liquides que par des procédés techniques avancés, dont la plupart sont encore sous-développés.
L'objectif fixé en 2003 est non-contraignant et la majorité des Etats membres a encore beaucoup à faire au cours des trois prochaines années pour l'atteindre.
Cependant, l'inquiétude croissante au sujet de la sécurité de l'approvisionnement énergétique sur le long terme, accompagnée de la hausse des prix du pétrole et d'un certain nombre d'incitations fiscales et financières, ont entraîné une forte hausse de la production de biocarburants dans les 25 Etats membres, notamment concernant le biocarburant favori de l'UE - le biodiesel, qui représente près de 80% de l'utilisation de biocarburants en Europe - dont la production est passée de 1,9 millions de tonnes en 2004 à près de 3,2 tonnes en 2005, soit une hausse annuelle de 65%.
Jusqu'à présent, l'UE a surtout mis l'accent sur l'utilisation des biocarburants de première génération, comme le biodiesel et le bioéthanol. Cependant, cette stratégie suscite de plus en plus de doutes :
De plus en plus de voix appellent ainsi l'UE à mettre davantage l'accent sur les biocarburants de "seconde génération".
Selon les résultats d'une consultation publique
menée par la Commission entre avril et juillet 2006 en vue de réviser sa stratégie sur les biocarburants d'ici fin 2006, la majorité des parties prenantes considèrent les biocarburants de "seconde génération comme prometteurs pour les raisons suivantes :
La principale méthode pour la production de biocarburants de seconde génération en Europe est la gazification - également appelée conversion "biomass-to-liquid" (BTL). Elle utilise des températures élevées, des niveaux d'oxygène contrôlés et des catalyseurs chimiques pour convertir la biomasse en carburants liquides, dont le diesel synthétique et l'oxyde de diméthyle.
La gazification nécessitant en général de grandes installations et des investissements conséquents, les progrès dans ce domaine sont plus lents que dans les autres. Cependant, la conversion BTL peut transformer la lignine, qui comprend environ un tiers de matière solide végétale, et peut ainsi obtenir de grandes quantités de biocarburants liquides, remplaçant plus de pétrole.
L'actuelle présidence finlandaise de l'UE a annoncé en octobre 2006 son intention de développer la production de biocarburants de seconde génération, notamment en finançant un nouvel équipement pour le procédé de gazification dans le centre de recherche technique de Finlande, le VTT. Cette installation permettra d'utiliser toutes les matières premières carboneuses, comme les résidus du secteur forestier, l'écorce, la biomasse des champs et la tourbe.
Dans sa directive révisés sur les biocarburants, la Commission tentera de soutenir davantage le développement de ces technologies de seconde génération dans les Etats membres. Elle compte également fixer de nouveaux objectifs pour l'utilisation de biocarburants et pourrait même décider de les rendre obligatoires. Elle devrait également imposer des normes minimales relatives à l'environnement pour la production de biocarburants.
Lors d'une conférence européenne sur la recherche sur la bioraffinerie le 20 octobre 2006, le ministre finlandais du commerce et de l'industrie, Mauri Pekkarinen, a déclaré : "Les biocarburants de première génération, qui reposent largement sur les cultures de la biomasse, peuvent permettre de faire un premier pas important vers les transports alimentés aux biocarburants." Cependant, selon lui, pour permettre de réelles avancées concernant l'adoption des biocarburants dans les transports, il faudra développer les biocarburants de seconde génération et utiliser désormais comme principale source de matières premières pour l'énergie non plus les terres arables, mais les forêts et les tourbières.
Selon le commissaire à l'énergie, Andris Piebalgs, "les biocarburants de seconde génération peuvent considérablement élargir les options en termes de matières premières et représenter une part de marché bien plus importante que la part de 5,75% prévue pour 2010 dans la directive sur les biocarburants."
Le commissaire à l'environnement, Stavros Dimas, a ajouté : "Les biocarburants de seconde génération semblent produire des niveaux beaucoup plus faibles d'émissions de gaz à effet de serre et avoir des impacts bien moins importants sur l'environnement que les biocarburants de première génération, qui dominent actuellement la production en Europe... Ils sont également plus prometteurs en termes de production et de réduction des coûts, car ils peuvent reposer sur les biodéchets avec moins d'utilisations finales contradictoires." Bien que la plupart des gouvernements considèrent la production de carburants de première génération comme une étape nécessaire en attendant des progrès dans les biocarburants de seconde génération, le gouvernement danois estime que le soutien aux biocarburants au niveau communautaire doit essentiellement porter sur le développement et la commercialisation des biocarburants de seconde génération plus rentables.
La ministre danois à l'environnement, Connie Hedegaard, a même critiqué ce qu'elle qualifie d'"engouement pour les biocarburants", indiquant : "Les gens pensent qu'il suffit qu'un produit obtienne un label "bio" pour être écologique."
Le président de Volkswagen, Dr. Bernd Pischetsrieder, souhaite que les politiques développent un modèle fiscal donnant la préférence aux biocarburants de seconde génération : "L'analyse actuelle concernant le caractère durable des biocarburants de première et de seconde générations n'est pas du tout satisfaisante, à la fois sur les plans économique et environnemental. Tous les biocarburants ne sont pas les mêmes : certains biocarburants de première génération correspondent plus à "un loup déguisé en agneau". Certains d'entre eux ont un équilibre en termes de CO2 encore plus mauvais que les carburants traditionnels et conservent quand même le nom de "biocarburant". Les biocarburants de première génération reçoivent des incitations fiscales de ressources budgétaires limitées, et représentent donc de mauvais investissements. On ne peut considérer cela comme durable dans le sens écologique ou économique du mot."
Les groupes écologiques soulignent également l'importance des biocarburants de seconde génération. Selon le WWF, "la demande en matières premières agricoles et autres pour la production de carburants de première génération a déjà changé de façon spectaculaire les schémas de production et d'échanges commerciaux", avec des conséquences sur l'environnement et sur les prix des denrées alimentaires. Selon l'organisme de protection de la nature, investir dans les biocarburants de seconde génération permettra de réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre, d'augmenter les profits et d'utiliser les terres de façon plus durable.
Jeremy Tomkinson, directeur du NNFCC (National Non-Food Crop Centre) au Royaume-Uni, partage ces préoccupations : "Si vous abattez de grands espaces de la forêt tropicale pour implanter des cultures d'huile de palme, non seulement l'huile de palme n'est pas très écologique, mais pensez aux conséquences sur la biodiversité de cet espace." Selon lui, les biocarburants de seconde génération sont la solution, mais deux obstacles doivent être surmontés avant : la technologie et les coûts. "Pour une conversion de la biomasse en carburants liquides au niveau mondial, il faut compter environ 200 millions de livres. Actuellement, une installation de 250 000 tonnes de biodiesel coûte environ 50 millions de livres; ça fait donc une grande différence pour la même quantité de carburant." Il considère toutefois que "la conversion BTL peut vraiment être la solution du futur," grâce à ses avantages sur le plan environnemental.
Cependant, les agriculteurs européens représentés par COPA-COGECA, pour qui les cultures pour les biocarburants constituent de nouvelles opportunités d'emploi, font pression pour obtenir des incitations plus fortes à produire du bioéthanol et à augmenter les quotas de biodiesel en diesel.