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L'industrie intensifie ses recherches pour répondre aux inquiétudes des scientifiques selon lesquelles le projet de réglementation européenne REACH ne protège pas suffisamment les humains contre les perturbateurs endocriniens et autres substances toxiques.
Le 12 décembre 2006, le projet de réglementation européenne REACH sur la sécurité des substances chimiques entrera au Parlement pour une seconde lecture cruciale. Il devra ensuite être approuvé par le Conseil des Ministres avant de devenir loi.
REACH (enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques) propose que les fabricants et les importateurs de substances effectuent des tests de santé et de sécurité sur environ 30 000 des 100 000 substances actuellement sur le marché européen. Ces tests s'étaleraient sur une période de 11 ans, à commencer par les substances chimiques produites ou importées en grandes quantités.
Le 20 novembre 2006, un groupe de 38 scientifiques a signé une lettre appelant l'UE à surveiller de plus près les substances chimiques et autres éléments toxiques de REACH entraînant des troubles hormonaux.
Les scientifiques ont exprimé leurs inquiétudes sur le fait que, dans le projet REACH tel qu'il est soutenu par le Conseil des Ministres, la charge de la preuve nécessaire avant de pouvoir faire entrer une substance chimique entraînant des troubles hormonaux dans le processus d'évaluation de REACH est trop lourde.
Le groupe WWF, qui a publié l'appel des scientifiques dans le cadre de sa campagne DetoX, a déclaré : "Les autorités voudraient attendre que les dégâts se produisent avant d'entreprendre une action quelconque".
Les scientifiques estiment dans cette lettre qu'une action préventive contre les perturbateurs hormonaux est justifiée car ils peuvent agir de manière additive, en combinaison avec d'autres substances "même si, isolés, de telles substances ne risquent guère de causer un impact grave aux niveaux d'exposition actuels".
Le débat sur le risque actuel pour la santé humaine par les substances chimiques est toujours âprement disputé.
L'UNICE estime que "de nombreuses incertitudes demeurent quant au lien direct ou indirect entre les substances chimiques et certaines maladies car de prestigieux scientifiques contredisent toujours d'autres prestigieux scientifiques".
Dans un mouvement conjoint, le 15 novembre 2006, l'UNICE a ouvert la troisième phase de son programme "Long-Range Research Initiative" (LRI) qui vise à mieux comprendre l'impact potentiel des substances chimiques sur la santé et l'environnement.
La récente initiative LRI examine trois thèmes prioritaires pour l'industrie chimique :
Dans un récent entretien avec EurActiv, Thomas Jostmann de l'UNICE a déclaré que "s'il y a présence d'une substance dans votre organisme, cela ne posait pas un risque immédiat" et que les niveaux de concentration avaient une "ampleur de détection de second rang plutôt qu'[ils ne présentaient] un profil de contamination réellement sérieux et pouvant entraîner un risque".
Pour Ninja Reineke, du WWF, le risque n'est peut-être pas immédiat mais pour certaines substances, c'est la gestion du temps qui importe et non les quantités. Des affections telles que la stérilité et le cancer sont connues pour se développer sur une longue période et à des lieux où les substances chimiques sont présentes en faibles quantités.
Ecrivant dans la revue spécialisée The Lancet, Dr. Philippe Grandjean, qui travaille au département de médecine environnementale de l'Université South Denmark, a exprimé ses inquiétudes sur le projet de législation européenne REACH, qui ne protège pas suffisamment les enfants à naître contre d'éventuels troubles du développement neurologique causés par certaines de ces substances (EurActiv 7/11/06).
Le 12 décembre 2006, le Parlement devrait voter en seconde lecture sur REACH avant que le projet ne soit approuvé en Conseil des Ministres