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L'UE envisage un avenir 'vert' pour les entreprises [FR][en][de

Publié: mardi 12 juin 2007   

A l'approche d'une conférence de quatre jours sur les questions écologiques qui se tiendra à la Commission, les 27 ministres européens de l'environnement ont cherché à convaincre les entreprises qu'une politique environnementale ambitieuse était ce dont l'économie européenne avait besoin pour décoller.

Contexte:

Tirer les leçons des succès et échecs passés pour être en mesure de surmonter les défis environnementaux à venir de manière plus efficace, tel est l'objectif de la Semaine verte 2007, composée d'une conférence et d'une exposition annuelles consacrées à l'environnement et organisées par la Commission européenne.

L'accent sera certainement mis en priorité sur la lutte contre le changement climatique sachant que les gouvernements européens se sont engagés à réduire les émissions de CO2 de 20% d'ici 2020 et à aller encore plus loin si les Etats-Unis et d'autres puissances économiques s'engagent à atteindre un niveau de réduction d'émission comparable (EurActiv 9/03/07). 

L'événement se déroulera du 12 au 15 juin 2007 à Bruxelles, rassemblant les autorités publiques, les organisations internationales, le monde des affaires et les universitaires afin de discuter des principaux défis environnementaux que l'Europe doit relever aujourd'hui, à savoir le changement climatique, l'environnement et la santé, l'épuisement des ressources naturelles, la politique des déchets et la biodiversité, ainsi que leurs implications économiques et sociales.

A l'approche de la réunion, les ministres européens de l'environnement ont cherché à convaincre les entreprises européennes, de plus en plus préoccupées par l'impact de la lutte solitaire de l'UE contre le changement climatique, de leur capacité à rester compétitives sur la scène internationale. Pour cela, ils ont soutenu que la mise en place d'une politique environnementale ambitieuse était non seulement un devoir pour l'humanité mais qu'elle représentait également une opportunité économique remarquable tout en entrant dans le cadre de "la modernisation de l'économie".

Positions:

Les ministres européens de l'environnement ont indiqué lors d'une rencontre informelle à Essen le 2 juin 2007 que les technologies environnementales et les éco-innovations constituaient "l'un des principaux piliers de l'économie européenne" et présentaient de grandes opportunités pour le commerce mondial, offrant un marché avoisinant les 1 000 milliards d'euros.

Ils ont ajouté : "Face à l'évolution de la population, la progression de la mondialisation et la concurrence de pays de plus en plus avancés technologiquement en matière de croissance et d'emploi, la capacité de pénétration des marchés "verts" deviendra certainement un élément-clé de la réussite économique". Ils ont par ailleurs promis de réviser au printemps 2008 la stratégie de Lisbonne de l'UE pour la croissance et l'emploi, pour qu'elle reflète mieux la dimension environnementale de la politique industrielle de l'Europe.

Les ministres ont précisé : "Les efforts de l'Europe pour devenir l'économie la plus compétitive doivent être révisés. La compétitivité économique de demain dépendra, dans une large mesure, de l'efficacité énergétique et de la gestion des ressources". La capacité de l'Europe à développer des solutions technologiques appropriées déterminera déterminera son positionnement économique dans le monde. La clé de l'emploi, de la croissance et de la richesse à venir ainsi que celle de la protection environnementale, résidera dans une éco-innovation rapide et efficace".

Alors que les fédérations professionnelles européennes sont conscientes des problèmes liés au changement climatique et qu'elles se sont engagées à trouver une solution, elles se montrent toujours préoccupées par l'intention de l'Europe de faire cavalier seul.

L'association européenne des PME (UEAPME) a indiqué que la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'augmentation du recours à des sources d'énergie renouvelable "pourraient encourager l'innovation et atténuer les dégâts environnementaux à long terme. Cependant, ces mesures pourraient également accroître les coûts et affaiblir la compétitivité des entreprises à court terme". L'association a appelé l'UE à trouver un consensus de niveau mondial tout en évitant de prendre "des mesures inégales, qui pourraient apporter des avantages dans le domaine environnemental mais nuire à la compétitivité de l'Europe".

L'association a également souligné : "L'Europe ne peut pas 'faire cavalier seul'. L'Europe, notamment sans les Etats-Unis, ne pourra pas avoir un impact sur le climat, mais elle portera atteinte à la compétitivité économique".

Elle a appelé à la rationalité économique dans la promotion des énergies renouvelables, encourageant vivement l'orientation des investissements, de la recherche et des subventions vers les énergies renouvelables, sans discrimination négative envers les petits projets décentralisés : "L'Europe doit créer un environnement règlementaire qui détermine les bonnes mesures incitatives".

Le président de BusinessEurope, Ernest-Antoine Seillière, s'est montré d'accord sur le fait que "des mesures unilatérales ne résoudraient pas les questions environnementales mondiales, alors qu'elles pourraient certainement porter atteinte au positionnement des industries européennes sur le marché mondial. Pour parvenir à un véritable développement durable, la diplomatie européenne en matière de changement climatique devra trouver une stratégie globale et inclure les acteurs clés. Ce n'est qu'à ce moment-là que le leadership de l'Europe aura un réel impact sur la protection mondiale de l'environnement et que l'Europe pourra profiter des avantages compétitifs de la solidité de ses industries orientées vers l'éco-innovation".

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