Hier (19 mars), en vue du sommet de l’UE, le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, s’est dit confiant d’obtenir toutes les garanties nécessaires de la part des leaders européens pour pouvoir organiser un second référendum sur le traité de Lisbonne à l’automne.
Lors du Conseil européen de décembre 2008, le gouvernement irlandais a donné son accord pour soumettre le traité de Lisbonne à un second référendum à la fin de cette année, à condition d’obtenir certaines garanties juridiques (EurActiv 12/12/08).
Dublin souhaitait obtenir des garanties sur cinq points : la demande de doter chaque pays d’un commissaire, la neutralité, la fiscalité, la question socio-éthique de l’avortement, la famille et l’éducation.
Se confiant aux journalistes après un déjeuner avec les leaders européens libéraux démocrates, M. Cowen s’est montré optimiste quant à la progression des garanties dont l’Irlande a besoin pour permettre au gouvernement de demander aux Irlandais de procéder à un second vote sur le traité.
Il a déclaré que le traité de Lisbonne se penche sur la modernisation des institutions de l’Union. Si nous voulons tenir nos engagements sur les principales questions actuelles, notamment l’emploi, l’économie et le changement climatique, c’est justement ces questions qui sont le mieux traitées au niveau européen, a-t-il ajouté.
En dépit de fortes craintes selon lesquelles l’instabilité de la situation politique et économique pourrait entraîner un second vote négatif, M. Cowen a souligné qu’il était largement admis que la crise économique nécessitait une réponse européenne coordonnée. Il estime que cette dernière créera le contexte idoine dans lequel tenir un second référendum.
Mercredi (18 mars), le commissaire irlandais au Marché intérieur, Charlie McCreevy, et le chef de la représentation de l’UE à Dublin, Martin Territt, ont déclaré lors d’une réunion des 27 commissaires européens que la crise économique difficile pourrait avoir des sérieuses conséquences sur un nouveau vote.
Un budget d’urgence pourrait être présenté en avril. Celui-ci pourrait porter un nouveau coup à la popularité du gouvernement de M. Cowen, même si de récents sondages d’opinion montrent que les citoyens se sont rangés derrière le traité.
Le Premier ministre présentera l’état actuel du débat sur le traité de Lisbonne en Irlande. Aucun accord ne devrait toutefois être conclu sur les garanties restantes lors du sommet de cette semaine. Le projet de conclusions prévoit néanmoins un accord au sommet de juin.
Ce dont nous avons besoin dans cette situation complexe est d’un calendrier clair, a déclaré hier Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen, aux leaders européens (EurActiv 20/03/09). Quoi qu’il advienne, nous souhaitons que l’élection du président de la Commission ait lieu le 15 juillet 2009, lors de la première session du Parlement européen nouvellement élu, a-t-il ajouté.
Des experts estiment que si des clarifications sont adoptées en juin, cela ne laissera pas assez de temps pour organiser un second référendum et sensibiliser l’opinion publique avant l’automne. Au cours des dernières semaines, des rumeurs ont circulé selon lesquelles le gouvernement irlandais pourrait organiser le référendum en juin, parallèlement aux élections européennes, afin de tirer profit du soutien révélé par les sondages. Mais le ministre irlandais aux Affaires européennes a écarté cette idée, déclarant que tenir le référendum le même jour que les élections européennes conférerait un avantage aux eurosceptiques lors de la campagne (EurActiv 13/02/09).
En parallèle, la Commission européenne prévoit d’investir 1,8 millions d’euros dans une campagne d’information du public afin d’augmenter la compréhension du traité de Lisbonne.
L’eurodéputé Graham Watson, leader du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) au Parlement européen, a déclaré que Brian Cowen lui avait confié que le gouvernement pensait pouvoir obtenir une majorité en faveur du traité, mais ne voulait pas brusquer les choses, car il voulait disposer de suffisamment de temps pour que le débat prenne racine.
Nous pouvons compter sur un référendum début octobre, a indiqué M. Watson. Je pense que la date qui a été avancée est le 8 ou 9 octobre, a-t-il précisé.
Bien sûr, il y a la question de savoir comment vous vous engagez à leur égard, s’il y aura ou non un commissaire irlandais, a-t-il relevé, soulignant toutefois que cette question devra être débattue au sommet de juin, et non dans le cadre du sommet actuel. Selon M. Watson, des idées pourraient circuler d’ici là. Mais il ne pense pas que cette question sera examinée, car M. Cowen n’a pas grand-chose à rendre compte.