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Le pro-russe Ianoukovitch prend la tête des élections ukrainiennes [FR]

Publié 18 janvier 2010 - Mis à jour 03 février 2010
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Russia Ukraine
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Le 7 février, l’Ukraine connaîtra le second tour de son élection présidentielle entre le dirigeant de l’opposition Viktor Ianoukovitch et la première ministre populiste Ioulia Timochenko après un premier tour qui n’a pas permis de départager les candidats, selon les premiers résultats officiels dévoilés lundi.

L’élection va déterminer comment l’Ukraine, ancienne république soviétique de 46 millions d’habitants, coincée entre l’UE et la Russie, va manier les relations avec ses puissants voisins. Elle va peut-être également aider à débloquer les aides du FMI gelées destinées à son économie en difficulté.

Après avoir compté 25 % des bulletins de vote, la commission centrale électorale a déclaré que M. Ianoukovitch arrivait en tête avec 38 % des voix, suivi par Mme Tymochenko avec 24 %. Le décompte devait continuer dans la nuit.

Après avoir compté 60% des bulletins, le président sortant Viktor Iouchtchenko a obtenu 4,97 % des voix, selon la presse ukrainienne.

Les analystes pensent que Mme Tymochenko va rassembler une plus grande proportion des voix au second tour et que M. Ianoukovitch pourrait avoir du mal à attirer les électeurs, en dehors de sa base de soutien dans l’est russophone du pays.

Mme Tymochenko, 49 ans, a aidé à mener la révolution orange pro-occidentale contre la victoire truquée de M. Ianoukovitch aux élections présidentielles de 2004. Sa cote de popularité est plus forte dans l’ouest du pays pro-européen.

Alors que les résultats de sortie des urnes sont arrivés dimanche, Mme Tymochenko les a reçus comme une preuve que M. Ianoukovitch n’avait aucune chance lors du second tour du 7 février et a demandé à s’entretenir avec les candidats éliminés.

A partir d’aujourd’hui je suis prête à discuter pour que nous puissions aller de l’avant en unissant les forces démocratiques, a-t-elle confié à des journalistes.

Stratégie d’élimination

Andrew Wilson, politologue de renom à l’European Council on Foreign Relations, a dit que le sondage clé était celui qui avait été organisé par le « National Exit Poll Consortium » qui a montré une différence de 4 points seulement entre les deux candidats favoris.

La stratégie de M. Ianoukovitch était de faire tomber Mme Tymochenko au premier tour en arrivant largement en tête, a-t-il dit. Cette stratégie n’a clairement pas payé, de quelque manière que ce soit. La plupart des autres candidats semblent se tourner vers elle. Il n’a aucune réserve de voix.

Deux candidats, arrivés 3 et 4èmes, l’ancien président de la banque centrale Serhiï Tihipko et l’ancien président du Parlement Arseniy Iatseniouk ont dit qu’ils ne soutiendraient aucun candidat lors du second tour.

Un assistant de Mme Tymochenko, une populiste qui a fait fortune pendant ses années dans l’industrie gazière, a cependant affirmé que son parti espérait rencontrer Serhiï Tihipko, qui aurait jusqu’ici rassemblé 12 % des voix, dans les jours à venir.

La désillusion politique largement répandue et la colère qu’a engendrée la profonde crise économique ont marqué ce vote.

Les électeurs semblent avoir puni l’actuel président Viktor Iouchtchenko, l’un des architectes de la révolution orange, le récent conflit politique interne.

Les deux candidats en tête se sont engagés à chercher à construire de meilleures relations avec la Russie voisine, fournisseuse d’énergie, en partie pour éviter les démêlés qui ont eu lieu ces dernières années et qui ont conduit à une réduction de l’approvisionnement ayant affecté une partie de l’Europe.

M. Ianoukovitch veut une Ukraine forte et indépendante, suivant une voie neutre, sans rejoindre l’OTAN ou un autre bloc. Il a attaqué M. Iouchtchenko sur ses politiques excessivement provocatrices à l’égard de la Russie et a affirmé que le réel ennemi de l’Ukraine était la pauvreté. 

Son parti des régions est allié au parti de la Russie unie du Kremlin mais M. Ianoukovitch a prudemment évité de passer pour le complice de Moscou en cette période.

Il a été terni par un scandale en 2004, lorsqu’il a initialement crié victoire dans une élection entachée par les allégations de fraude et a été par conséquent mis de côté par la révolution orange.

