L’élection va déterminer comment l’Ukraine, ancienne république soviétique de 46 millions d’habitants, coincée entre l’UE et la Russie, va manier les relations avec ses puissants voisins. Elle va peut-être également aider à débloquer les aides du FMI gelées destinées à son économie en difficulté.
Après avoir compté 25 % des bulletins de vote, la commission centrale électorale a déclaré que M. Ianoukovitch arrivait en tête avec 38 % des voix, suivi par Mme Tymochenko avec 24 %. Le décompte devait continuer dans la nuit.
Après avoir compté 60% des bulletins, le président sortant Viktor Iouchtchenko a obtenu 4,97 % des voix, selon la presse ukrainienne.
Les analystes pensent que Mme Tymochenko va rassembler une plus grande proportion des voix au second tour et que M. Ianoukovitch pourrait avoir du mal à attirer les électeurs, en dehors de sa base de soutien dans l’est russophone du pays.
Mme Tymochenko, 49 ans, a aidé à mener la révolution orange pro-occidentale contre la victoire truquée de M. Ianoukovitch aux élections présidentielles de 2004. Sa cote de popularité est plus forte dans l’ouest du pays pro-européen.
Alors que les résultats de sortie des urnes sont arrivés dimanche, Mme Tymochenko les a reçus comme une preuve que M. Ianoukovitch n’avait aucune chance lors du second tour du 7 février et a demandé à s’entretenir avec les candidats éliminés.
A partir d’aujourd’hui je suis prête à discuter pour que nous puissions aller de l’avant en unissant les forces démocratiques, a-t-elle confié à des journalistes.
Stratégie d’élimination
Andrew Wilson, politologue de renom à l’European Council on Foreign Relations, a dit que le sondage clé était celui qui avait été organisé par le « National Exit Poll Consortium » qui a montré une différence de 4 points seulement entre les deux candidats favoris.
La stratégie de M. Ianoukovitch était de faire tomber Mme Tymochenko au premier tour en arrivant largement en tête, a-t-il dit. Cette stratégie n’a clairement pas payé, de quelque manière que ce soit. La plupart des autres candidats semblent se tourner vers elle. Il n’a aucune réserve de voix.
Deux candidats, arrivés 3 et 4èmes, l’ancien président de la banque centrale Serhiï Tihipko et l’ancien président du Parlement Arseniy Iatseniouk ont dit qu’ils ne soutiendraient aucun candidat lors du second tour.
Un assistant de Mme Tymochenko, une populiste qui a fait fortune pendant ses années dans l’industrie gazière, a cependant affirmé que son parti espérait rencontrer Serhiï Tihipko, qui aurait jusqu’ici rassemblé 12 % des voix, dans les jours à venir.
La désillusion politique largement répandue et la colère qu’a engendrée la profonde crise économique ont marqué ce vote.
Les électeurs semblent avoir puni l’actuel président Viktor Iouchtchenko, l’un des architectes de la révolution orange, le récent conflit politique interne.
Les deux candidats en tête se sont engagés à chercher à construire de meilleures relations avec la Russie voisine, fournisseuse d’énergie, en partie pour éviter les démêlés qui ont eu lieu ces dernières années et qui ont conduit à une réduction de l’approvisionnement ayant affecté une partie de l’Europe.
M. Ianoukovitch veut une Ukraine forte et indépendante, suivant une voie neutre, sans rejoindre l’OTAN ou un autre bloc. Il a attaqué M. Iouchtchenko sur ses politiques excessivement provocatrices à l’égard de la Russie et a affirmé que le réel ennemi de l’Ukraine était la pauvreté.
Son parti des régions est allié au parti de la Russie unie du Kremlin mais M. Ianoukovitch a prudemment évité de passer pour le complice de Moscou en cette période.
Il a été terni par un scandale en 2004, lorsqu’il a initialement crié victoire dans une élection entachée par les allégations de fraude et a été par conséquent mis de côté par la révolution orange.
Bien que Mme Tymochenko ait eu à l’origine des relations tumultueuses avec la Russie, elle a tenté de réparer ses liens avec le Kremlin récemment. Le premier ministre russe Vladimir Poutine l’a décrite comme une personne avec laquelle Moscou peut faire des affaires.
EurActiv avec Reuters, traduit de l’anglais par EurActiv.



