La BCE a récemment procédé à une diminution record de ses taux d’intérêt, les diminuant de 50 points de base, et ramenant leurs taux de référence à 1,5 %, soit le plus bas jamais atteint au cours de ses dix années d’existence.
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a déclaré qu’il ne pouvait exclure d’autres diminutions, mais a refusé de préciser quand et dans quelle mesure.
Dans le même temps, dans ce qui apparaît comme un mouvement coordonnée, la Bank of England a diminué ses taux d’intérêts de 0,5 %, les faisant passer à 1 %. La BoE a également annoncé qu’elle allait entreprendre un programme de rachat d’actifs de 75 millions de livres, financé par l’émission de réserves de la banque centrale.
L’activité mondiale continue de faiblir, reflétant tant la morosité de la confiance que la persistance de problèmes sur les marchés de crédit internationaux, a indiqué la BoE dans une déclaration.
M. Trichet a déclaré que la décision de la BCE d’abaisser les taux avait été prise de manière consensuelle, laissant entendre que le Directoire de la BCE était divisé quant à la question de savoir jusqu’où diminuer les taux. Il a également donné quelques nouvelles informations à propos de la question de savoir si la banque pensait mettre en œuvre des mesures complémentaires de stimulation de l’économie, telles que des achats d’obligations, à l’instar des autres banques centrales.
Quant à savoir si les taux d’intérêts étaient actuellement à leur niveau le plus bas, M. Trichet a indiqué que la BCE ne décidait pas ex ante du niveau le plus bas qu’ils pouvaient atteindre. Les autres décisions dépendront des faits, des chiffres, et il n’exclut pas, a-t-il poursuivi, que la politique des taux de change puisse changer et descendre encore plus bas.
Le responsable de la politique de la BCE, et dirigeant de la Bundesbank, Axel Weber, a également évoqué la diminution des taux, déclarant à la télévision allemande que la BCE conservait toujours une marge de manœuvre, en dépit de cette dernière diminution.
Alors que M. Trichet évoquait le fait qu’il y aurait probablement de nouvelles baisses, les taux d’intérêts des rendements obligataires à hauts risques sur deux ans se sont écroulés, tandis que l’euro perdait encore de la valeur face au dollar, tombant en dessous des 1,25 dollars.
Les économistes ont renforcé leurs positions selon lesquelles les taux seront bientôt à 1 %. Un sondage de Reuters réalisé à la suite de la décision a montré que 58 économistes sur 66 s’attendaient à d’autres baisses avant le milieu de l’année, la plupart d’entre eux pariant sur une diminution de 50 points de base en avril.
De terribles prévisions
La grande surprise, pour les économistes, a été la terrible révision à la baisse beaucoup plus importante que prévue des prévisions économiques de la BCE, concernant tant la croissance que l’inflation.
M. Trichet a souligné que l’on s’attendait maintenant à ce que l’inflation mette en danger l’objectif de stabilité des prix de la BCE, qui est de rester en dessous mais proche de 2 %, tant pour cette année que pour la suivante.
Les taux d’inflation ont sensiblement diminué et devraient maintenant rester bien en dessous des deux pourcent en 2009 et 2010, a indiqué M. Trichet lors d’une conférence de presse. Il a ajouté que ces nouveaux chiffres reflétaient le ralentissement sévère de l’activité économique.
L’équipe de la BCE a prévu que la récession touchant l’économie de l’eurozone pourrait descendre jusqu’à 3,2 % cette année, soit plus de trois fois le chiffre prévu dans le pire scénario. En cela, elle est plus pessimiste que la plupart des économistes.
La Banque a énormément révisé ses prévisions en matière de PIB et d’inflation. Il semble clair que la BCE abaissera le taux de refinancement à 1 %, a indiqué l’économiste en chef de la Commerzbank, Joerg Kraemer.
La BCE a également révélé que les banques centrales de l’eurozone subissaient un choc potentiel de 10 milliards d’euros après qu’elles se soient retrouvées avec des actifs difficilement cessibles, à la suite du défaut de paiement des crédits par Lehman Brothers et d’autres banques.
La récession devrait s’aggraver en 2009
Les nouvelles estimations de l’équipe de la BCE voient le PIB se contracter cette année, diminuant de 2,2 points et passant à 3,2 %, comparé aux estimations précédentes de -1.0 point à 0,0 %, donnant un taux médian de 2,7 %.
L’économie du bloc pourrait croître de nouveau en 2010, peut-on voir dans les prévisions de l’équipe, qui vont d’une croissance du PIB de 0,7 % à 0,7 % l’année prochaine, avec un taux médian de zéro. Ceci est sensiblement plus bas que les 0,5-1,5 pourcent de croissance, prévus en décembre.
L’actuelle baisse de l’inflation reflète le ralentissement sévère de l’activité économique, a indiqué M. Trichet. L’inflation dans le bloc était de 1,2 % en février, bien en dessous de l’objectif de la BCE d’en dessous mais proche de 2 %.
De récentes données économiques ont ajouté de nouvelles preuves que notre évaluation, selon laquelle la demande mondiale et celle de la zone euro vont probablement faiblir en 2009. Courant 2010, les observateurs s’attendent à ce qu’elle reprenne doucement.
Des données officielles ont confirmé jeudi que l’économie de la zone euro a enregistré son pire trimestre à la fin de 2008. D’autres études ont également montré que la confiance a atteint son taux le plus bas, tandis que dans l’UE, plus de 250 millions ont été détruits en janvier.
(EurActiv avec Reuters. Ce texte a été traduit de l’anglais par EurActiv)