Bien que Mme Tymochenko ait eu à l’origine des relations tumultueuses avec la Russie, elle a tenté de réparer ses liens avec le Kremlin récemment. Le premier ministre russe Vladimir Poutine l’a décrite comme une personne avec laquelle Moscou peut faire des affaires.

EurActiv avec Reuters, traduit de l’anglais par EurActiv.

Réactions : 

Si les résultats reflètent la réalité, alors Mme Tymochenko a de fortes chances de remporter le second tour, a dit l’analyste indépendant Oleksander Dergachev. M. Ianoukovitch a presque reçu le niveau maximum de soutien et n’a jamais excédé les 40 %. Nombreux sont ceux qui ne lui font pas confiance, a-t-il ajouté.

Les voix en faveur de Viktor Iouchtchenko (président sortant) et Arseniy Iatseniouk (ancien ministre des affaires étrangères et candidat à la présidentielle) vont tous aller à Mme Tymochenko, a expliqué M. Dergachev.

Il n’y a  pas eu de surprise. On avait prédit qui seraient les trois candidats en tête du vote, a dit Mykhailo Pogrebyinskiy du  « Kiev Centre for Political and Conflict Studies » (centre pour la politique et l’étude des conflits).

Toutefois, Mme Tymochenko a, comme auparavant, réussi à obtenir des voix supplémentaires au dernier moment. Les sondages d’opinion ont montré une différence de 10 %.

M. Ianoukovitch est le favori du second tour, mais sans l’avantage qu’on prévoyait auparavant. Le suspense continue, a conclu M. Pogrebyinskiy.

Yuri Yakimenko, analyste au Centre Razoumkov, a affirmé : les réultats ont montré que les principales prédictions se sont réalisées et il n’y a pas eu de surprise. La faible différence entre les candidats laisse une chance à chacun de gagner le second tour.  Le sondage clé est celui de « Democratic Initiatives », qui montre une différence d’environ 4 %, a dit Andrew Wilson, politologue à l’European Council on Foreign Relations

La stratégie de M. Ianoukovitch était de faire tomber Mme Tymochenko en un tour en arrivant largement en tête, a-t-il dit. Cette stratégie n’a clairement pas payé, de quelque manière que ce soit. La plupart des autres candidats semblent se tourner vers elle. Il n’a aucune réserve de voix, a ajouté M. Wilson.

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Contexte : 

Il y a eu trois élections en Ukraine de 2004 à 2007 et d’autres élections auraient pu avoir lieu en 2008 avant que le président n’annule l’ordre de dissolution du Parlement.

Viktor Iouchtchenko a été élu président en 2004 après des semaines de grandes « manifestations oranges » contre les fraudes du scrutin, qui ont engendré des politiques visant à faire sortir l’Ukraine de l’ombre de son voisin géant, la Russie.

Le dirigeant de l’opposition pro-russe Viktor Ianoukovitch avait été à l’origine déclaré comme vainqueur, mais le résultat s’est inversé et M. Iouchtchenko a gagné après un nouveau vote.

La plus grande partie du conflit interne au sein du « camp orange » concernait l’antagonisme entre M. Iouchtchenko et son ancienne alliée Mme Tymochenko.

M. Iouchtchenko a en premier lieu nommé Mme Tymochenko première ministre en 2005. Il l’a renvoyée de son gouvernement quelques mois plus tard, estimant que la croissance économique avait ralenti sous son mandat. M. Iouchtchenko a tenté de conclure un accord avec M. Ianoukovitch en août 2006 mais a ensuite dissout le Parlement, accusant l’homme politique pro-russe de vouloir le déloger.

Mme Tymochenko est redevenue première ministre en décembre 2007, après que son parti et celui de M. Iouchtchenko ont gagné de façon combinée 228 sièges parmi les 450 du parlement.

Mme Tymochenko a demandé au président de démissionner à maintes reprises. Les dirigeants européens ont fait souvent part de leur amertume concernant le conflit politique interne inopportun entre les deux anciens alliés de la révolution orange  (EurActiv 04/09/08).

18 candidats ont déposé des documents pour être enregistrés en tant que candidats. A la toute fin de sa campagne, Mme Tymochenko a promis que son pays deviendrait membre de l’UE si elle est élue présidente (EurActiv 15/01/10).

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