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Aggravation de la crise à l’Est, la Roumanie demande un prêt au FMI [FR]

Publié 05 mars 2009
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La Roumanie est en négociation avec la Commission européenne et le Fonds monétaire international sur un éventuel prêt, a révélé hier (4 mars) EurActiv Roumanie.

Nous déciderons du montant quand nous aurons pris connaissance de l’ensemble des conditions, a déclaré Gheorghe Pogea, ministre roumain des Finances, à propos d’un éventuel prêt du FMI. Si nous ne sommes pas satisfaits, il se peut que nous ne le contracterons pas, a-t-il ajouté.  

Les autorités de Bucarest ont officiellement annoncé hier leur décision d’ouvrir des négociations avec le FMI. Le 2 mars, des sources avaient déjà confirmé qu’une délégation roumaine avait fait le voyage jusqu’à Washington à cette fin.

Comme l’ont indiqué récemment des observateurs (EurActiv 20/02/09), la monnaie nationale roumaine, le leu, a perdu près de 20 % de sa valeur l’année dernière. La monnaie, qui s’échangeait à 3,5-3,7 lei pour 1 euro de 2005 à 2008, a chuté en décembre 2008, passant à 3,9 lei pour 1 euro. En janvier 2009, le leu a subi une dépréciation record : 4,3 lei pour 1 euro. 

Le taux chômage devrait atteindre 5  % cette année, selon le gouvernement. Des milliers de licenciements sont en effet attendus dans le secteur de l’automobile ainsi que dans d’autres industries.

Mugur Isărescu, représentant roumain de haut niveau du secteur bancaire, a déclaré mercredi qu’il envisageait de contracter un emprunt auprès du FMI, sans préciser toutefois de montant. Selon Ariel Emirian, vice-économiste en chef de la Société Générale en Roumanie, le pays aurait besoin de 4 à 6 milliards d’euros dans le cas d’un ajustement et d’une aide financière extérieure, et la plus grande partie de ce montant devrait être investie dans la stabilisation du secteur bancaire.

M. Emirian a déclaré de manière catégorique que la Roumanie n’est pas touchée de plein fouet pas la crise économique et a rejeté toute comparaison avec la situation en Hongrie. 

Le remède du FMI pourrait envenimer les relations au sein de la coalition

A Bucarest, la presse est sceptique quant à la stabilité politique du gouvernement nouvellement formé (EurActiv 15/12/08). Le PDL (démocrates libéraux), proche du président Traian Băsescu, ont les socio-démocrates du PSD comme partenaires dans la coalition. Or les deux partis sont des ennemis de longue date, et le PSD serait, selon les analystes, enclin à s’opposer aux diminutions des dépenses de l’Etat.

Timothy Ash, analyste en chef  pour l’Europe centrale et orientale auprès de la Royal Bank of Scotland, aurait déclaré qu’étant donnée la faiblesse des relations industrielles de la Roumanie, le gouvernement peinera peut-être à imposer concrètement des coupes budgétaires, ce qui laisse entrevoir des relations quelque peu tendues avec le FMI. 

La crise en Europe de l’Est est gérable

Parallèlement, Erik Berglof, économiste en chef à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) aurait indiqué, selon Bloomberg, que la crise financière en Europe de l’Est est gérable tant que les banques occidentales continuent de prêter de l’argent à leurs filiales de la région. 

La solution réside dans le soutien continu des banques d’Europe de l’Ouest à leurs filiales de l’Est, a indiqué M. Berglof dans un entretien qu’il a accordé hier à Londres. Tant que de l’argent circule, une grande partie du problème est réglé, selon l’analyste. La situation est gérable, mais nous devons nous assurer qu’elle est effectivement gérée, a-t-il ajouté. 

Bloomberg a également cité des analystes de JPMorgan, qui ont déclaré que conséquemment aux pertes de prêts en Europe centrale et orientale, les banques de l’Ouest pourraient avoir besoin de lever jusqu’à 40 milliards d’euros de capital supplémentaires avant 2010. 

Contexte : 

Selon de nombreux analystes, un accord avec le FMI est inévitable pour la Roumanie, étant donné que son compte de capital et ses déficits budgétaires sont similaires à ceux des nouveaux pays bénéficiaires de crédit du FMI – la Lettonie, l’Ukraine et la Hongrie. 

En novembre dernier, le FMI et la Banque mondiale se sont accordés sur un paquet d’aide de 25,1 milliards de dollars pour la Hongrie. Il s’agit du plus important prêt accordé à une économie de marché émergente depuis le début de la crise. 

En Lettonie, les problèmes économiques du pays ne cessent de s’aggraver depuis la dissolution de la coalition gouvernementale qui était formée de quatre partis et la démission du Premier ministre. En 2008, le FMI a accordé un prêt de 7,5 milliards d’euros pour venir en aide au pays. Ce paquet incluait des fonds de l’UE, des pays nordiques, de la République tchèque, de la Pologne, de l’Estonie et de la Banque mondiale. 

La part du FMI s’élevait à 1,68 milliard d’euro. Joaquín Almunia, commissaire européen aux Affaires étrangères, a récemment exprimé des préoccupations face à la soudaine chute des monnaies dans certains pays des Etats membres d’Europe de l’Est. 

Le commissaire a fait part de ses inquiétudes quant à la volatilité des taux de change en Pologne, Hongrie, Roumanie et République tchèque. La Slovaquie, en revanche, a déjà adhéré à l’euro. Quant à la monnaie bulgare, étant indexée à l’euro à un taux fixe, elle n’a pas encore souffert de la crise.

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