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2 décembre 2009
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La tension monte entre la Moldavie et la Roumanie [FR][en

Publié: jeudi 9 avril 2009   

Le président roumain a rencontré hier (8 avril) à Bucarest le Premier ministre et les services secrets afin de discuter de la situation dans la Moldavie voisine, suite aux violentes manifestations qui ont éclaté après les élections de dimanche, selon EurActiv Roumanie. Bucarest a vivement rejeté les accusations d’ingérences proférées par le président moldave. 

Contexte:

La Moldavie est une ancienne république soviétique, et faisait partie de la Roumanie avant d’être annexée par l’Union soviétique lors de la Seconde guerre mondiale. Elle est enclavée entre la Roumanie et l’Ukraine. Les Moldaves parlent roumain, bien que la constitution du pays le désigne par les termes de « langue moldave ». Le russe est également largement parlé.

La Transnistrie, une région moldave à l’est de la rivière Dniestr, a été considérée comme une zone de « conflit gelé » depuis la désintégration de l’Union soviétique. Ethniquement, la population est majoritairement russe et ukrainienne. Bien qu’internationalement, la Transnistrie fait partie de la Moldavie, ses autorités n’y exercent de facto aucune autorité.  

Le président de la Moldavie est élu par le Parlement à une majorité de trois cinquièmes. En 2001, le Parti communiste a élu l’un de ses membres, Vladimir Voronin, et il a été réélu en 2005. Au terme de ses deux mandats, il doit maintenant se retirer. 

Le parti communiste moldave a été pendant un temps résolument pro-russe, mais a évolué suite à l’impasse de la Transnistrie. Il cherche désormais à resserrer les liens avec l’Union européenne et à renouer de bonnes relations avec la Russie, dont il dépend pour le gaz et d’autres approvisionnements. 

Les médias moldaves considèrent le Premier ministre moldave actuel, Zinaida Greceanîi, proche de M. Voronin, comme la probable candidate des communistes au poste de président. 
La Moldavie entre dans le cadre de la politique européenne de voisinage (voir LinksDossier d’EurActiv). Son dirigeant devrait être présent le 7 mai, lors du lancement du Partenariat oriental au sommet européen de Prague (EurActiv 08/12/08). 

Les élections parlementaires de dimanche ont été observées par une mission conjointe composée de représentants du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme (BIDDH) de l’OSCE, de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et du Parlement européen. 

A lire aussi:

Autres articles:

Mercredi, le président communiste de Moldavie, Vladimir Voronin, a accusé la Roumanie voisine d’essayer de renverser son gouvernement et a ordonné l’arrestation en masse de manifestants, dans le pays le plus pauvre d’Europe. 

Il a déclaré que la Roumanie refuse de reconnaître la frontière et cherche à annexer la Moldavie.

Quand le drapeau roumain a été hissé sur les bâtiments de l’Etat, les tentatives de coup d’Etat de l’opposition sont devenues claires, a affirmé M. Voronin.

En fait, les drapeaux de la Roumanie et de la Moldavie sont quasiment identiques en ce qui concerne les couleurs bleu, jaune et rouge. La seule différence réside dans la présence d’un emblême au milieu du drapeau moldave. Lors de la révolution roumaine de 1989, le drapeau de la République socialiste de Roumanie de l’époque comprenait également un emblême, que les révolutionnaires ont rejeté. 

Chisinau soutenue par Moscou

M. Voronin s’est attaché un fort soutien de la Russie, laquelle a déclaré que les émeutes visaient à ébranler la souveraineté de la Moldavie.

Nous pouvons tous constater sous quels drapeaux ont été commis ces actes scandaleux et nous espérons que l’Union européennne tirera les conclusions les plus sérieuses de ces évènements, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à Moscou. 

A la suite d’une réunion organisée par le président rouman Traian Băsescu, le Premier ministre Emil Boc a rejeté catégoriquement les accusations, portées par les autorités moldaves, selon lesquelles Bucarest interférait dans les affaires internes de son voisin. 

Selon, M. Boc, la Roumanie considère ces accusations comme provocantes et estime inacceptable le fait que les autorités de Chisinau transfèrent leur problèmes intérieurs en Roumanie.

L’UE est jusqu'à présent circonspecte

Les diplomates occidentaux cités par Reuters ont estimé qu’il était encore trop tôt pour estimer si la colère de la rue provoquée par les rumeurs de trucage des votes lors des élections du week-end remportées par les gouvernants actuels, mènera ou non à un changement de pouvoir, comme cela s’est produit en Géorgie, en Ukraine et dans d’autres ex-Etats soviétiques. 

L’UE devrait agir, et agir maintenant, a affirmé Andrew Wilson, du bureau londonien du Conseil européen des relations étrangères (ECFR), pressant le chef de la politique étrangère de l’UE, Javier Solana,de se rendre en Moldavie pour y agir comme médiateur entre le gouvernement et l’opposition. 

Mais oui, en effet, cela pourrait bien embêter la Russie, a-t-il ajouté. 

Les réactions européennes aux évènements de Moldavie sont jusqu’ici restées prudentes. 

L’UE a convenu d’envoyer un émissaire spécial à la capitale, Chisinau, afin de surveiller les évènements, sans qu’il ait été été question de lui faire jouer un rôle direct, selon un diplomate proche des discussions. Dans la situation actuelle, il est d’importance vitale d’assurer le respect de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, a déclaré la présidence tchèque de l’UE. 

(EurActiv avec Reuters. Ce texte a été traduit de l’anglais par EurActiv.)

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