Sections
Mini Sections
Les responsables des élections en Moldavie ont déclaré qu’ils procèderont demain (15 avril) au recompte des voix, après que le président communiste du pays a exigé cette procédure dans un contexte de violentes manifestations suite aux élections générales de la semaine dernière. Les groupes issus de la société civile ont averti que les conditions étaient idéales à la constitution d’un régime policier et dictatorial.
Les Communistes, déjà au pouvoir, ont remporté les élections du 5 avril, mais l’opposition estime que le vote était truqué. Environ 10 000 manifestants sont descendus dans la rue, et certains d’entre eux ont attaqué le bureau du président et mis à sac le Parlement (EurActiv 08/04/09).
La Transnistrie, une région moldave à l’est de la rivière Dniestr, a été considérée comme une zone de « conflit gelé » depuis la désintégration de l’Union soviétique. Ethniquement, la population est majoritairement russe et ukrainienne. Bien qu’internationalement, la Transnistrie fait partie de la Moldavie, ses autorités n’y exercent de facto aucune autorité.
Le président de la Moldavie est élu par le Parlement à une majorité de trois cinquièmes. En 2001, le Parti communiste a élu l’un de ses membres, Vladimir Voronin, et il a été réélu en 2005. Au terme de ses deux mandats, il doit maintenant se retirer.
Le parti communiste moldave a été pendant un temps résolument pro-russe, mais a évolué suite à l’impasse de la Transnistrie. Il cherche désormais à resserrer les liens avec l’Union européenne et à renouer de bonnes relations avec la Russie, dont il dépend pour le gaz et d’autres approvisionnements.
Les médias moldaves considèrent le Premier ministre moldave actuel, Zinaida Greceanîi, proche de M. Voronin, comme la probable candidate des communistes au poste de président.
La Moldavie entre dans le cadre de la politique européenne de voisinage (voir LinksDossier d’EurActiv). Son dirigeant devrait être présent le 7 mai, lors du lancement du Partenariat oriental au sommet européen de Prague (EurActiv 08/12/08).
Les élections parlementaires du 5 avril été observées par une mission conjointe composée de représentants du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE, de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et du Parlement européen.
Les partis d’opposition, libéraux et pro-occidentaux, ont prétendu que le Parti communiste avait truqué les listes d’électeurs pour s’assurer la victoire lors des élections parlementaires de la semaine dernière en Moldavie.
La Cour constitutionnelle du pays a ordonné à la Commission centrale des élections de procéder à un recompte, après en avoir reçu la demande de l’expérimenté président communiste Vladimir Voronin.
M. Voronin a accusé ses adversaires d’organiser des manifestations violentes dans le cadre d’un coup d’Etat fomenté par la Roumanie (EurActiv 09/04/09), mais cherche, par ce recompte, à restaurer la confiance. L’opposition exige la tenue de nouvelles élections et a pris ses distances avec les actes de violence.
La procédure ne prendra qu’un seul jour, a expliqué Eugeniu Stirbu, président de la commission des élections aux journalistes après le verdict de la Cour en faveur du recompte. Il a déclaré que les conseils de districts compteraient les voix et soumettraient leurs chiffres à la commission.
Stefan Creanga, des Libéraux-démocrates, un des trois partis d’opposition sur le point de gagner des sièges au Parlement, a affirmé que la majeure partie des efforts se focaliseraient sur les listes d’électeurs.
Une journée est suffisante pour recompter les votes ; le jour des élections, ça a été fait en trois heures, a-t-il déclaré. Pour nous, il est plus important de vérifier les listes, a-t-il poursuivi ; nous sommes en train d’obtenir une copie des listes, et nous présenterons à la commission un rapport sur les fraudes électorales.
Les partis d’opposition prétendent que les listes ont inclus un grand nombre de noms de Moldaves décédés ou travaillant à l’étranger, mais dont les voix ont été comptées en leur nom le jour de l’élection.
Un témoin oculaire des évènements, interrogé par EurActiv la semaine passée, a rapporté des rumeurs du substitution des urnes dans la périphérie de Chisinau. Le témoin oculaire a indiqué que des évènements étranges se produisaient dans la région de Balti, la seconde plus grande ville du pays, où apparemment tous les fermiers étaient venus voter après 19h, contrairement à leur habitude de voter tôt le matin (EurActiv 08/04/09).
En parallèle, l’opposition a organisé dimanche (12 avril) un rassemblement de 5 000 personnes dénonçant les mauvais traitements aux manifestants arrêtés, infligés après la mise à sac des bâtiments officiels.
Les résultats du scrutin de la semaine dernière ont donné aux Communistes presque 50 % des voix et 60 sièges – soit un de moins que le nombre requis pour assurer la victoire lorsque l’assemblée se réunira plus tard pour élire le président.
M. Voronin, qui a appelé à une plus grande intégration à l’Ouest, tout en conservant les liens l’unissant de longue date à la Russie, a effectué deux mandats consécutifs et ne peut plus se présenter. Il a déclaré qu’il souhaitait rester dans un rôle de décideur quelconque.
Le président s’est récemment rapproché du Kremlin et a salué ses efforts pour aider à la résolution de la rébellion qui agite depuis 18 ans la région séparatiste russophone de Transnistrie, en Moldavie.
La société civile avertit d’une menace de dictature
Nous considérons que les conditions préalables étaient idéales à la constitution d’un régime policier et dictatorial en République de Moldavie, peut-on lire dans une déclaration rédigée par un certain nombre de représentants de la société civile que s’est procuré EurActiv.
Les auteurs déclarent que la manifestation, globalement pacifique, a été utilisée afin de provoquer des actes criminels et violents, qui se sont conclus par la dévastation du Parlement et des bâtiments présidentiels. Ils qualifient d’inadmissibles les tentatives des Communistes au pouvoir de tout présenter comme une sorte d’acte criminel.
Le chef de l’Etat porte des accusations extrêmement graves contre certains leaders politiques, décrivant leurs actions comme un « coup d’Etat », ou comme un complot anticonstitutionnel, avant toute enquête ou jugement à cet égard, peut-on encore lire dans la déclaration. De telles accusations tendent à renforcer les tensions et polariser la société moldave, poursuit-elle. En faisant porter la responsabilité des évènements récents à l’opposition politique et à la Roumanie, les autorités créent un ennemi interne et externe, qui pourrait être utilisé à des fins de justification des échecs gouvernementaux, conclut la déclaration.
(EurActiv avec Reuters. Ce texte a été traduit de l’anglais par EurActiv).