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Elections européennes en Belgique : forte participation mais faible intérêt [FR]

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Publié 28 mai 2009, mis à jour 26 mai 2009

Dans le pays hôte des institutions européennes, les élections européennes se tiendront en même temps que les élections régionales, en restant dans l’ombre des questions de politique locale. Le vote est obligatoire en Belgique, et plus de 90 % de la population participe habituellement au scrutin.

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Résumé

Les institutions politiques belges sont complexes, et organisent la plupart du pouvoir politique autour du besoin de représenter les principales communautés linguistiques. Cela se reflète aussi dans l’organisation du scrutin européen.

Dans le cadre du Traité de Nice, le nombre d’eurodéputés belge sera réduit de 24 en 2004 à 22 après le vote de 2009 : 13 eurodéputés seront élus par le collège électoral flamand, 8 par le collège électoral francophone et seulement un par le collège électoral de langue allemande. 

Résultats précédents

Lors des élections de 2004, les partis suivants ont envoyé des eurodéputés à Strasbourg.

Collège électoral néerlandophone :

  • Chrétiens démocrates flamands et Nouvelle alliance flamande (CD&V/NVA) – 4 eurodéputés
  • Vlaams Belang (VB) – 3 eurodéputés
  • Libéraux et démocrates flamands (VLD) – 3 eurodéputés
  • Alternative progressiste socialiste – Spirit (SPA-Spirit) – 3 eurodéputés
  • Verts (Groen !-EFA) – un eurodéputé

Collège électoral francophone :

  • Parti socialiste (PS) – 4 eurodéputés
  • Mouvement réformateur (MR) – 3 eurodéputés
  • Centre démocrate humaniste – 1 eurodéputé
  • Ecologistes (Ecolo) – 1 eurodéputé

Collège électoral de langue allemande :

  • Parti social-chrétien (CSP-EVP) – 1 eurodéputé

Affiliations aux familles politiques européennes

  • le CD&V-NVA et le CDH sont affiliés au groupe de centre-droit PPE-DE dans l’actuel Parlement européen ;
  • le VLD et le MR sont affiliés au groupe des libéraux ADLE ;
  • le SPA-Spirit et le PS sont affiliés au groupe socialiste PSE ;
  • Ecolo et Groen !-EFA sont affiliés au Groupe des Verts/Alliance libre européenne
  • Le Vlaams Belang n’est rattaché à aucun groupe, à la suite de la disparition du Parlement européen du groupe Identité, Tradition et Souveraineté (ITS) (EurActiv 15/11/07)

Enjeux

Les parties politiques en Belgique reflètent les divisions linguistiques et régionales du pays, ce qui signifie que les partis traditionnels sont scindés en deux et présentent des candidats différents à chaque élection. 

En conséquence, les principales familles politiques européennes – PPE, PSE, ADLE et les Verts – y sont représentés par des partis tant francophones que néerlandophones. Le grand nombre de partis implique qu’aucun groupe n’a de chance d’arriver seul au pouvoir ; cela signifie que les partis doivent collaborer pour constituer des gouvernements de coalition. 

Un scrutin régional ?

L’actuelle campagne électorale européenne en Belgique a été largement éclipsée par des sondages pour les trois parlements régionaux du pays : Bruxelles, Flandre et Wallonie.  Les deux campagnes durent un mois et ne sont pas particulièrement apparentes, à l’exception de la mise en place d’affiches à certains endroits strictement définis par les autorités locales. 

Les expatriés des pays européens peuvent voter aux élections européennes belges, s’ils s’enregistrent, mais non aux élections du Parlement régional. Cela dit, même les résidents non européens peuvent voter aux élections communales s’ils s’enregistrent à cette fin. 

Les programmes politiques des partis sont faiblement connus de l’électorat, selon les analystes. Les prospectus distribués aux citoyens par courrier délivrent quelques informations, mais les partis ne veulent pas, de toute évidence, accabler l’électorat : c’est pourquoi ils se contentent de messages courts. La plupart du contenu des prospectus se concentre sur des questions de politique locale plutôt que sur la politique européenne. Peu de place est dédié, voire aucun, aux élections européennes.

