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4 décembre 2009
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Le Sommet approuve l'« Union pour la Méditerranée » [FR][en][de

Publié: vendredi 14 mars 2008   

Les dirigeants européens ont donné leur feu vert au compromis, auquel sont parvenus le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, concernant création d’une « Union pour la Méditerranée », une initiative visant à améliorer les relations de l’UE avec ses voisins de l’Afrique du nord et du Moyen-Orient.

Contexte:

Les relations européennes avec ses voisins non européens de la Méditerranée ont jusqu’ici été abordées dans le cadre du processus de Barcelone, qui concerne l’Algérie, l’Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, l’Autorité palestinienne, la Syrie, la Tunisie et la Turquie. La Libye a, pour sa part, un statut d’observateur.

Le budget européen prévoit d’investir environ 16 milliards d’euros en faveur de la coopération avec les pays méditerranéens non européens jusqu’en 2013.

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La nouvelle Union se concentrera principalement sur des domaines suivants :

  • améliorer l’approvisionnement énergétique ; 
  • lutter contre la pollution de la Méditerranée ; 
  • renforcer la surveillance du trafic maritime et la « coopération en matière de sécurité civile » ;
  • créer un programme d’échange Erasmus méditerranéen pour les étudiants, et ;
  • créer une communauté scientifique entre l’Europe et ses voisins du Sud.

A l’origine, Nicolas Sarkozy avait envisagé la nouvelle Union comme un club exclusif, impliquant uniquement les pays méditerranéens de l’UE et ses voisins et non l’ensemble de l’UE.

Mais cette proposition a suscité de vives critiques, particulièrement de la part de l’Allemagne, qui craignait que le plan ne divise l’UE, la nouvelle Union devenant un rival à l’Europe.

Finalement, Nicolas Sarkozy a dû revenir sur cette proposition et permettre aux 27 Etats membres de l’UE de participer à cette initiative (EurActiv 05/03/08). 

Il a également accepté de modifier le titre original d’ « Union méditerranéenne » en « Union de la Méditerranée » afin d’apaiser les craintes que la nouvelle alliance ne devienne un rival de l’UE.

L’Allemagne a également obtenu gain de cause en maintenant son approche selon laquelle seuls les fonds alloués dans le cadre du processus de Barcelone devraient être attribués, répondant ainsi aux demandes franco-italiennes pour multiplier le financement de la nouvelle Union.

Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il avait l’intention de chercher des sources de financement supplémentaires auprès du secteur privé, espérant obtenir jusqu’à 14 milliards d’euros.

Un autre élément du compromis concerne la structure de gestion de l’Union, qui sera composée de deux directeurs chargés de coordonner la coopération entre l’UE et les pays partenaires. Un directeur proviendra d’un Etat membre de l’UE et l’autre d’un pays non européen de la Méditerranée.

Ils seront tous les deux nommés pour deux ans, soutenus par un secrétariat de 20 personnes, et seront établis dans une ville du sud de l’UE qui reste encore à déterminer. Barcelone et Marseille ont été mentionnées comme villes potentielles, selon Nicolas Sarkozy, qui a nié avoir approuvé le choix de la ville française.

L’accord prévoit également des réunions au sommet biannuelles entre l’UE et ses pays partenaires. Les nations du sud de l’UE présideront les premiers sommets de la nouvelle Union, vu comme une victoire partielle pour Paris.

Positions:

Le président français Nicolas Sarkozy a applaudi l’accord en affirmant que « l’Europe ne tourne plus le dos à l’Union méditerranéenne ».

Il a rejeté les critiques selon lesquelles il avait planifié l’Union comme un projet exclusivement français. Il a affirmé qu’il n’avait pas en tête d’exclure les Etats européens et qu’il ne l’avait jamais considéré cette Union comme un rival de l’UE. Cependant, il a admis qu’un compromis devait être trouvé avec les pays de l’UE qui ne sont pas situés dans la région et qu’il comprenait parfaitement que ceux-ci veulent être impliqués. M. Sarkozy a remercié Mme Merkel pour son soutien à l’Union et s’est réjoui qu’elle défende ce projet et que ceci constitue la preuve de l’axe franco-allemand.

La chancelière allemande Angela Merkel a expliqué pourquoi elle approuvait finalement la création d’une nouvelle Union en reconnaissant que le processus de Barcelone ralentissait et avait besoin d’être revitalisé. Elle a aussi ajouté qu’il est nécessaire pour l’Union d’avoir plus de poids politique et d’être mieux soutenue par les Etats membres. Malgré son accord, elle n’a pas encore décidé si elle participera au sommet pour la création officielle de l’Union qui doit avoir lieu à Paris le 13 juillet avec tous les membres.

Hans-Gert Pöttering, le président du Parlement européen, a déclaré qu’il est important qu’une Union méditerranéenne, quelque soit sa forme, renforce et fasse avancer le processus de Barcelone. Selon lui, il est hors de question d’établir une Union qui serait en concurrence avec le processus de Barcelone ou qui aurait même sa propre structure institutionnelle. Il a ajouté que tous les Etats membres et toutes les institutions de l’UE doivent être impliqués dans ce processus, et que ceci implique naturellement le Parlement européen.

Selon Janez Jansa, Premier ministre slovène, dont le pays préside l’UE actuellement, il est maintenant question de faire le nécessaire pour que ce projet voie le jour. Interrogé sur le futur du processus de Barcelone, il a déclaré qu’il n’est pas question de l’enterrer, de partir de zéro. Il s’agit simplement de le remettre à jour. Il a ajouté : les temps ont changé, il faut s’adapter.

Le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer a exprimé son inquiétude car les petits Etats membres ne sont pas consultés. Il a déclaré : « ce qui compte pour eux ce n’est pas de se retrouver autour d’un barbecue réservé à quelques Etats membres ».

Michael Emerson du Centre des Etudes politiques européennes (CEPS) considère le nouveau projet comme une opportunité de rationaliser et de revitaliser les politiques actuelles de l’UE envers l’union méditerranéenne qui est pris dans un contexte léthargique laborieux.

Prochaines étapes:

  • 13 Juillet 2008  : L'"Union pour la Méditerranée" sera officiellement créée lors d'un sommet spécial à Paris. Lors du Sommet de printemps la Commission a été appelée à souligner les arrangements pour la cérémonie de lancement. 

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