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UE-Russie : lutte d’influence discrète en Europe de l’Est [FR]

Publié 11 février 2009
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Une lutte discrète prend de l’ampleur entre l’UE et la Russie : les deux parties se battent en effet pour l’allégeance à long terme des Etats d’Europe de l’Est. C’est ce qu’a révélé le président de la chambre économique d’Autriche.

Christoph Leitl a déclaré que l’UE devait multiplier par quatre l’aide financière destinée aux pays d’Europe de l’Est pour compenser l’influence de longue date qu’exerce la Russie dans la région. 

Un important paquet d’aide est nécessaire pour aider les pays d’Europe de l’Est – tant dans l’UE qu’au-delà de ses frontières orientales – et pour sauvegarder ainsi les intérêts stratégiques de l’Europe, a-t-il ajouté.

La Russie aide les pays d’Europe de l’Est d’une manière très efficace, a souligné M. Leitl, indiquant que les mesures prises par Moscou visent à rapprocher ces pays de la Russie. Il y a selon lui une concurrence entre l’UE et la Russie pour déterminer à quelle famille appartiendront les nations d’Europe de l’Est. 

Il s’agit pour M. Leilt d’une question cruciale. C’est dans notre intérêt politique à long terme de montrer de la solidarité envers nos voisins, a-t-il déclaré. 

Les commentaires de M. Leitl interviennent alors que la Chambre économique fédérale autrichienne et la Chambre de commerce polonaise ont tenu une conférence conjointe pour lancer un plan de relance pour l’Europe de l’Est. 

Le paquet, qui est semblable aux propositions mises en avant par le gouvernement autrichien, enjoint l’UE d’augmenter de 25 à 100 milliards d’euros son aide destinée aux pays d’Europe de l’Est, et ce en développant sensiblement le concours financiers au titre de la balance des paiements. 

50 milliards d'euros devraient être mis à la disposition des politiques de préadhésion et de voisinage des pays de cette région, selon M. Leitl, qui considère que la stabilisation de ces pays est stratégiquement importante pour l’UE. 

Les Etats membres d’Europe de l’Est ont été touchés plus sévèrement que certaines économies occidentales stables, a fait remarquer M. Leitl. C’est notre responsabilité commune de s’occuper des plus faibles, a-t-il ajouté. 

L’Est offre à l’Europe les meilleures perspectives de croissance à long terme, selon M. Leitl. Nous avons besoin les uns des autres, ce qui signifie que nous devons être solidaires, a-t-il souligné, ajoutant que cela signifie également mettre en place sans plus tarder un paquet de sauvetage financier.

De plus, il a appelé les Etats membres de la région baltique et celle du Sud-Est de suivre l’exemple des paquets de sauvetages des banques utilisés par les gouvernements des pays occidentaux. 

La coopération entre les nations est un élément essentiel à la stabilité en Europe de l’Est, a-t-il ajouté. 

Les principaux éléments du paquet sont les suivants : 

  • Faire passer le concours financier au titre de la balance des paiements de 25 à 100 milliards d’euros. Les fonds pourraient être levés sur les marchés financiers internationaux. Des prêts devront ensuite être accordés aux pays d’Europe centrale et orientale. 
  • 50 milliards de ce montant devraient être mis à la disposition des pays relevant des politiques de préadhésion et de voisinage. 
  • Les fonds devraient être utilisés pour élaborer des paquets de sauvetage financier et des plans de relance économique. 
  • Les fonds structurels de l’UE devraient temporairement augmenter le taux de cofinancement de 80 à 100 % pour les projets d’infrastructure afin de stimuler les investissements et d’aider les Etats membres à résoudre leurs problèmes budgétaires. 
  • La Banque centrale européenne devrait continuer à réduire les taux d’intérêts. 
  • La Banques centrale d’investissement devrait augmenter le volume du crédit accordé aux PME en Europe de l’Est pour encourager l’investissement. 
Réactions : 

Andrzej Arendarski, président de la Chambre de commerce polonaise, a indiqué que les autorités polonaises avaient commis une grave erreur en ne suivant pas la Slovaquie dans la zone euro cette année. 

Nous avons désormais un grand problème avec l’instabilité de notre monnaie, a-t-il relevé. Il est nécessaire selon lui d’agir  pour convaincre les pays tiers de déréguler davantage et d’éviter l’introduction de mesures protectionnistes. Il est en outre très important de convaincre l’ECOFIN de multiplier l’aide accordée, selon M. Arendarski.

Les intérêts de l’Europe à long terme reposent sur la réduction des barrières et l’introduction de réformes en Europe de l’Est, a poursuivi M. Arendarski. Il a en outre appelé les Etats membres d’Europe de l’Est qui n’ont pas encore instauré de plan de relance à coopérer sur un certain nombre de mesures coordonnées. 

Contexte : 

Les pays d’Europe centrale et orientale et les pays d’Europe du Sud-Est sont des partenaires commerciaux et financiers majeurs de la zone euro. L’excédent annuel de la balance des paiements avec les pays de la zone euro est estimé à 60 milliards d’euros. 

En dépit du développement économique impressionnant des dernières années, le PIB et le taux de pénétration des services financiers dans cette région sont toujours loin derrière ceux des voisins industrialisés de l’Ouest. Le taux de croissance global dans les pays d’Europe de l’Est devrait être positif cette année, mais la Hongrie et les Etats baltes devraient faire face à la récession. 

Un brusque déclin de la demande d’exportations de la région, la baisse des investissements et un accès réduit aux lignes de crédit : telles sont les raisons qui doivent conduire à une hausse importante du chômage. On craint en outre une dévaluation de la monnaie.

Le Fonds monétaire international a déjà demandé à l’UE d’injecter 150 milliards d’euros d’aide bilatérale dans les pays d’Europe centrale et orientale. 

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