Les citoyens qui veulent en savoir plus n’ont pas d’autre choix que de consulter les sites Internet des partis.

Le vote est obligatoire en Belgique, ce qui signifie que plus de 90  % de la population participe aux élections européennes.

Les électeurs belges disposent de cinq options au moment de voter : ils peuvent :

  • Voter pour une liste dans son ensemble, et ainsi approuver l’ordre établi par le parti ; 
  • Voter pour un ou plusieurs candidats appartenant à un parti, sans égard à sa place sur la liste. C’est ce qu’on appelle un « vote préférentiel » ; 
  • Voter pour un ou plusieurs des suppléants (remplaçants) ; 
  • Voter pour un ou plusieurs candidats, et un ou plusieurs suppléants, tous du même parti, ou ; 
  • Rendre un bulletin invalide, ou voter blanc, de sorte que personne ne reçoit de voix. 

Le vote en Belgique a lieu presque entièrement de manière électronique sur des ordinateurs placés dans les bureaux de vote, qui sont d’habitude situés dans les écoles. Quelques semaines avant le jour de l’élection, chaque belge de plus de 18 ans reçoit sa convocation électorale qui l’informe sur le bureau de vote où il/elle doit aller voter. Les ordinateurs sont installés dans des isoloirs privés. 

Les vieilles figures et les poids lourds 

Selon les listes des partis pour les élections européennes, au moins sept eurodéputés actuels ont une bonne chance de siéger dans le prochain Parlement européen, puisqu’ils se classent au sommet des listes : Frédérique Ries du Mouvement réformateur (MR), Frank Van Hecke et Philip Claeys du Vlaams Belang, Annemie Neyts-Uyttebroeck et Dirk Sterckx du VLD, Veronique de Keyser du PS, Bart Staes de Groen!-EFA. 

Parmi les nouvelles têtes, on compte un poids lourd de l’UE, l’ex-Premier ministre Guy Verhofstadt, qui mène la liste VLD. Comme Jean-Luc Dehaene (CD&V), un autre ancien ministre et eurodéputé actuel, se présente aussi, la presse belge a surnommé le combat de « duels de géants » (EurActiv 15/05/09). De plus, Louis Michel, l’actuel commissaire au Développement, mène la liste MR. Mais aucun des trois n’est certain de devenir eurodéputé et ils pourraient préférer poursuivre une carrière plus attirante à la place. 

La plupart des partis belges ont publié un long programme européen sur leur site Internet (voyez les liens en dessous de « Partis politiques »), qui sont sur de nombreux aspects similaires aux programmes politiques et manifestes des familles européennes. Répondre à la crise économique mondiale figure comme une priorité de leurs programmes, en parallèle avec les questions sociales, la sécurité du citoyen, le maintien sous contrôle de l’immigration, la promotion de la politique de lutte contre le changement climatique, la fourniture de soins améliorés à une population vieillissante et le défi d’assurer que l’Europe conserve son statut dans le monde. 

Plusieurs partis ont mis en avant le rôle que la Belgique devra jouer lors de la seconde moitié de 2010, quand elle prendra les rênes de la présidence tournante de l’UE pour 6 mois. La Belgique a déjà indiqué qu’elle chercherait à restaurer l’équilibre entre les institutions européennes (EurActiv 21/04/09). En effet, cela semble une priorité nationale, puisque plusieurs partis ont fait part d’ambitions similaires dans leurs programmes. 

Dans son programme, ainsi que dans les dépliants distribués dans la région bruxellois, le Vlaams Belang a mis l’accent sur la menace que représenterait l’islamisation de la capitale européenne et les intentions cachées des organisations religieuses musulmanes en Belgique. 

Controverse linguistique

Des problèmes sont survenus lors de la campagne électorale entre les partis francophones et flamands.

