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Restant largement fidèle à la proposition initiale de la Commission, les ministres européens de l'environnement se sont mis d'accord le 28 juin 2007 sur les substances présentes dans les eaux de surface européennes, la question du stockage du mercure et de la restriction des exportations, en décalage avec le Parlement en faveur de normes plus strictes.
La question relative aux substances contenues dans l'eau entre dans le cadre de la directive sur les normes régissant la qualité de l'eau, une sous-directive ou une "directive-fille" par rapport à la directive-cadre dans le domaine de l'eau adoptée en 2000 et destinée à fondre le vaste ensemble de texte législatifs relatifs à la politique de l'eau en une stratégie globale (lire notre LinksDossier). En mai 2007, le Parlement a voté en faveur d'une augmentation considérable du nombre de substances dangereuses prioritaires, encourageant une élimination progressive d'un certain nombre de substances d'ici 2015 (EurActiv 23/05/07).
En ce qui concerne le mercure, le Parlement a voté à une large majorité, le 19 juin 2007, en faveur de l'interdiction à la fois des importations et des exportations des substances et l'élargissement de l'interdiction non seulement aux mercures métalliques mais également aux composés contenant du mercure. Une proposition encouragée par la Suède (EurActiv 06/06/07 et 20/06/07).
Les ministres se sont rencontrés pour débattre sur ces questions au Luxembourg, lors du dernier Conseil Environnement de la présidence allemande de l'UE (EurActiv 27/06/07).
Les discussions au Conseil se sont concentrées sur la question des pesticides, des métaux lourds et d'autres substances dans l'eau, notamment sur le nombre de substances "dangereuses prioritaires" et des limites de concentration qui leur sont appliquées dans les eaux de surface.
Le Conseil a décidé de ne pas accepter l'augmentation substantielle du nombre de substances dangereuses prioritaires souhaitée par le Parlement et de maintenir la liste originale de 33 de la Commission.
Selon la Commission, une "bataille difficile" avec le Parlement est à prévoir sur la question.
Rejetant le vote en première lecture du Parlement en faveur de l'interdiction des exportations à partir de 2010, le Conseil a maintenu la date originale de la Commission de 2011 et n'a pas débattu la proposition du Parlement d'une interdiction supplémentaire sur les importations, qui élimineraient de fait le commerce du mercure au sein de l'UE. Le Conseil a également décidé de ne pas appliquer l'interdiction aux composés du mercure.
Pour ce qui est du stockage, le Conseil a convenu qu'il fallait travailler davantage en faveur d'une méthode sûre pour l'élimination des substances et a décidé que les conditions juridiques devraient être adoptées avant que le stockage final n'est lieu. L'idée d'utiliser des mines de sel comme installations temporaires et potentiellement permanentes reste une possibilité.
Hormis la question relative au stockage, l'accord conclu au Conseil ne devrait pas recevoir un accueil chaleureux en deuxième lecture au Parlement. Selon la Commission, la décision sur le dossier sera certainement prise en conciliation.
Le Bureau européen de l'environnement (BEE) a exprimé "des regrets profonds" quant à la position du Conseil sur les normes régissant la qualité de l'eau, indiquant : "Cela permet aux pays de l'UE de déclarer que leurs eaux de surface ont atteint le 'bon état chimique' requis alors qu'elles peuvent en fait être encore très polluées".
Le BEE a également soutenu que le Conseil " a affaibli les principales dispositions du droit communautaire pour réduire la pollution a sa source. Selon la législation en vigueur, les pollueurs industriels doivent limiter leurs déversements dans l'eau afin de respecter les objectifs pour les écosystèmes de la législation sur l'eau. Le Conseil a éliminé dans la directive une référence essentielle qui aurait rendu les pollueurs industriels responsables de la limitation de leurs propres déversements".
Sur la question du mercure, la campagne pour un taux zéro de mercure du BEE considère que la non inclusion des composés du mercure dans l'interdiction des exportations est un "lacune" qui permettrait à "des centaines de tonnes de mercure d'être exportées indirectement de l'UE".
Concenrnant le stockage, Euro Chlor, qui représente l'industrie européenne de l'alcalin chloré, a indiqué que "les producteurs européens qui utilisent des cellules d'électrolyse à mercure étaient disposés à conclure un accord volontaire soutenu par la Commission en faveur d'un stockage sous-terrain sûr et permanent. Il apporterait une solution viable pour les 9 600 tonnes de métal en surplus provenant de 44 usines qui devraient être progressivement éliminés d'ici 2020".