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Pas de détails sur le plan de sauvetage de la Grèce

Publié 11 février 2010 - Mis à jour 12 février 2010
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Les dirigeants européens ont cherché à rassurer la Grèce avec un soutien oral lors du sommet de jeudi (11 février) mais ont échoué à mettre sur la table des propositions concrètes pour aider le pays à combattre sa crise de la dette, selon eux pour des "raison stratégiques".

Le président du Conseil de l'UE Herman Van Rompuy a déclaré lors d'une conférence de presse juste après le sommet que l'Europe avait envoyé à la Grèce un message de solidarité fort, une position reprise par l'Allemagne et la France.

Les Etats membres de la zone euro entreprendront des actions déterminées et coordonnées si nécessaire pour sauvegarder la stabilité de l'ensemble de la zone euro, ont affirmé les 27 chefs d'Etat dans une déclaration après leur rencontre.

L'accord pour fournir une aide financière à la Grèce est destiné à écarter crise sans précédent encore pire dans la zone euro, qui compte 16 pays, à travers des règles interdisant un renflouement.

Toutefois, les promesses rhétoriques de soutien n'ont pas été suffisantes pour satisfaire les marchés financiers, qui attendaient des détails sur la manière dont Athènes allait être aidée pour sortir de la spirale de la dette et du déficit.

Le rendement de la dette grecque a augmenté et l'euro a chuté face au dollar.

L'accord a été discuté lors de négociations entre M. Van Rompuy, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel, le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet et le premier ministre grec George Papandreou.

Le premier ministre polonais Donald Tusk avait déclaré un peu plus tôt aux journalistes que cette aide prendrait certainement la forme de prêts. Ce pourraient être des prêts volontaires des Etats membres. Cela semble être la meilleure option, a-t-il dit.

Les détails restent secrets

S'exprimant lors d'une conférence de presse conjointe avec la chancelière allemande Angela Merkel après le sommet, Nicolas Sarkozy a déclaré que l'Europe s'était engagée à faire preuve de solidarité à l'égard de la Grèce mais que les détails du plan de sauvetage ne seraient pas révélés pour des raisons stratégiques.

Nous avons affirmé notre soutien à la Grèce, a déclaré M. Sarkozy, indiquant qu'Athènes s'était engagée à faire plus pour réduire ses déficits budgétaires et que ses efforts seraient contrôlés tous les mois.

La Grèce est déterminée à faire les efforts demandés. Ceci est la réponse européenne, a-t-il dit.

En ce qui concerne les détails de l'accord, nous attendrons d'avoir évalué les développements pour les ajuster. Disons qu'il y a une stratégie – celle que nous avons convenue – et qu'il y a une tactique au regard des évènements. La stratégie est claire et c'est cette stratégie que les marchés et les parties intéressées doivent comprendre.

Faisant écho à M. Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré: le plus important résultat d'aujourd'hui c'est que la Grèce a déclaré être prête à répondre aux demandes de l'UE.

La déclaration des dirigeants explique que la Grèce a réaffirmé ses engagements de réduction de son déficit budgétaire de 4 points de pourcentage cette année et les progrès sur ce front seront régulièrement contrôlés.

La Grèce fait partie de l'Union européenne et ne sera pas laissé pour compte, mais il existe des règles et ces règles doivent être acceptées, a déclaré Mme Merkel.

Inquiétudes allemandes

Une source diplomatique française a déclaré à EurActiv que les dirigeants de l'UE négociaient encore les détails d'un plan de sauvetage potentiel, en raison des inquiétudes juridiques de Berlin, qui a peur que l'accord soit rejeté par la cour constitutionnelle de Karlsruhe.

Il n'y a pas de procédure claire dans le cadre des traités de l'UE pour renflouer un pays de la zone euro et il s'agit maintenant de se concentrer pour trouver un accord technique qui soit juridiquement incontestable, selon la source.

La plus haute cour allemande a rejeté la loi de sécurité sociale Hartz IV mardi (9 février), expliquant que les paiements sociaux et de sécurité sociale aux chômeurs de long terme étaient trop faibles. Cette décision pourrait encore creuser le déficit budgétaire allemand, qui représente 5,5 % du PIB, soit le double de la limite autorisée par l'UE.

Berlin insiste également pour que la Grèce adopte des mesures plus strictes que celles prévues dans le plan de rigueur présenté la semaine dernière, a affirmé cette source française.

Etapes difficiles

Les dirigeants européens souhaitent éviter que les problèmes de la Grèce ne s'étendent à d'autres membres de la zone euro connaissant de forts taux de dette ou un haut déficit – comme l'Espagne et le Portugal, plongeant la zone monétaire dans une crise encore plus profonde.

Mais jusqu'à ce week-end, ils ont évité de parler ouvertement de l'aide, craignant que cela n'apaise la pression sur le gouvernement d'Athènes pour adopter des mesures d'austérité nécessaires pour réduire un déficit qui a atteint 12,7 % du PIB l'an dernier – plus de quatre fois la limite autorisée.

Différentes possibilités ont été discutées, notamment celles d'un rachat par l'Allemagne d'obligations d'Etat grecques via une banque d'Etat, un soutien budgétaire direct via la distribution en avance de fonds structurels de l'UE, l'émission d'obligations zone euro ou même s'en remettre au FMI.

Le premier ministre grec George Papandreou a déclaré que les réductions du déficit seront mises en œuvre.

Nous sommes prêts à engager toutes les réformes nécessaires pour changer la manière dont le secteur public travaille en Grèce, a-t-il dit. Nous avons fait de sérieux efforts pour convaincre nos partenaires que nous parlons de business.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv).

Contexte : 

La Grèce est assise sur une montagne de dettes, qui devrait se monter à 290 milliards d'euros cette année. Le coût des échéances de remboursement de cette dette a augmenté alors que les marchés obligataires ont puni la Grèce pour son extravagance financière, augmentant les intérêts.

Au même moment, Athènes a un déficit budgétaire représentant 12,7 % de son PIB, soit plus de quatre fois la limite européenne. D'autres part, la confiance est encore plus mise à mal par le fait que l'UE considère les statistiques grecques comme non fiables.

Le déficit très important de la Grèce a augmenté les craintes d'un possible défaut de paiement, a frappé la zone euro et a déclenché des spéculations sur un plan de renflouage (EurActiv 04/02/10).

La semaine dernière, la Commission européenne a accepté un plan grec pour réduire son déficit budgétaire en dessous du plafond européen de 3 % d'ici fin 2012, mais elle a insisté pour que des mesures de surveillance soient prises pour que le plan soit efficacement appliqué (EurActiv 03/02/10).

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