Officiellement, les résidents flamands peuvent voter uniquement pour les candidats flamands, tandis que les résidents wallons peuvent seulement choisir des candidats de langue française. Les habitants de la zone de Bruxelles peuvent choisir entre les deux, puisqu’il s’agit d’une région bilingue.

Mais dans les communes d’Affligem et de Hal, qui sont des banlieues de Bruxelles mais situées sur le territoire flamand, les responsables politiques ont soulevé des objections à la présence de candidats de langue française et les autorités ont refusé de leur accorder un espace d’affichage (EurActiv 05/05/09). A Affligem, les affiches en langue française qui avaient déjà été mises en place ont été recouvertes de papier blanc.

La controverse sur les districts électoraux bilingues fait rage depuis longtemps en Belgique, et certaines communes de langue flamande ont décidé de boycotter les élections du Parlement européen.

La capitale belge, Bruxelles, forme une enclave dans la région de Flandre ; elle est principalement habitée par des francophones même si elle est officiellement bilingue. Les banlieues, où se situent deux communes, sont principalement composées de personnes de langue flamande, bien que quelque 100 000 francophones y vivent.

Le parti francophone Centre démocrate humaniste (CDH) a condamné les mesures prises, les considérant comme une attaque contre les droits fondamentaux des francophones de la périphérie [de Bruxelles].

Les municipalités de Merchtem, Beersel, Kapelle-op-den-Bos, Malines, Ternat, Meise et Grimbergen ont aussi décidé de ne pas fournir d’espace d’affichage, dans l’espoir d’éliminer les affiches en langue française. A Steenokkerzeel, Ternat et Grimbergen, des stickers ont été distribuées pour être placés sur les boîtes aux lettres, déclarant que seuls les dépliants flamands sont acceptés.

L’élection a vu le parti ProBruxsel, qui revendique d’être le premier et le seul parti bilingue de Belgique, défier les obligations légales de présenter des listes exclusivement flamandes ou francophones. Ils se sont enregistrés sur les deux listes, ajoutant les lettres « F » et « N » respectivement sur les listes francophones et flamandes. Le parti cherche à promouvoir la nature cosmopolite de Bruxelles et à prévenir ce qu’il considère comme une division linguistique de la ville (EurActiv 12/05/09).

Scandales de corruption et de pédophilie

Comme c’est souvent le cas en Belgique, un certain nombre de scandales de corruption ont émergé en amont du vote. La presse bruxelloise a révélé le 10 mai que Didier Donfut, un responsable politique socialiste proche du dirigeant du Parti socialiste, Elio di Rupo, et également ministre des questions sociales au gouvernement wallon, a reçu un montant de 13 000 euros par mois pour des opérations de consultance pour les autorités locales via une organisation de façade. M. Donfut a été obligé de démissionner.

Au même moment, une autre vague a englouti Olivier Chastel, numéro deux sur la liste du MR pour les élections européennes et actuellement diplomate supérieur chargé de préparer la présidence belge de l’UE au second semestre de 2010. Dans son poste précédent au gouvernement wallon, M. Chastel a envoyé 30 000 euros de subvention par an pendant quatre ans à une ONG dirigée par son beau-frère. M. Chastel a démenti toute mauvaise conduite, mais la controverse ne s’est pas encore éteinte.

De plus, le Premier échevin de Mons, Richard Biefnot (PS), a été inculpé le 13 mai comme faisant partie d’un réseau international d’échange d’images pornographiques d’enfants. Il a été rapidement renvoyé et exclu du Parti socialiste. Néanmoins, la controverse fait toujours rage à propos du paquet d’indemnités de 140 000 euros qu’il peut réclamer dans le cadre de son contrat de travail.

Dates clés

  • 8 oct. 2006: élections communales organisées par les régions, et non par le gouvernement fédéral, pour la première fois.  
  • 10 juin 2007: la Belgique organisait les élections fédérales parlementaires, envoyant 150 députés à la Chambre des Représentants et 40 sénateurs au Sénat.  
  • 7 juin 2009: élections européennes et régionales en Belgique.

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