Le Conseil d’administration de la BCE a accepté à l’unanimité la quatrième réduction consécutive des taux depuis le mois d’octobre, lorsque que le principal taux d’intérêt de l’eurozone s’élevait à 3,75 %. S’exprimant lors d’une réunion du conseil d’administration à Francfort, M. Trichet a souligné le fait que le chiffre de 2 % est historiquement le taux le plus bas.
A la suite de l’annonce, l’euro a perdu de la valeur face au dollar américain, le yen japonais et la livre sterling, reportant la perspective de parité avec la monnaie britannique.
Toutefois, l’euro devrait tirer profit de la stabilité accrue au cours des deux prochains mois, M. Trichet ayant clairement indiqué que le prochain conseil d’administration décisif de la BCE devrait avoir lieu le 5 mars. La Bank of England, quant à elle, n’a pas exclu une nouvelle réduction de ses propres taux qui ont déjà été baissé au un niveau le plus bas jamais enregistré de 1,5 %, dévalorisant la livre face à l’euro (EurActiv 14/01/09).
La décision d’aujourd’hui prend en compte le fait que les pressions inflationnistes diminuent encore, particulièrement en raison de l’affaiblissement de la perspective économique, a souligné M. Trichet. Eurostat a récemment estimé que l’inflation dans l’eurozone s’élevait à 1,6 %, soit en deçà de l’objectif officiel de la BCE qui est de moins de 2 % mais proche de 2 % (EurActiv 07/01/09).
Balayant les craintes déflationnistes, M. Trichet a néanmoins reconnu que l’inflation devrait baisser encore dans les prochains mois atteignant probablement des niveaux très bas au milieu de l’année, a-t-il indiqué. Mais selon la banque, les prix augmenteront dans le deuxième moitié de 2009.
La BCE s’attend à ce que la demande de la zone euro ralentisse pour une période prolongée et prédit que la croissance sera moindre que celle projetée. Le 19 janvier, la Commission européenne publiera ses prévisions économiques intérimaires. En novembre, elle prévoyait une croissance de 0,1 % pour les 16 Etats membres de la zone euro en 2009, une récession pour le Royaume-Uni et l’Ukraine et une stagnation économique pour l’Allemagne, la France et l’Italie.
Face à la crise économique, M. Trichet a appelé les Etats membres de l’eurozone à montrer de la prudence, en particulier à l’égard de l’adoption d’importantes mesures fiscales de relance, soulignant que les mesures décidées jusqu’à présent ont ajouté un poids considérable aux finances publiques d’un grand nombre de pays de la zone euro.
Lors de sa conférence de presse, le président de la BCE a réitéré sa position en faveur d’une supervision plus centralisée des banques opérant à l’intérieur des frontières de l’UE, déclarant que la BCE pourrait très bien endosser ce rôle. Nous ne parlons pas en termes abstraits, a-t-il ajouté, notant qu’il y a un article du traité appelant à confier plus de responsabilité à la BCE en matière de supervision bancaire (EurActiv 15/01/09).
M. Trichet se réfère à l’article 105 §6 du traité de Nice, qui dispose que le « Conseil […] peut confier à la BCE des missions spécifiques ayant trait aux politiques en matière de contrôle prudentiel des établissements de crédit et autres établissements financiers, à l'exception des entreprises d'assurances. »



