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Mettre une annonceHier, la Banque centrale européenne et la Bank of England ont annoncé d’importantes réductions des taux d’intérêts dans une tentative coordonnée de lutter contre la récession qui ne cesse de s’aggraver. C’est la Banque centrale suédoise qui, de manière inattendue, avait ouvert la voie.
Au cours d’une rencontre qui s’est tenue jeudi 4 décembre à Bruxelles, le conseil de la Banque centrale européenne a abaissé de 0,75 point son principal taux directeur, à 2,50%. Cette réduction est la plus importante jamais effectuée, alors que les observateurs prédisent que la récession frappera encore l’année prochaine.
L’analyse économique du conseil de la Banque centrale européenne montre une contraction du produit intérieur brut (PBI) entre 1 et 0 % pour 2009. « La demande mondiale et de la zone euro sera sans doute entravée pendant une période de temps prolongée », a indiqué le président du conseil de la BCE, Jean-Claude Trichet.
L’inflation dans l’eurozone a sensiblement chuté de 3,2 % en octobre à 2,1 % en novembre, selon les estimations d’Eurostat, alimentant les craintes déflationnistes en Europe (EurActiv 28/11/08).
La Banque d'Angleterre (BoE) a procédé de manière coordonnée à une baisse de son taux directeur d'un point, à 2%, le plus bas depuis 50 ans. Au Royaume-Uni, les enquêtes de conjoncture sont encore plus affaiblies et laissent entendre que la crise a pris de la vitesse, a indiqué la banque dans une déclaration.
La livre sterling a chuté brusquement jeudi en prévision de la décision de la BoE, tombant à son plus bas face à l’euro, à moins de 1,15 euro pour une livre à midi.
Seulement quelques heures auparavant, la Banque centrale suédoise a soutenu les marchés européens en annonçant de manière inattendue une réduction des taux. La réduction, de 1,75 points de son taux directeur, à 2 % était plus importante que ce qu’avaient prévu les analystes.
Commentant la décision du conseil de la BCE au cours de l’après-midi, M. Trichet a prévenu qu’en raison de la période de faible activité économique en cours et de la forte incertitude quant aux perspectives économiques, une mesure à court terme et une flexibilité par rapport aux déficits budgétaires étaient nécessaires.
Mais il s’est montré prudent en indiquant qu’il est crucial de maintenir de la discipline et une perspective à moyen terme qui prend entièrement en compte les conséquences des mesures à court terme sur la durabilité fiscale.
Hier, le président français Nicolas Sarkozy a révélé un plan de relance économique de 26 milliards d’euros pour stimuler l’économie par le biais d’un « effort d’investissement massif » dans des secteurs tels que les projets d’infrastructure énergétique. Avec cette mesure, le déficit public français pourrait frôler les 4 %, profitant de la flexibilité offerte par le Pacte de stabilité et de croissance de l’UE.
Là où il y a une marge de manœuvre, des mesures budgétaires additionnelles pourraient être efficaces si elles sont opportunes, ciblées et temporaires. C’est ce qu’a indiqué M. Trichet, faisant écho aux déclarations antérieures faites par la Commission européenne.